‹ Villes et villages françaisChapitre 2 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comment les régions victimes de la barbarie la plus effroyable renaîtront- elles à la vie ? Comment reconstruira-t-on les cités détruites ? Leur martyre mérite la réparation la plus éclatante. D'un grand mal il doit sortir un grand bien. Si nos vœux sont exaucés, les villes et les villages incendiés, ravagés, ruinés revêtiront une splendeur inconnue. Aucune des tares dont ils souffraient ne peut reparaître. Quartiers malsains, logements insalubres, ruelles tortueuses, voies incommodes et mal liées entre elles qui paralysaient V industrie et le commerce, tout ce désordre nuisible à V activité et choquant pour le regard cédera la place à des ensembles salubres, ordonnés, harmonieux.

Mais, si nos vœux appellent pour les régions envahies une véritable métamorphose, en limiterons-nous, à ces seules régions, le bénéfice ? Le territoire que la guerre a épargné n'offre-t-il que des cités parfaites ? Partout nous découvrons de graves sujets de critique : partout la vie est contrainte, la santé, la production et V échange des richesses sont contrariés ou compromis. Nous le

tolérions naguère. Pourrons-nous nous en accommoder désormais ? Nous espérons pour notre pays, après la tourmente, une activité décuplée : nous désirons plus d'énergie, nous avons appris la valeur de V organisation. Comment cet essor se déploierait-il dans des cadres qui n'auraient pas été améliorés ?

Ainsi se pose à nos yeux, pour les régions envahies et pour le pays tout entier, le problème de la rénovation des cités.

Souligner le malaise de la cité présente, expliquer selon quelles méthodes il convient de la régénérer, tel est V objet de ce petit livre. Ce n'est pas un traité technique écrit à Vusage de quelques spécialistes, c'est un exposé très simple destiné à tous ceux qui, à travers les angoisses de l'heure présente, entrevoient la victoire prochaine et se préoccupent de V après-guerre.

Le problème que f examine aura sa répercussion sur la vie totale de la France. Il touche, au plus haut point, ceux qui participent à la vie publique, membres des municipalités, des assemblées communales et départementales, administrateurs de tout ordre ; il n'est pas d'industriel, de commerçant, de chef d'exploitation rurale dont les intérêts n'y soient engagés.

Pour que s'accomplisse Vœuvre nécessaire, il ne suffira pas de V initiative et de V énergie de techniciens', il faudra que l'opinion du pays collabore et que les intéressés, c'est-à-dire la nation tout entière, en aient la volonté et en prennent la direction.

Il convient donc que l'opinion soit avertie, que ceux qui n'ont pas eu le loisir de faire les études techniques,

APRÈS LA GUERRE

se rendent compte de la nature, de V importance des questions, et soient rapidement préparés à prendre une part active et utile à V œuvre nationale qui s'impose.

C'est à cette initiation que, dans la limite de mes forces, je vais travailler dans ces pages. L'économie de mon livre est très simple. Dans une première partie, j'essayerai de montrer pourquoi il faut organiser les cités ; dans une seconde partie, j'analyserai les éléments dont la cité se constitue, et dans une troisième et dernière partie, j'envisagerai, enfin, les problèmes spéciaux détermines par la guerre.

après la Guerre

Page 1