‹ Vincent de GournayChapitre 63 sur 90 · Même dans la traduction de Gournay, pourtant bien écrite · texte numérisé non relu

Même dans la traduction de Gournay, pourtant bien écrite

])e.s, à trouver détestable la méthode suivie par Tadmiiiistration, — d'Argeiison, par exemple, — mais s'ils aspiraient à un nouvel état de choses et à une extension des droits individuels, ils n'appuyaient pas leur sentiment sur des considérations théoriques.

Gournay dut quelque chose aux uns et aux autres^ ; son œuvre n'en est pas moins très personnelle.

Il constate que les faits commerciaux sont soumis à des lois « qui sont de môme pour tout l'univers ». c'est-à-dire qu'il voit que ces faits dérivent de la nature de l'homme et de la l'acuité qui appartient à chacun de nous de vouloir agir selon son intérêt.

Gournay pénètre les secrets de la concurrence et détermine les effets économiques et moraux de cette force féconde. Il voit ({u'elle devient la maîtresse du monde, et (|ue, sous son influence, le régime militaire va disparaître pour faire place au régime industriel, a Tant que les nations n'ont été que guerrières, on a protégé les guerriers ; il faut maintenant protéger le travail. Et com-

1. Nous avons déjà fait remarquer qu'il ne paraît pas avoir eu de relations avecd'Arsenson.

ment ? En riionorant, en lui donnant la protection à laquelle il a droit, et surtout en le soumettant au puissant aiguillon de la con- < iirrence. »

ce Le bon marché, fait dire Gournay à Clicquot-Bervache, est Farme la plus formidable avec laquelle on puisse combattre les effets de nos rivaux ; le consommateur ne résiste pas à cet attrait. S'il est utile à un Etat de faire du parfait, il ne lui est pas moins avantageux de faire du médiocre, du mauvais même, pourvu que le bas prix invite et détermine la consommation. Si une marchandise est trop chère..., c'est la plus mauvaise que TEtatpuisse fabriquer; si au contraire, la modicité des prix relativement à sa qualité procure un grand dél^ouché, c'est la j)lus Aitile et la plus parfaite que l'Etat puisse l'aire. 11 faut donc laisser agir la consommation ; l'utilité personnelle qui ne ferme jamais les yeux sur ses véritables intérêts guidera, sans le secours de l'autorité, vers Tobjet qui procure une vente plus prompte ■et plus facile. »

Ainsi, la liberté ouvre les débouchés, tandis que la réglementation, en empêchant les

labricanls dv. salisfaire aux goùls des consommateurs, restreint la puissance économique d'une nation. La concurrence pro- A oque le travail, tandis queles privilèges qui limitent le nombre des artisans, les mettent dans l'impossibilité de lutter contre les paysoù l'industrie est libre, et où chaque fabricant est obligé, pour soutenir ses affaires, d'abaisser sans cesse ses prix de vente et de réduire ses frais de production.

En conséquence, (journay demande l'abolition des monopoles et la suppression des règlements. Les gouvernants ont voulu concentrer telle industrie dans telle ou tellelocalité, y retenir les ouvriers pour que les arts se perfectionnent ; il répond que la circulation des hommes et des talents est nécessaire, et aussi nécessaire que la circulation de l'argrent et des marchandises'.

On veut maintenir ou attribuera certaines villes le privilège d'avoir des marchés àcertains jours et pour certains produits; on se figure, parce que dans les grandes foires, se vendent et s'achètent à un moment donné

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