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l’Acropole l»e Pergame. Théâtre et Terrasse du Théâtre

(voir p . 50 et stiiv . et p . 55 .)

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l’Acropole de Pergame. Grand Autel.

(voir b.

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On connait les circonstances de la découverte de Humann en 1869, quand, chargé de construire une route dans la région, ses ouvriers, cherchant des pierres et des briques sur l’Acropole dt Pergame, déterrèrent une grande dalle de frise sculptée en haut relief. Quelque temps plus tard d’autres dalles furent mises à jour, puis apparurent avec les soubassements de l’autel méthodiquement fouillés par Humann et Conze en 1879, quatrevingt-quatorze plaques d’une grande frise et trentecinq d’une frise plus petite qui furent installées dans le Musée de Berlin.

Vues de la terrasse du sanctuaire d’Athèna, les ruines de l’autel apparaissent comme un grand massif rectangulaire reposant sur une assise de quatre marches. Ce massif de 37 m 70 sur 34 œ 6o contient les fondations, constituées par des murs se coupant à angles droits, dessinant un véritable réseau de petits rectangles, dont les vides étaient économiquement remplis de terre et de pierres et qui à vol d’oiseau apparaît comme un grillage colossal. 1 Sur l’assise des degrés s’élevait sur trois cotés, d’après

obscur compilateur latin Ampelius. Peut-être était-ce lui que visait Fauteur de l’Apocalypse, quand il écrivait & Fange de l’Eglise de Pergame: “ Voici ce que dit celui qui tient le glaive aigu à deux tranchants : Je sais que tu habites là où est le trône de Satan.” (Opôyoç rôv Zaravâ ç) (Apoc. ch. II, 12.)

1 Voir photographie n° 8, pp. 56-57.

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la restauration de M.M. Collignon et Pontrémoli, un énorme socle de 2 m $o d’épaisseur et 5“ environ de haut et sur le quatrième côté, vers la plaine, un escalier monumental d’une vingtaine de mètres de large, qui accédait à une plateforme rectangulaire de niveau avec la partie supérieure du socle. Sur cette plate forme, reposant sur l’épaisseur du socle, régnait sur les trois côtés un mur bordé à l’intérieur et à l’extérieur par une double colonnade ionique. C’est sur la paroi extérieure du socle que se développait, au dessus d’une plinthe lisse et de moulures et s’élevant à 2 m $o au-dessus des degrés, la grande frise de 2 m 30 de haut sur une étendue d’environ 120“, en comprenant les retours. 1 A l’intérieur sous les portiques de la plate-forme régnait la seconde frise. Au milieu s’élevait l’autel proprement dit de Zeus Soter.*

Le mythe cosmogonique décrit par les sculpteurs de la grande frise est la lutte prodigieuse de l’Olympe contre les êtres monstrueux et terribles nés d’Ouranos et de Gé, les Titans. “Une terrible “ clameur retentit de l’infini de la mer ; la terre “ rendit un grand mugissement, le large Ouranos “ gémit ébranlé, et le profond Olympe fut secoué

1 Voir photographies n°* 9 et 10, pp. 64-65.

* Diverses restaurations ont été données de ce monument.

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“ depuis sa base, sous le choc impétueux des im- “ mortels ; l’énorme ébranlement atteignit le “ Tartare, soulevé par le bruit prodigieux des “ pieds, le tumulte de la mêlée colossale et la vio- " lence des coups.... Alors Zeus cessa de contenir “ sa violence : aussitôt son cœur se remplit de “ colère et il en fit jaillir toute sa puissance.... “ Tout autour, la terre nourricière mugissait em- “ brasée et les hautes forêts immenses crépitaient “ dans le feu ; le monde souterrain tout entier “ bouillonnait, ainsi que les flots d’Okéanos et du “ vaste Pontos, et une vapeur chaude envelop- “ pait les Titans terrestres. La flamme immense “ montait jusqu’à l’éther divin et les yeux des plus “ braves étaient aveuglés par la splendeur éclatante u de la foudre et de l’éclair. ” 1

On sait avec quelle fougue et quelle expression dramatique les artistes de Pergame ont traité ce conflit gigantesque. A la sobriété et la pureté attiques ont succédé l’outrance, la recherche des contrastes, le goût du pathétique et de la complication. 3 La sculpture de Pergame est à l’art du V° et du IV 0 siècle ce que l’école Bolonaise fut en Italie à l’art florentin.

1 Hésiode Théog. 678-683 j 687-688 j 693-699.

* Voir photographie n° 9, pp. 64-65, qui représente la lutte de la triple Hécate contre le géant Klytios et celle d’Artémis contre Otos et Aigaion.

6 o l’acropole de pergame

La vieille Grèce n’était plus. Un esprit nouveau soufflait ; “ comme dans une coupe amicale, écrit “ Plutarque, étaient mêlées les forces, les races, les i€ mœurs. ” 1 Du mélange des usages et des besoins les plus divers, est né l’amour du luxe, de la pompe et... la facilité. Le monde a pour principaux clients, au lieu des citoyens libres des républiques, les grands princes et leur cour, qui rivalisent entre eux pour embellir leurs villes colossales de productions théâtrales et hâtives. La qualité du style n’est plus le souci dominant, c’est la quantité et la dimension.

Le fossé s’est creusé entre l’élite et la foule, l’homogénéité des forces est dissoute, les républiques ont fait placé aux monarchies. Du culte de la lumière et de la vie polythéistes, l’antiquité pénètre dans la forêt des idées confuses et bientôt dans l’esclavage des monolâtries. L’esprit s’est anémié ; il ne sait plus traduire ses intuitions en des formes vraiment vivantes ; la pensée, comme les mœurs, n’a plus de ressort ; impuissante, elle se dissipe et se perd dans les dédales de l’érudition, de la critique et de la dialectique.

...Il me semble vraiment à écrire ces lignes que je décris plusieurs aspects du monde contemporain,

1 Plutarque, de la fortune d’Alex. I 6, cité par Droysen Hist. de l’Hellénisme T. I, p. 692.

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tant sont nombreuses et frappantes à certains points de vue les analogies.

Mais le monde antique est allé de la liberté à l’esclavage, de la clarté à la nuit. Dans l’incubation des superstitions, des influences dissolvantes qui l’environnaient, il était mûr, sous les Attalides, pour absorber tous les poisons, les subtilités des théologiens et le fanatisme religieux, et pour se laisser subjuguer par la force romaine et barbare.

Le monde d’aujourd’hui suit un mouvement inverse: né sous le joug de la force et dans l’esclavage de la pensée, il fait effort vers la liberté ; de la nuit il va vers la lumière. Puissent l’excessive production, la fièvre, les compétitions, le rejet de la beauté hors la vie ne pas asservir encore une fois l’esprit à ses formes inférieures !

EPHÉSE 1

Mesdames, Messieurs,

De la vallée du Caïcos à celle du Caystros, de Pergame à Ephèse nous passons du climat plus rude de la Lydie septentrionale, qui, malgré l’adoucissement apporté par le voisinage de la mer, tient encore du régime Phrygien, au ciel doux et au climat alangui de l’Ionie, où croissent l’oranger, le figuier, l’olivier, le grenadier. “ Les Ioniens ont bâti leurs “ villes dans la contrée la plus agréable que je “ connaisse, soit pour la beauté du ciel, soit pour u la température. Les pays qui environnent l’Ionie u ne peuvent être comparés avec elle : les uns sont “ exposés aux pluies et aux froids, les autres aux <c chaleurs et à la sécheresse.”* Le contraste est plus tranché encore dans l’histoire et les mœurs. Aux habitants du Nord, énergiques et résolus, pleins de vigueur, d’initiative et d’ardentes ambitions, créateurs de monarchies et d’Etats militaires, s’opposent les populations ioniennes plus adoucies, plus raffinées, mais aussi plus prédisposées à la jouissance

1 Voir Planche III, en fin du volume.

* Hérod. I, 142.

EPHÈSE

et à l’inertie et qui subissent les influences et les dominations les plus diverses, sans parvenir jamais à fonder une puissance politique et indépendante.

Ces conditions générales expliquent les deux caractères prédominants que nous offre l’histoire d’Ephèse : le grand développement du commerce, au contact des civilisations orientales, avec tout le luxe et le goût de jouissance qu’il entraîne, et l’ascendant des grandes religions de l’Asie, de leurs cultes orgiastiques et de leurs mystères. Ephèse, est en effet, un grand port de commerce maritime et la ville sainte de l’Orient hellénique.

Avant l’arrivée des colons Ioniens, Ephèse avait déjà une longue histoire noyée dans les brumes d’un passé plus ou moins mythique. Les fouilles récentes 1 * qui ont été faites sur l’emplacement de l’Artémision confirment les renseignements épars dans les textes. D’après Strabon * les premiers habitants

auraient été des Cariens et des Lélèges, qui détenaient, d’après Pausanias 3 les terres de la plaine ; les Lydiens, qui formaient le gros de la population, étaient les maîtres, les seigneurs de la ville. 4

1 D. G. Hogarth, The Archalc Artemisia, 1908, Ionia and the East, 1909.

* Str. XIV, 1, ai.

* Pau*. VII, a, 7.

4 Ibid.

64 EPHÈSE

Autour d’eux se pressaient toute une foule de réfugiés, parmi lesquels des femmes de la race des fameuses Amazones, qui habitaient près du sanctuaire dans la ville sainte. 1 Il est probable que les Lélèges et les Cariens ne sont pas les plus anciens habitants auxquels on puisse remonter, car dans un autre passage * Strabon les fait venir des îles où ils étaient sous la domination de la thalassocratie Minoenne. Il n’est pas téméraire de supposer, d’après l’évidence des fouilles faites jusqu’ici en Asie Mineure, que la région a été aux mains de la grande puissance orientale des Hittites et plus tard de celle des Phrygiens, descendus de Thrace à travers l’Hellespont, et qu’elle était occupée par une population autochtone, réfugiée avec les Amazones autour d’un vieux sanctuaire primitif. D’après M. Hogarth, qui a poussé ses investigations jusqu’au sol vierge sous l’Artémision, l’influence égéenne aurait été presque nulle à cette époque, tenue à l’écart par les puissances continentales et ne se serait fait sentir que peu de temps avant l’époque des invasions ioniennes.

Quoiqu’il en soit, vers le XI e siècle, Ephèse était déjà une très vieille ville cosmopolite, marchande et religieuse, formée d’un amalgame

1 Paus. IV, 31, 8.

* Str. XIV, 2, 27.

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