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en justice, elles s'adressaient au roi pour obtenir par des modifications à leurs statuts l'avantage qui ne leur appartenait pas de droit. Le bureau du commerce repoussait depuis quelques années toutes les demandes qui lui étaient ainsi présentées', cherchant en quelque sorte à enfermer les gens de métiers dans leurs monopoles. Maiscette politique expectante ne put suffire à Gournay.
Le commerce des soies de Lyon était, par son importance, celui qui attirait le plus son attention. Dès les premiers temps de son intendance, il avait demandé à ses subordonnés une première série de renseignements sur les corporations lyonnaises'. Celles-ci étaient en disputes perpétuelles : les tireurs d'or et les guimpiers contestaient les droits des fabricants et des passementiers, et inversement. Sans entrer dans Fexamen de leurs différends, Gournay annonça au bureau du commerce qu'il avait rédigé « un mémoire
1. «LeConseil s'est fait une loi de ne point accorder de statuts. Ils gênent l'émulation et le commerce et sont presque toujours une source de procès et de chicanes.» Gouinay, 2 mars 1752, Ictt/-e à Cointfi.