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CHAPITRE IV

Le respect de la nature et du passé et le culte de la vie. (,)

Organiser une ville est une tâche magnifique et difficile. Les éléments du problème sont extrêmement complexes puisque l'activité humaine, sous tous ses aspects, y est intéressée ; de plus, plusieurs données sont incertaines puisqu'il s'agit de travailler pour l'avenir. Gréer l'instrument souple qui se prêtera aux événements, permettra de tirer le meilleur parti des circonstances favorables et de lutter contre les causes

(1) Les livres déjà cités et Charles Brun, Le régionalisme. — ■ Léandre Vaillat, La maison des pays de France, 1917. — Paul Léon, L'architecture rurale dans la France envahie (Petit Messager, n08 45 sqq). — Catalogue de l'exposition de l'architecture régionale dans les provinces envahies, janvier-février 1917. — Camille Julian, La Gaule, t. I, 1908. — Vidal-Lablache, Tableau de la géographie de France, 1905 (t. I de l'Histoire de France sous la direction de Lavisse). — De Foville, L'habitation en France, 1894. — Notice sur les régions (Nord, Est, Champagne et Ile-de-France) (Commission d'études pour les reconstructions rurales dans les régions dévastées par la guerre, 1916).

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de ruine serait, déjà, un problème des plus ardus si nulle autre considération ne se mêlait à celle de Futilité.

Mais, nous le savons, il ne s'agit pas ici de faire une œuvre abstraite, de tracer dans un lieu indéterminé une cité idéale. L'objet est de régénérer des cités qui existent, qui tiennent toutes au sol, qui, d'autre part, presque toutes, sont vieilles et gardent l'empreinte de leur existence ancienne. Nature, passé et vie concourent à façonner l'âme des cités. De ces trois éléments il ne saurait être question d'en sacrifier un seul. Gomment l'urbaniste parviendra-t-il à concilier, avec le culte impérieux de la vie, le respect de la nature et celui du passé ?

En face de la nature, on ne peut concevoir ni respect passif ni violation totale. L'homme n'accepte pas telles quelles les conditions qui lux sont offertes par les éléments : il travaille à en recueillir le maximum d'avantages et à en subir le minimum d'inconvénients. Gomme il ne peut rien sur le ciel, il essaye de s'en accommoder, construit, éclaire, aère, oriente sa maison et ses villes selon les exigences climatériques. Toute son industrie, ici, consiste en une intelligente adaptation.

Il peut agir, au contraire, sur le sol et, depuis l'aurore des civilisations, il a entrepris une lutte sans laquelle la plupart des cités n'auraient pu se développer. Il creuse des puits profonds, amène de loin l'eau potable là où elle fait défaut, dessèche les terrains marécageux sur lesquels il ne pouvait bâtir ou dont les

exhalaisons l'empoisonnaient; il fixe des terres inconsistantes, endigue ou détourne des torrents redoutables. Cet effort, poursuivi avec des moyens de plus en plus puissants, a produit des résultats merveilleux. L'exemple de Venise, celui des villes hollandaises frappent tout d'abord, mais si l'on étudiait une à une nos cités on y trouverait partout des objets d'admiration. L'île Saint-Louis, à Paris, a été créée au xvne siècle ; tout un quartier de Lyon a surgi au xvme siècle, sous la direction de l'ingénieur Perrache. A l'heure actuelle, nous disposons de ressources pour effectuer des améliorations audacieuses devant lesquelles on a dû, jadis, reculer. Des villes peuvent être libérées de fléaux qui les inquiètent sans cesse et les paralysent.

Certains paysages pourront en être modifiés, mai8 est-il un point habité par l'homme qui ait gardé son aspect primitif ? Pour des beautés disparues, d'autres ont été créées. Il y a là, au reste, un fait inéluctable. Mais ce qu'il faut réprouver et proscrire c'est le bouleversement sans objet, la destruction inutile. Ne posons pas en règle que tout élément naturel est intangible ; demandons et exigeons qu'il ne soit touché à aucune beauté naturelle sans que cette atteinte ait été reconnue comme absolument nécessaire. Il est extrêmement rare qu'un problème urbain n'offre qu'une solution unique : avec de la bonne volonté, on finit, le plus souvent, par trouver la solution qui concilie toutes choses ou qui réduit les pertes au minimum. Si les décisions ne sont prises qu'après un examen approfondi, il y a chance pour que nous n'ayons rien à

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regretter. Le danger vient des entreprises hâtives, des mesures dont on n'a pas examiné toutes les conséquences, et surtout des travaux inutiles ou injustifiés.

Le xixe siècle a eu la manie du nivellement. Il est certain que l'écoulement normal des eaux interdit des pentes excessives et que la circulation rapide a plus d'exigences encore ; mais il n'est pas indispensable que toutes les voies d'une cité soient organisées pour la circulation rapide et il est possible de concilier les besoins de la voirie avec les formes d'un terrain accidenté : cela réclame seulement que les voies ne soient pas tracées au hasard. Il y faut du soin et de l'ingéniosité. Le grand inconvénient des villes bâties dans une plaine toute unie est leur monotonie excessive. Nulle part le regard ne plonge ou ne s'élève, nulle part il n'y a vaste perspective ou ensemble. Aussi les centres légèrement ondulés doivent-ils s'étudier à préserver ces ondulations, sources de variété, au lieu de les détruire et la ville perchée sur un sol contrasté doit hésiter avant de réduire les contrastes qui lui confèrent une physionomie originale.

Ce respect de l'originalité urbaine guide la campagne qui, depuis quelques années, est menée au nom du régionalisme. Au cours du xixe siècle, il s'est produit, à travers tout le territoire, une tendance générale à l'uniformisation de nos cités. La centralisation admi nistrative, intellectuelle, artistique, l'intensité inouïe de la circulation ont amené, du nord au midi et de l'est à l'ouest, la répétition fastidieuse des mêmes pro-

cédés et des mêmes types de construction. La multiplication des édifices publics ou à usage commun : écoles, gares, indéfiniment inspirés par des modèles uniques, a aggravé le mal. Les régionalistes protestent. Ce mouvement, disent-ils, compromet la beauté de nos villes et de nos villages ; il est de nature à diminuer l'attachement que doit inspirer le sol natal; il s'oppose au développement de l'activité provinciale. Leur thèse vaut tout au moins la peine d'être examinée. Il convient d'écarter, d'abord, un certain nombre d'erreurs qui ne sont que des déviations ou des applications superficielles du régionalisme. L'originalité de certaines villes ou de certaines régions est faite, en partie, de la prédominance d'édifices appartenant à une époque où y régnait une particulière prospérité. Rouen est surtout marquée par le xve siècle et Nancy par le xvme. Dijon, Toulouse ont de nombreux hôtels de la Renaissance. Si l'on en conclut que l'on doit, en chaque endroit, copier les monuments caractéristiques et les répéter en toute occasion, on propagera une doctrine funeste qui réduira l'architecture à des pastiches stériles et nous imposera des habitations étrangères à nos besoins et à nos usages.

Les originalités provinciales dérivent, aussi, de l'emploi des matériaux offerts, sur place, par la forêt et par les carrières voisines, matériaux que les gens du pays étaient habitués à manier et dont ils se servaient selon un esprit traditionnel. On ne voit pas pourquoi l'on renoncerait, lorsqu'ils ne sont pas défectueux, à des éléments que l'on a à sa portée, avec

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lesquels les ouvriers sont familiarisés et dont ils sont capables de faire un emploi judicieux. Remarquons-le toutefois : certaines régions réduites à leurs seules ressources étaient fort déshéritées : les maisons de bois et de pisé de la Marne ne préservent ni de la chaleur, ni du froid : interdira-t-on aux champenois, s'ils le peuvent, de leur substituer pierre et brique ? Certains matériaux fort pittoresques, comme le chaume, sont aujourd'hui interdits, parce qu'ils offrent un danger perpétuel d'incendie. Il faudra bien les remplacer. Les conditions de transport actuelles permettent la circulation des matériaux très loin de leur lieu d'origine ; est-il possible, est-il souhaitable de renoncer aux facilités qui sont ainsi offertes ? Croit-on qu'à aucune époque, les constructeurs se soient imposé de semblables contraintes. Par ailleurs, nous disposons, aujourd'hui, de matériaux artificiels : le fer, le ciment armé. Avec eux, il est permis de résoudre des problèmes insolubles auparavant : ils ont surgi, semble-t-il, tout exprès pour répondre à nos besoins modernes. Seront-ils proscrits sous prétexte de couleur locale ? Si le régionalisme n'avait pas d'autres objectifs, reconnaissons qu'il faudrait le combattre sans merci.

Mais ce ne sont là que des déviations. Le régionalisme véritable se fonde en raison. Il constate que les conditions du sol, du sous-sol, du ciel, créent en chaque point un milieu spécifique qui ne saurait se confondre absolument avec aucun autre. Dès lors, il devient illogique et absurde d'implanter, de toutes pièces,

dans un pays, un édifice qui a été conçu pour un milieu différent. Nous sentons tous le ridicule du chalet suisse transplanté sur une plage normande. Il n'est pas plus raisonnable de copier sur un type parisien la maison qu'on élève dans un bourg de Provence ou de Bretagne. L'Etat, les grandes administrations publiques, les grandes compagnies envoient, de Paris, les plans des hôtels des postes, des écoles, des gares, c'est-à-dire des édifices qui jettent une note dominante dans une cité ou bien ils s'adressent à des architectes qui ignorent tout de la région pour laquelle on requiert leurs talents. Les municipalités ne sont pas mieux avisées. Le mauvais exemple n'est que trop suivi par les particuliers. L'ostentation des rentiers, des parvenus qui, à la campagne, singent la maison citadine, a gâté un très grand nombre de nos villages envahis par des immeubles de « type urbain dégénéré ».

Ces abus ne sont certes pas des conséquences inéluctables de notre stade de civilisation. Ils dérivent d'erreurs, de préjugés, de négligences, de paresse aussi, car il est plus facile et plus rapide de s'appuyer, sans contrôle, sur un modèle donné que de tenter une œuvre personnelle et valable.

En réalité, le bon sens commande de travailler sur place en respectant la nature de chaque pays. Gela n'exige pas l'utilisation exclusive des matériaux locaux, mais cela engage à leur vouer une prédilection, toutes les fois qu'ils se prêtent à réaliser les programmes. La brique doit continuer à jouer dans le Nord, la pierre de taille dans l'Ile-de-France, le granit et le grès

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dans les Vosges. En évitant tout plagiat, toute reproduction servile, on tiendra compte de l'expérience du passé. Les maîtres maçons avaient à lutter contre des phénomènes atmosphériques qui subsistent encore aujourd'hui. Ils ont orienté les rues, tracé les places ; ils ont incliné les toits, percé les baies au mieux des conditions locales : on s'inspirera, utilement, de leur exemple, sans s'interdire, d'ailleurs, d'user de procédés tous différents toutes les fois que les ressources modernes y pourront conduire. On essayera de créer des édifices adaptés à la vie de notre temps et l'on agira, ainsi, comme on a procédé aux meilleures époques. Les meilleurs artistes anciens guidés par leur instinct ont souvent su créer entre leurs œuvres et le milieu naturel une harmonie d'où naît un très grand charme. On essayera d'observer un accord semblable et, puisque les œuvres nouvelles sont destinées à prendre place parmi les anciennes, on évitera de les juxtaposer d'une façon brutale. Avec une déférence libre, on se conformera à leur allure et l'on reprendra quelques thèmes traditionnels en les renouvelant par une interprétation moderne. On agira, en somme, comme l'auraient fait les maîtres du passé s'ils avaient vécu parmi nous, armés ainsi que nous le sommes et travaillant pour nos contemporains. L'originalité neV naîtra pas d'une volonté artificielle; elle jaillira spôn-J tanément à l'image de la nature pieusement consultée.

L'accord entre la nature et la vie réclame de l'intelligence et du soin. La conciliation entre la vie et le

passé suscite des problèmes délicats et peut déterminer de graves conflits. L'obéissance à la nature est commandée par la raison ; la vénération du passé est dictée par le sentiment. Nous avons brièvement analysé les instincts qui y concourent et nous avons dit leur caractère respectable. Ce sentiment a pris, au xixe siècle, des développements inattendus. Auparavant, on se préoccupait beaucoup moins des reliques du temps. A aucune des grandes époques on n'a hésité à abattre un monument ancien quand on voulait entreprendre un travail utile : l'histoire des villes est celle d'une suite de destructions dans lesquelles les édifices religieux même n'étaient pas épargnés. Nous avons, dans la période contemporaine, appris la valeur des témoignages où s'inscrivent les actes, les aspirations, l'idéal des générations ; nul n'admettrait aujourd'hui les actes qui, il y a un siècle, ne suscitaient aucune protestation. L'indignation qu'a soulevé le vandalisme allemand a encore affermi et éclairé notre conscience civique. Ce progrès toutefois s'est accompagné de plus d'une déviation. Pour certains esprits, le respect dû au passé a dégénéré en superstition : dans l'héritage des siècles ils se sont refusés à rien distinguer ; tout ce que le temps avait épargné est devenu, également, inviolable.

Une telle aberration peut devenir infiniment dangereuse. Le culte du passé se justifie parce que nous trouvons, dans les exemples accumulés au cours des âges, des soutiens qui guident et exaltent notre activité : le passé sollicite et magnifie la vie. Mais, si ce

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qui devrait être un réconfort devient une obsession, si nous sommes entraînés à oublier la vie pour nous hypnotiser dans le souvenir des morts, si nos soins en arrivent à vicier la vie ou à la contrarier, alors il y a abus intolérable contre lequel il faut réagir (1).

Du passé peuvent naître deux contraintes : l'une contre la santé, l'autre contre l'activité. Si les maisons, les édifices de tout ordre, les rues dangereuses à l'un ou l'autre de ces points de vue n'ont d'autre mérite que leur âge, on les détruira sans regret. S'agit-il, au contraire, de monuments ou d'ensembles intéressants, il sera nécessaire de délibérer.

L'hygiène n'obligera, sans doute, jamais, à la destruction d'un palais, d'une église, d'une maison curieuse. Tout au plus réclamera-t-elle des aménagements spéciaux. Mais il est des ensembles pittoresques formés d'éléments dont aucun, pris à part, n'impose l'admiration et qui valent par leur réunion. Dussé-je m'attirer la colère des archéologues et des touristes, je le dirai très nettement : s'ils sont insalubres et qu'on ne peut les aménager, il faut absolument les détruire. Parfois, l'aménagement sera possible : en faisant disparaître les constructions parasites, en modifiant les dispositions intérieures des maisons, parfois en rétablissant les dispositions primitives abusivement alté-

(1) « Nous ne voudrions pas plus d'un fauteuil incommode | sous prétexte d'archéologie que d'une ville sans confort sous ' prétexte de beauté pittoresque et tout notre effort a tendu à concilier les exigences du beau et le respect de l'ancien avec les nécessités de la vie moderne. » Buis, Esthétique des villes, 2e éd., p. 20. /

rées par des cloisonnements, en démolissant quelques taudis, quelques maisons lépreuses et en leur substituant des immeubles dont la silhouette s'harmonise avec les parties préservées, on parviendra à sauvegarder, exceptionnellement et non sans grand frais, un groupe vénérable. Mais ailleurs la rue trop étroite, les bois et les pierres contaminés à fond, les ruisseaux curieux et infects n'admettront qu'un traitement radical. S'il arrivait, ce qui me paraît improbable, qu'un ensemble condamné par l'hygiène eût une valeur historique, artistique, qu'on voulût à toute force le sauver, alors il faudrait l'évacuer et le garder, si j'ose m'exprimer ainsi, à l'état mort. Aucune considération ne rend tolérable le maintien d'une seule famille dans une demeure contaminée.

Pas davantage, on ne peut admettre que l'activité soit paralysée par des monuments anciens. Reconnaissons-le, d'ailleurs : ce danger, souvent allégué, est, en réalité, exceptionnel ; s'il se produit des conflits apparents, rarement ils sont irréductibles.

Imaginons le cas extrême : une ville ancienne où presque tout serait vénérable et dont les habitants se verraient perpétuellement gênés par tant de merveilles. Quelques-uns d'entre eux, sans aucun doute, vivraient du tourisme ; tous, ils seraient sensibles à l'illustration de leur cité, mais la plupart auraient des ambitions d'activité pratique et l'on ne saurait les restreindre aux seuls rôles d'aubergistes et de gardiens de musée. Dans ce cas même, au lieu de détruire, il serait possible, presque toujours, de déplacer la vie

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moderne et de la juxtaposer au centre historique au lieu de la superposer. C'est ce qu'un architecte italien proposait récemment pour Rome qui veut conserver ses gloires et qui, en même temps a besoin de libre expansion. Cette solution, remarquons-le, s'est introduite d'elle-même dans presque toutes les Villes anciennes. Les quartiers nouveaux se sont additionnés aux noyaux séculaires qui, bien souvent, au reste, ne méritaient pas tant d'égards.

Les murs d'enceinte, les portes anciennes peuvent constituer une gêne considérable. On ne peut blâmer les villes qui demandent à respirer, qui étouffent dans leurs limites anciennes et veulent relier leur centre et leurs faubourgs. Mais, vraiment,^ c'est un procédé trop sommaire que de démolir l'obstacle incriminé. On peut frayer des chemins à droite et à gauche d'une porte monumentale sous laquelle il est malaisé de passer. Il est possible de ménager des ouvertures dans une enceinte sans avoir à la supprimer.

Ces cas écartés et, quand il s'agit d'édifices ou de groupes d'édifices à l'intérieur d'une cité, on peut soutenir hardiment qu'il n'y a aucun argument valable en faveur de leur destruction. La manie de l'alignement qui a sévi au siècle dernier a provoqué un inexcusable vandalisme (1). Nulle personne sensée

(1) A Paris, on a amputé Saint-Leu-Saint-Gilles, allongé Saint-Laurent pour les mettre à l'alignement ; à Gaen, on a amputé Saint-Gilles ; à Toulouse, on a détruit des hôtels pour créer les rues de Metz et d'Alsace-Lorraine ; à Rouen, le percement de la rue Jeanne-d'Arc a supprimé les maisons les plus pittoresques de la rue du Gros-Horloge ; de l'église Saint- André, on n'a conservé que la tour, etc..

n'admettra qu'on détruise un monument pour ne pas contrarier la direction d'un cordeau (1).

Si la présence et l'entretien d'un monument historique paraissent trop onéreux, essayons de lui trouver une destination. Ce sera, à vrai dire, la meilleure garantie contre les entreprises malveillantes. Un édifice, ancien peut donner asile à un musée, à des archives, à des bureaux, il peut abriter des sociétés savantes. On le préserve et on l'anime en le rattachant à la vie.

(1) La création d'un casier archéologique et historique de Paris décidée, en 1916, sur l'initiative de M. Marcel Delanney et après un rapport de M. Louis Bonnier, assurera la conservation des richesses dignes d'être sauvegardées et est un exemple digne d'être partout imité.

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