‹ Villes mortes du moyen âge;Chapitre 15 sur 17 · GALERA · texte numérisé non relu

GALERA

Les Normands finirent par lever le siège ; les anathèines purent être pour quelque chose dans cette retraite, mais celui qui les lançait ne devait plus prendre place dans la chaire usurpée de Saint Pierre. Il mourut l'année suivante.

Nul autre événement ne marque l'histoire de Galera. Le petite ville était trop insalubre pour devenir jamais prospère, et sa situation insulaire ne lui permettait du reste, aucune extension.

Elle était du patrimoine de la famille Orsini.

Des hauteurs de Santa Maria, un chemin creux descend en pente douce et s'engage dans le vallon boisé ; il s'encaisse entre d'abrupts talus tapissés de cyclamen aux fleurs rose vif et couronnés de chênes verts, qui forment une voûte complète sur l'étroite route. Celle-ci débouche enfin dans une prairie qui descend vers la rivière bruyante et rapide. Au fond de la prairie se dresse un rempart d'une imposante hauteur ; sa base n'est autre que le rocher même ; sa crête est garnie de grands arbres qu'étreignent des lierres touffus ; derrière cette végétation apparaissent une tour d'église, une porte de ville et les grands murs d'un palais.

Au pied^ du rempart, un grand pont, à l'arche unique et hardie, relie Galera à la rive opposée qui forme une autre falaise aussi abrupte, aussi boisée. En amont du pont sont des ruines de moulins et sur l'autre rive les ruines d'une petite église de faubourg. Les arbres, les ronces, les fougères et le lierre semblent conspirer à cacher ces vestiges ; le pont est

entièrement tapissé de verdure et il faut être sur le pont même pour voir la rivière.

C'est du pont également que l'on aperçoit, au sommet de la pointe orientale du rocher qui porte la ville, l'abside de brique de l'église, morceau d'architecture du Moyen Age dont il est difiicile de préciser la date. De la prairie, on monte à la ville par une rampe en pente douce pavée, qui côtoie le rempart et que borde un parapet crénelé. Le lierre envahit les crénaux et les ronces ont pris possession de la chaussée. Celle-ci passe sous l'arcade très haute d'une première porte puis, faisant un coude brusque, franchit la seconde porte que commande une tour carrée. Cette tour était celle de l'horloge publique, dont les deux cadrans subsistent. De la porte de l'horloge, une rue en pente accède à la place ; de hautes constructions bordent cette rue ; à gauche, on discerne la large baie d'une boutique et l'on peut encore utiliser la rampe qui conduit au chemin de ronde du rempart.

A droite, c'est la haute muraille du palais Orsini, immédiatement contigu à la porte et bâti sur le rempart même. Ses fenêtres rectangulaires sont sans caractère, mais des murs en petit appareil allongé de pierre noire semblent plus anciens. En tournant à droite sur la place, on trouve sa porte d'entrée, une arche en tiers point. Dans les vastes salles, dont les planchers ont disparu, quelques autres détails indiquent une construction du Moyen Age : fenêtres cintrées bouchées, corbelets de travertin qui soutenaient

Galera; La Tour de l'Horloge.

Phot. C. Enlart.

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