MARIANA
chanoines avaient fui dès longtemps le séjour pestilentiel de leur cité, où ils no se souciaient plus d'assurer le service divin, ni l'entretien, ni même le respect des édifices sacrés.
Dès lors Mariana ressemblait à ce qu'elle est encore.
De la station de chemin de fer de Gasamozza, proche de Bastia, on peut l'atteindre en une heure en suivant les bords du Golo.
Dans la plaine assez fertile, mais très malsaine, où s'espacent des oliviers et quelques rares habitations, deux belles églises pisanes du xif siècle se dressent au milieu de champs cultivés. Elles sont construites avec luxe, en beaux blocs de marbre et de travertin appareillés avec le plus grand soin ; leur décoration est sobre et de bon goût; ce sont deux édifices de grand style. Elles sont particulièrement imposantes vues de l'est, quand le soleil du matin met en valeur leurs élégantes absides et détache leur silhouette dorée sur le fond bleu des grandes montagnes de l'horizon de terre.
La plus grande église s'appelle la Canonica, C'est l'ancienne cathédrale Sainte Marie et le plus beau monument de la Corse ; la plus petite, ancienne paroisse, est San Perteo.
Toutes deux sont bâties en assises hautes et basses alternées. Leur plan est très simple. Toutes deux ont une abside unique, voûtée en cul de four et précédée d'une travée centrale voûtée qu'accostent deux travées latérales à voûtes d'arêtes, formant chapelles carrées.
Cette triple division concorde, à San Perteo, avec une nef unique ; à la Ganonica, elle se continue en une nef flanquée de bas côtés, mais dans une église comme dans l'autre^ la partie orientale est seule voûtée.
Les piliers rectangulaires simples se couronnent de minces impostes moulurées et d'arcades simples en plein-cintre. Chaque église a trois portails sur ses façades de l'ouest, du nord et du sud. Seuls sont ornés, à la Canonica celui de l'ouest ; à San Portée celui du sud. Ce derniei' a un linteau en forme de fronton très grossièrement sculpté d'un motif d'origine orientale ; l'arbre accosté de deux lions. Le grand portail de la cathédrale est plus riche et un peu moins rude; son linteau porte une course d'entrelacs et de palmettes; ses deux voussures un joli motif d'entrelacs et une suite de neuf animaux. Un y reconnaît l'agneau crucifère, vers lequel se dirigent un lion, un cerf et d'autres bêtes ; deux paires d'animaux sont affrontés et semblent combattre.
Les fenêtres sont d'une absolue simplicité. San Perteo n'en a que deux sur chaque face; à la cathédrale elles sont cinq, sans concordance avec les neuf travées. Les deux absides s'ornent extérieurement d'une grande arcature qui s'élève jusqu'à la corniche. A San Perteo, les contreforts qui portent cette arcature sont des colonnes à chapiteaux de feuillage; à la cathédrale, ce sont des pilastres grêles et chaque forme d'arcature est refendue en deux petits arcs dont une console centrale reçoit la retombée.
Man'ana ; San Perteo.
Phot. C. Enlar!.
Xebbio : La Cathéilrale (état ancien)