‹ Vincent de GournayChapitre 69 sur 90 · Kj)li(''iiirrhh's, mars · texte numérisé non relu

Kj)li(''iiirrhh's, mars

produits étrangers que pour les produits indigènes ; il avait ajouté qu'exclure la concurrence étrangère par le motif qu'elle fournit des marchandises à Irop bon marché aux consommateurs, c'est « sacrifier l'intérêt commun de la nation à l'intérêt particulier de quelques hommes salariés par la nation » ; puis il avait dit : « Le grand moyen de faire fleurir nos manufactures est la liberté du commerce jointe à l'immunité de tous droits, de tout impôt, tant sur les agents et les ouvrages de l'industrie que sur les matières qu'elle emploie. Laissez faire el laissez passer. Voilàj selon M. de Gournay, tout le code politique du commerce. «

De ces citations résulte que les mots Laissez faire. Laissez passer signifiaient pour les Physiocrates et, d'après eux,^ pour Gournay, la liberté entière du commerce, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Cette interprétation n'est pas infirmée par ce que dit Turgot dans Y Éloge :

« M. de Gournay aurait souhaité que les besoins de l'Etat eussent permis de libérer le commerce de toutes sortes de droits. 11 croyait qu'une nation assez heureuse pour

arriver à ce point, attirerait nécessairemeiil à elle la plus grande partie du commerce de FEurope ; il pensait que tous les impôts^ de quelques genres qu'ils soient, sont en dernière analyse, toujours payés par le propriétaire qui vend d'autant moins les produits de sa terre et que, si tous les impôts étaient répartis sur les ionds, les propriétaires et le royaume y gagneraient tout ce qu'absorbent les frais de régie, toute la consommation ou l'emploi stérile des hommes perdus, soit à percevoir les impots, soit à faire la contrebande, soit à l'empêcher, sans compter la prodigieuse augmentation des richesses et des valeurs résultant de l'augmentation du commerce. » De même, dans un autre document, une lettre intime qui fut adressée à Du Pont de Nemours en 176G et que nous avons publiée ailleurs^ Turgol, après avoir reproché aux disciples de (hiesnay de suivre troj) servilement les idées de leur maître, « et de ne pas se servir du principe abstrait de la concurrence et de la liberté du commerce, conséquence immédiate du droit de propriété et de la faculté qu'a tout homme de

]. D(i Pont (le Neiiioiirs et l'crolr p/ii/sioci-atii/id'.

connaître ses intérêts mieux c|iie tout autre », a dit encore : « (]e seul principe a conduit M. de Gournay à tous les résultats auxquels est parvenu notre docteur en partant de la charrue. )>

Or, le libre-échange est aussi bien que la la liberté âii travail une des lornies du droit de propriété.

Dans les écrits de (journay, nous n'avons trouvé pourtant aucune indication au sujet de la liberté du commerce extérieur. On pourrait même interer de quelques passages de ces écritsque Tintendant n'avait pas su se débarrasser complètement du système mercantile' et (ju'il n'était pas opj^osé à ce que la métropole se réservât le commerce de ses colonies".

Mais ces légères contradictions peuvent avoir échappé à sa plume ou avoir été motivées par des considérations du moment. En

1. Voir plus haut la lettre à Choiseul sur l'intérêt de l'argent.

2. Mèmurrc sur (a Cuinjxiiinic des Indes. « Tout le commerce de la Compagnie étant transporté aux particuliers, on pourra les assujettir à ne porter aux Indes que des marchandises du crû du royaume, au lieu que la Compagnie en portait souvent d'étrangères. »

réalité, on n'aperçoit pas le motif pour lequel celui qui demandait le droit pour le& étrangers de travailler librement en France, qui réclamait la suppression des barrières opposées à la libre fabrication des toiles peintes, et faisait à cette occasion le tableau des effets funestes des lois prohibitives, aurait voulu restreindre l'application des vérités qu'il soutenait.

Ce point n'est pas toutefois élucidé ; 1 honneur d'avoir réclamé l'abolition des Ijarrières douanières reste donc en entier à Quesnay, qui avança cette belle proposition que M. Yves Guyot^ a si bien mise en relief: a Les commerçants des autres nations sont nos commerçants. »

Gournay et Ouesnay. étaient entrés en rtdations en 1758. C'est ce qu'allirme Du l^uit de Nemours" : « Trois hommes également dignes d'être les amis de l'inventeur de la science du tableau économique, M. de (lournav, M. le M'^ de Mirabeau et M. Le

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