‹ Villes mortes du moyen âge;Chapitre 7 sur 17 · VILLES MORTES DE LA CORSE · texte numérisé non relu

VILLES MORTES DE LA CORSE

Gharlemagne envoya pour les en chasser le comte Bouchard, puis son fils Charles. En 823, le légendaire Ugo Colonna aurait été envoyé contre les Maures de Corse par Etienne IV et les aurait vaincus. Boniface marquis de Toscane acheva de les éloigner et reçut en 833 le commandement de l'ile où il fonda Bonifacio.

La seconde moitié du x" siècle fut en Corse une période d'anarchie féodale.

Au XI® siècle, le Saint Siège prétendait tenir de Charlemagne la suzeraineté de la Corse. Une bulle do Grégoire VII, de 1079 qualifie d'usurpateurs les seigneurs qui s'en partagent la possession et y institue pour légat l'évêque de Pise, en lui confiant la mission de ramener le peuple sous son obéissance.

En 1091, Urbain II concède la Corso en fief ecclésiastique à la République de Pise, et en donne l'investiture à l'évêque Dagobert ; en 1092, il élève le siège de Pise à la dignité de métropole; il décide en outre que les archevêques auront pour suffragants les évêchés de la Corse et exerceront à perpétuité les fonctions de légats. /

En 1119, s'étaytEfait confirmer la double dignité de métropolitain et 'de légat pour la Corse, l'archevêque de Pise Pierre vint à Marana, avec une nombreuse suite, y consacra l'évêque Otto Colonna et la cathédrale et y reçut l'hommage des autres évêques de Corse. La domination pisane, qui marque la seule période heureuse et prospère de l'histoire de la Corse, fut très compromise en 1284 par la bataille de la Meloria, où les Génois vainquirent les Pisans. Toute-

fois, Gênes n'occupa alors que Bonifacio et Calvi.

En 1297, Boniface VIII donnait la Corse en fief au roi d'Aragon et y nommait légat l évoque de Valence, en invitant Gênes et Pise à 1 "évacuer. Les Aragonais n'y prirent pied qu'au début du xiv^ siècle, sans que les Pisans et les Génois se fussent retirés.

En 1359, Sambocuccio d'Alando y établit l'ordre et y créa la confédération dite Terre de Commune qui fonctionna jusqu'au xviii^ siècle et qui avait pour centre Aleria.

Entre Pisans et Génois en guerre perpétuelle, la Terre de Commune avait à défendre contre les uns et les autres à la fois l'indépendance qu'elle s'efforçait de conserver. En 1348, Pise définitivement vaincue, céda la Corse à Gênes, dont la Terre de Commune ellemême dut reconnaître l'autorité. Le dernier chef pisan, Sinuccelli, ditGiudice délia Rocca, est resté un héros légendaire célèbre par son courage, par son équité et par sa fin malheureuse. Trahi par son fils bâtard Salnese, il finit ses jours dans une prison génoise. Après lui, d'autres chefs indigènes luttèrent jusqu'au xviii*' siècle contre l'oppression de Gênes et les exactions de la Banque de Saint Georges. Les uns après les autres, ils étaient vaincus et assassinés ; des familles nobles furent tout entières massacrées par ordre des Génois, un jour, dans un festin, le gouverneur fit périr par traîtrise les chefs de toutes les grandes familles, mais la révolte renaissait toujours de l'exaspération que causait l'intolérable tyrannie. En 1511, la mort de Rinuccio délia Rocca porta le dernier coup au pouvoir

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féodal, mais en 1553 Sampiero colonel général delà garde corse d'Henri II obtint du roi l'envoi dans son pays d'une armée française qui le conquit sous les ordres du maréchal de Thermes et avec l'aide d'une flotte turque. Malgré André Doria et son lieutenant Spinola, les Français se maintinrent cinq ans en GorsO;, et quand François II la rendit à Gênes par le traité de Gâteau Gambrésis, Sampiero refusant de reconnaitre le traité, continua la lutte. En 1562 sa femme Vannina d'Ornano ayant traité avec les Génois, il la tua de sa propre main ; cinq ans plus tard, acheté par les Génois, son écuyerVittolo l'assassinait. Son fils devait continuer encoi-e deux ans la lutte.

Le 12 mars 1736, un bâtiment anglais arrivait à Aleria avec un plein chargement de munitions de guerre; il était affrété par un allemand, Théodore de Neuhofi'qui venait offrir son appui aux perpétuels révoltés. Geux-ci accueillirent d'abord avec enthousiasme l'aventurier et le 15 avril, dans une assemblée des communes tenue à Alesani, il se fit proclamer roi. Les Corses se mirent en devoir de chasser les Génois de tout l'intérieur du pays, mais ceux-ci, peur combattre l'insurrection triomphante, imaginèrent d'armer quinze cents galériens et condamnés de droit commun qu'ils lâchèrent sui* le pays. Gette horde de malfaiteurs commit tous les excès, toutes les cruautés dont la bête humaine est capable.

Ges procédés ne gagnèrent pas à Gênes les cœurs des Gorses, mais sentant fléchir la résistance, le roi Théodore, comprit que ses sujets l'avaient jugé. Il

avait promis d'illusoires secours, et partit sous prétexte de les chercher; on ne le revit plus.

En 1738, Gênes appela l'armée française du général de Boissieux ; en une campagne de cinq ans il pacifia le pays, mais en 1768, le pays avait encore eu deux révoltes et Paoli était en train d'en chasser encore une fois l'oppresseur exécré. Gênes se décida à céder à la France la Corse qu'elle allait perdre.

La plagO/d'Aleria, est une plaine qui s'étend sur 60 kilomètres de long, formant une bande de 16 kilomètres de large entre la mer et les montagnes. De ces montagnes descendent des torrents, dont le principal est le fleuve Tavignano. Ces cours d'eau impétueux emportent dans leur course des débris des roches peu consistantes de la montagne; ces matériaux forment avec le temps des digues naturelles qui obstruent les embouchures et donnent naissance sur la côte à des marécages et à des étangs.

La plaine d'Aleria est la terre la plus fertile et la plus giboyeuse de Corse, mais c'est aussi la plus malsaine : de la fin de juin jusqu'au mois d'octobre, elle est inhabitable et les brouillards chargés de miasmes qui s'en élèvent pénètrent jusque dans les vallées des montagnes voisines pour y exercer une action délétère.

Aleria, pourtant, est la ville la plus ancienne de la Corse et fut longtemps sa capitale.

Les Phocéens la fondèrent en l'an 562 avant notre

ère : occupée tour à toui^ par les Etrusques et les Carthaginois, détruite en 260 par L. Cornélius Scipio, elle fut rétablie par Sylla qui y installa une Colonie romaine.

Aleria, port d'attache de la Classis Misenensis, fut dès lors une cité et devint un évèché. Elle eut ses martyres : en 303 la vierge Sainte Laurine; et vers 470, Sainte Julie.

Au v'' siècle, les Vandales ravagèrent et occupèrent la contrée; en 48-1, leur roi Hunneric exilait l'évêque d' Aleria dans l'intérieur des terres.

En 508, le pape Saint Grégoire écrivait à Pierre évêque d'Aleria au sujet de la conversion des païens, nombreux encore dans son diocèse.

La paix, qui semblait revenue alors, ne dura guère : aux Vandales avaient succédé les Lombards et aux Lombards les Bysantins, puis les Sarrazins. Ceux-ci occupèrent longtemps la côte, d'où ils avaient refoulé les habitants dans l'intérieur des terres. En SiO, ils furent battus non loin d'Aleria par Charles, fils aîné de Charlemagne.

C'est à la suite de cette expédition que Charlemagne aurait donné la Corse au Saint Siège. Quoi qu'il en soit, la Corse fut au x^ siècle livrée à l'anarchie féodale. En l'an 900, Bérenger roi d'Italie, de Sardaigne et de Corse délivrait cependant un diplôme de privilèges à l'abbaye des Saints Benoit et Zenobi d'Aleria. En 1079, une bulle de Grégoire VII revendique la souveraineté accordée au Saint Siège par Charlemagne et usurpée par les seigneurs laïques. En même

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