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« Vainement voudrait-on, dans cette occa- » sion^ faire valoir la liberté du commerce ; il )) est vrai qu'elle ne peut être trop protégée )) dans tous les autres cas, mais quand des )) manufactures sont une fois établies, elles )) ne se soutiennent que par les qualités et )) les largeurs différentes des étoffes qu'elles )) fabriquent ; il est toujours dangereux de )) toucher aux privilèges qui les distinguent )) et de les rendre communs aux unes et )) aux autres^ . »
En cette circonstance, Machault et, très probablement aussi, Moreau de Séchelles, avaient été favorables aux propositions de Gournay, mais les criailleries des intéressés l'avaient emporté sur l'intérêt général et ni les députés des villes, ni le bureau du commerce n'avaient osé se prononcer contre des privilèges auxquels la prospérité d'industries locales semblait attachée.
Ne pouvant parvenirà vaincre les préjugés de l'administration au sujet des règlements, Gournay s'efforçait du moins de calmer le
1. 20 février 1755. On voit combien les rapports présentés au bureau du commerce donnent peu l'opinion personnelle des rapporteurs.
zèl(î des inspecteurs et remédiait ainsi aux inconvénients qu'il attribuait à la Caisse du commerce.
« J'ai vu avec plaisir par plusieurs ouvra- » ges, écrit-il à un élève inspecteur, combien » vous avez de zèle et de talent. Mais vous ne » sauriez les mettre véritablement à profit » pour le bien ducommerce qu'en traitant dou- )) cément les fabricants et en évitant autant » que possible de leur donner des dégoûts; » l'expérience aura pu leur apprendre que » les étrangers sont fort empressés de nous » enlever nos ouvriers, mais qu'ils sont peu » curieux de nous enlever nos inspec- )) teurs. La douceur et les bonnes façons M envers nos ouvriers sont nécessaires pour » les conserver\ »
Gournay aurait voulu aller beaucoup plus loin et arriver à la suppression de ces dangereux fonctionnaires. Dans une brochure, qui parut en 1758% et à la rédaction de laquelle il prit une large part, ainsi que nous l'expli-