PORTO
Fégiiso. 11 semble que cette église ait été non la cathédrale, mais la chapelle du château, dédiée alors à Saint Laurent et depuis à Sainte Lucie.
Kn 1612, une petite population vint s'établir à l'embouchure du Tibre ; elle ne prospéra guère ; en 1825, le bourg de Fiumicino fut créé et des constructions furent exécutées à Porto, mais elles semblent avoir eu surtout pour résultat de détruire les ruines de l'ancienne cité.
Actuellement, Porto, que Trajan avait bâtie au bord môme de la mer, en est éloigné de trois kilomètres. Le grand bassin octogone qui porte encore son nom est une tourbière envahie de roseaux, où se mirent de beaux pins parasols et que commande le château à mâchicoulis bâti par le cardinal évèque Borgia en 1483. Il porte encore le blason de sa famille.
Do la ville il ne reste rien que quelques pans de murs et une arcade de briquejf antiques; c'est à peino si sous le maigre gazon de la plaine dénudée, on peut suivre le tracé de son enceinte. Une ferme s'élève vers le centre.
De la cathédrale, il reste la tour majestueuse que Pie II admira eu 1461, et deux beaux pilastres de marbre blanc aux fines arabesques. Ces pilastres peuvent dater de Pie II ; quant à la tour, identique à celles de plusieurs vénérables basiliques de Rome, elle pourrait remonter au x« siècle ou même au ix". Peutêtre aussi n'est-elle que du xiir; Tuniformité du type des clochers romains à travers le Moyen Age, et les perpétuelles destructions et restaurations de Porto
concourent à mettre dans le plus grand embarras celui qui voudrait lui assigner une date.
Quel que soit son âge, c'est un noble et gracieux édifice et un émouvant témoin des longues tragédies de l'histoire.
A la vieille tour dont la silhouette élégante domine au loin la campagne, sont accolées les bâtisses sans caractère de la ferme moderne. Il s'y trouve une chapelle, humble certes d'architecture mais hère de sa noblesse, car elle n'est rien moins que deux fois cathédrale, de Porto et Sainte Ru fine. C'est là qu'une fois l'an, le cardinal évêque vient dire la messe devant une douzaine de paysans, à cela se borne le gouvernement spirituel de son double diocèse.
NINFA
Qui de nous, aux pays du soleil et aux jours d'été, n'a béni avec François d'Assise notre soeur l'Eau? Qui n'a senti un charme et un bien-être à contempler une source fraîche dans son cadre de verdure? On comprend alors que les apôtres chrétiens aient été impuissants à abolir le culte des fontaines, qui impérieusement, nous font évoquer des nymphes 'parées de toutes les grâces, ces nymphes des eaux qu'adorait Chloé et qui protégèrent Daphnis. Ce sont de ces sources-là qui baignent le pied de la falaise abrupte d'où la petite cité de Norma domine au loin la voie Appienne et commande la route de Gori à Sermoneta.
Les eaux limpides s'étalent d'abord en un petit lac, puis s'en échappent pour |former un petit fleuve qui prend sa course à travers [les Marais Pontins. C'est l'antique Nympheus, et aux nymphes de sa source, les Romains avaient bâti un temple. Les pâtres du Latium, en abreuvant leurs troupeaux, ap-
portaient leurs hommages aux déesses, mais nul n'avait encore élu domicile dans leur solitude aimée.
Quand le Dieu des chrétiens eut renversé leur autel, des habitants se groupèrent autour de la source des nymphes et ce fut l'origine d'une ville. Ninfa entre dans l'histoire en 570; Constantin V la donna alors au papeZacharie. Elle devait vivre environ mille ans, mais cette courte existence ne manque pas d'intérêt. Elle a laissé des traces dans le Liber Pontificalis (1), a inspiré des pages intéressantes à Gregorovius, à Tito Berti (2), à Auguste Sindici (3), mais c'est surtout au Prof. Giuseppo Tomasetti dans son beau livre La Campagna Rommia anfAca^ medioevale e nioderna (4) que nous devons les recherches les plus savantes et les plus complètes sur cette ville abandonnée.
Gomme Galera et pour la même raison, l'insalubrité, Ninfa est aujourd'hui déserte. Quant aux causes de sa courte prospérité, elles furent diverses : ce fut d'abord la fertilité du sol, puis un concours de circonstances.
Peu après l'an 700, l'ancienne Voie Appienne avait été abandonnée au profit d'une route passant par Ninfa, puis bientôt les populations qui cherchaient dos refuges contre les incursions Sarasines trouvèrent une protection dans les marécages qui entourent Ninfa : elle devint une forteresse, dont l'importance