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l’ouvrage de MM. Collignon et Pontrémoli. 1 Nous ne dirons que quelques mots de sa topographie, du théâtre dont M. Dôrpfeld a récemment étudié minutieusement la scène et, en raison de son importance dans l’histoire de l’art, du grand autel de la Gigantomachie.
Entre la ville basse et moyenne et la ville haute la continuité n’a pas encore été établie. Aucun coup de pioche n’a encore été donné dans la vaste région qui s’étend, sur une hauteur de près de ioo m , entre le sanctuaire de Déméter et la terrasse où s’appuie la scène du théâtre. On y monte soit du gymnase à l’est, soit du sanctuaire de Déméter à l’ouest, par des chemins glissants qui grimpent en lacets sur les pentes raides, pelées et arides de la montagne.
La courbe qui se creuse au sommet de l’Acropole sur le versant de l’ouest offrait une assise toute indiquée pour y incurver le théâtre. Il est construit entre une terrasse artificielle de 2 50“ de long, large de 15“ environ, sur laquelle est établie la scène, et les assises inférieures d’un haut mur de soutènement renforcé de pilastres ; ce mur porte l’une des terrasses du sommet où l’on accédait, des gradins supérieurs, par un escalier. Les gradins s’étalent en éventail sur une hauteur de plus de
1 Voir plus haut note i p. 29.
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dre que ceux des deux autres ; ils ont dégagé aussi un système de quatre trous, à chacune des deux extrémités, entre la troisième rangée et le mur de soutènement des gradins. Ces trous sont constitués par des entailles rectangulaires faites dans trois blocs superposés de pierres enfoncées dans la terre, la surface supérieure du dernier étant au niveau du sol ; ces pierres reposent sur un quatrième bloc formant fond. Les entailles forment des creux carrés de 35 e ® de côté à la base et de 40®“ au sommet, d’une profondeur de i m sur les deux premières rangées et de 70 e ® sur la troisième. La longueur totale de ces trois rangées est de 36®75 et chacune des deux bandes comprises entre elles a une largeur de 3 m i5. Ces trous étaient destinés à recevoir les poteaux de bois verticaux qui soutenaient les planchers et la carcasse de la construction. Les trous les plus profonds devaient évidemment recevoir les poteaux les plus élevés qui avaient à supporter un plus grand poids.
M. Dôrpfeld en a conclu que l’espace compris entre la deuxième et la troisième rangée ne comportait pas d’étage, tandis que l'espace compris entre la première et la deuxième en comportait un. Sur les deux extrémités chacun des groupes de quatre trous forme une aile en retour, qui recevait les hauts madriers destinés à former les portes d'entrée.
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On retrouve ainsi la division classique du théâtre : au milieu et au fond la scène proprement dite à étage, la skènè, comprenant les chambres d’habillement des acteurs et les magasins d’accessoires, et s’étendant sur une longueur égale à celle du diamètre de l’orchestre, ou un peu plus; devant la scène, une sorte d’estrade sans étage le proskénion, dont l’usage a donné lieu à une controverse bien connue; enfin les ailes de clôture et les portes, les paraskènes et les parodoi.
La distribution des trous en groupes est également intéressante, comme indiquant pour le proskénion une division en trois baies dont la plus large occupait le centre. Cette particularité parait décisive à M. DOrpfeld qui se refuse à voir dans le proskénion l’endroit d’où, à l’époque grecque, parlaient les acteurs, mais soutient l’opinion, qui a rallié aujourd’hui presque tous les suffrages, que la pièce se jouait alors dans l’orchestre, où les acteurs étaient mêlés aux évolutions du chœur, et devant le proskénion où étaient implantés les décors ; la paroi antérieure de l’étage de la scène portait également des décors, figurant soit un étage d’édifice soit des représentations de l’Olympe, devant lesquelles ne montaient des acteurs que pour certains jeux de scène déterminés. Le groupe des trous où s’implantaient les madriers comprenaient
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la vallée, d’où son puissant alignement se signalait au loin, dans tout son éclat et la grande lumière qui le baignait.
Au dessus de ce portique, montant du sud vers le nord, se dressaient quatre nouvelles terrasses, 1 les deux premières portant une agora et un grand autel sculpté, et les deux autres, à l’intérieur d’une puissante enceinte percée de portes et flanquée de tours, servaient de bases, sur le sommet, à un sanctuaire d’Athéna Polias Niképhore, à un temple de Trajan, au palais des rois et à la fameuse bibliothèque où s ’entassaient les parchemins que les Attalides avaient substitués aux papyrus pour concurrencer la bibliothèque rivale d’Alexandrie ; * elle contenait aussi une immense collection de volumes dont Antoine, aux dires de Plutarque, * enleva deux cent mille exemplaires pour les offrir à Cléopâtre.
Nous ne parlerons, et très brièvement, que de l’autel, dont la découverte a apporté des révélations si imprévues sur le développement de la grande sculpture en Asie Mineure et fait une place importante à Pergame, à coté de Rhodes, dans l’art hellénistique. 4
1 Voir la reconstitution donnée par la photographie n° i o, pp. 64-65.
* Pline Hist. Nat. XIII, ai, 2.
* Plutarque. Vie d’Antoine, 58.
* L’autel de Pergame n’est mentionné que par Pausanias et par un
Pages 56—57