PORTO
A quatre kilomètres de la mer, sur le canal de Trajan qui forme un second bras du Tibre, non loin de la station actuelle de Fiumicino, la cité de Porto (1), fondée par Trajan, était le port antique de Rome; ce privilège lui a valu une grande prospérité, suivie de grands malbeurs. Elle eut de bonne heure une communauté chrétienne, que sanctifia le martyre de Saint
1. Sur Porto, on pourra consulter : Capelletti, Chiese d'Italia, 1844, t. I. Coppi (Antonio), Atti delV Accademia Romana d'Archeologia, 1836. Moroni, Dizionario di erudizione storico ecclesiastica. Piagga, Gerarchia cardinalizia, 1703. Rossi (Gomra. G. B. de'), I monumenti cristianl di Porto {Bolettino di archeologia cristiana 1866); Insigne lucerna di bronza trovata negli scavi di Porto (ibid. 1868); Epigrafe storica scoperta in Porto, alludenie agli ultimi spettacoli gladiatorii ed alla loro abolizione (ibid.). Thomasetti (Giuseppe), La Campagna Romana, 1910, in-4°. Ughelli, Italia Sacra, t. I et X.
Hippolyte et qui, dès 251 possédait déjà un évêque. On y a trouvé une inscription qui rappelle l'abolition des jeux du cirque. Au iv^ siècle, Porto reçut une enceinte de remparts dont on relève encore des vestiges et autour desquels bien des luttes sanglantes durent s'engager: ils virent passer en 455 Gcnséric, et en 537 Yitigès s'en empara, bientôt chassé par Paul, lieutenant de Bélisaire. L'armée de ce dernier y soutint une longue lutte contre Totila.
Mais la place forte avait ruiné le port de commerce : vers le milieu du ix^ siècle, celui-ci était déjà ensablé et la ville n'était plus qu'un poste militaire quand, en 847, elle fut ravagée par les Sarrasins.
Ils ne devaient pas en oublier le chemin, et jusqu'à la destruction finale, l'histoire de Porto ne sera plus qu'une perpétuelle alternance de dévastations et de restaurations par les papes, qui furent longtemps avant de se résigner à sa ruine. Saint Léon III (795-816), avait enrichi de dons précieux le sanctuaire du martyre Hippolyte, après la dévastation de 847, la ville fut relevée et ses défenses réparées, si bien que deux ans après, elle repoussait une nouvelle attaque; elle n'en restait pas moins dépeuplée et saint Léon IV (847-855), qui fit de nouveaux dons à la cathédrale, se préocupait d'y ramener une population.
En effet, ses abbayes étaient désertes, et les demeures ruinées des anciens habitants disparus avaient fait retour, comme les monastères, au domaine du Saint Siège. En 852, des colons y furent installés,
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mais en 876, les Sarrazins recommençaient leurs ra-
vages .
Le o'ouvernement du Saint Sièo-e ne se décourageait pas. Jean XIII (965-973) décida même la création de canaux qui devaient rendre un port à Rome et protéger les remparts de Porto, tout en assainissant la contrée : en 992, il délivre à Grégoire^ évêquede Porto, un privilège qui lui confère la propriété de terres dépendant du domaine du Latran, à la condition de creuser un canal parallèle au Tibre, qui suivrait les murs de la ville jusqu'à la porte Majeure, puis gagnerait de là le bassin de Trajan, et du bassin de Trajan un autre canal qui le joindrait au Tibre.
Le pape Benoit VII, qui était titulaire du siège épiscopal de Porto, le dota vers 1019 d'un privilège fixant les limites du diocèse. Ce document nous apprend que Porto comptait alors deux cathédrales^ Saint Ilippolyte et Saint Laurent, et cinq autres églises : Sainte Marie, Saint Pierre, Saint Grégoire, Saint Théodore, Saint Vit;, toutes dans l'enceinte. Plus loin existait encore la cité de Constantin, avec les églises détruites de Saints Pierre et Paul. Mais si les églises sont toujours nombreuses à Porto^ les habitants ne semblent plus l'être à proportion : le document n'en mentionne qu'un petit nombre, ils vivaient dans une tour.
Le privilège de Benoit YII fut renouvelé en 1049, par Léon IX; sous Victor III (1086-1088) la chronique du Mont Cassin mentionne encore la cité de Porto, et, en 1118, le pape Gélase II y cherche un refuge
contre Henri V, mais, dans le canal, il essuie une tempête.
Galixte II (1119-1124) réunit à Porto révêché détruit de Sainte Rutine ; en 1236, Grégoire IX confirmera cette réunion, en la motivant par la proximité des deux cités et par la rareté de leur population.
Au xiv** siècle, Porto no marque plus du tout dans l'histoire; on sait seulement qu'en 1346, Martin, neveu du cardinal de Ceccano, en devint seigneur.
Ce fut un infatigable restaurateur qu'Eneas Silvius Piccolomini, le grand pape Pie II; un instant, il avait projeté de curer le port de Trajan et en 1461 il alla sur les lieux se rendre compte de la possibilité de l'entreprise. Il explora la ville de Porto : elle occupait alors une île entourée de remparts démantelés; le phare et une porte subsistaient encore ; la cathédrale n'avait plus de toiture et son clocher, que le pontife trouva assez beau, n'avait plus de cloche. Çà et là dans la ville s'élevaient d'autres églises ruinées.
Sixte IV visita Porto en 1483. L'évêque était alors le Cardinal Roderico Borgia; il fit rebâtir le château, dont le blason de sa famille orne encore la porte; quant à la ville, elle fut une fois de plus ravagée trois ans après, par le duc de Galabre. En 1556, dans leur campagne contrôle duc d'Albe, les Carafta neveux de Paul V y campèrent.
En 1583, Fulvio Corveo ovêque de Porto, entreprit, nous dit Ughelli, la restauration du port et celle de