Ofifjinc et pro</rès d'une science nouvelle. 1768, p
Mercier de la Rivière, se lièrent alors intimement avec lui (Quesnay). » C'est aussi ce ((ue dit le (bonite dWlbon : « Gournav que ( Uiesnay estima, qu'il aima. » La mort prématurée de rintendant du commerce rendit la liaison passagère. << .Je ne t'ai vu qu'un instant, (Tournay, s'écrie le ^I" de ^lirabeau, tu accourus à ma voix fraternelle, tu pardonnas à l'imperfection de mes vues, en laveur de la droiture de mes intentions^ »
En tout cas^ (lournay a dû exposer ses idées devant Quesnay, Partis de points éloignés, ayant suivi des chemins différents, tous deux avaient abouti à des conclusions identiques, quant à l'existence de lois naturelles dans le monde social, quant à l'émancipation de l'individu, quant à la liberté d\i travail, et aussi quant à la substitution aux impôts indirects d'un impôt territorial.
Où ils étaient en désaccord^ c'était sur la question de l'intérêt de l'argent. Tous deux reofardaient la baisse de 1 intérêt comme désirable, mais (^)uesnay voulait l'obtenir
1. Il semble résulter de lu que Mirabeau fit les premières avances à Gournay et peut-être qu'il servit de trait-d'union entre lui et Quesnav.
pai" riiiterventiou de raiitorité : « Le revenu a des bornes, prétendait-il, dans Tordre de la nature et dans Tordre de la justice qui limitent le droit qu'a le prêteur au revenu <pTil peut exiger de Ternprunteur. 11 serait donc injuste d'exiger un revenu qui excé- <^lerait ces bornes, et les lois du souverain doivent avoir pour objet de réprimer une injustice si maniCeste. »
Plus tard, le docteur paraît avoir renoncé à cette singulière opinion', grâce àTinfluence de Turgot et de Du Pont de Nemours qui avaient accepté les vues de (journay. Dans une science à ses débuts, les doctrines ne sont pas unes ; elles présentent des paralogismes qu'on n'aperçoit pas tout d'abord et qu'on supprime peu à peu.
Une autre divergence entre les deux fondateurs de l'économie politi({ue portait sur la productivité de l'industrie. Quesnay prétendait que la valeur d'un produit industriel <>st la somme des valeurs dépensées à le l'a- ])riquer : matières premières, portions d'outils usés dans la fabrication, matières coji-
]. Il l'avait avancée du vivant de Gournay. en 1757.
sommées par les ouvriers et par Tentrepreiieiir pour pourvoir à leurs besoins, intérêt (les capitaux employés. 11 avait conclu de là (jiie l'industrie ne crée pas de valeurs nouvelles et qu'au point de vue de la formation des richesses, (die est stérile.
Gournay se refusait à admettre que le travail de l'artisan qui avait confectionné une pièced'étoffe el du commerçant qui la mettait à la disposition du consommateur n'eût pas ajouté une richesse nouvelle à la masse des richesses existantes. Pour hii, la richesse d'un pays atteij^nait tout son développement quand le produit de chaque arpent de terre et l'industrie de chaque individu étaient portés au plus haut point possible\
C'est ce que rapportent du moins Turgot et Du Pont de Nemours. Dans les écrits de (lournay, nous n'avons rien rencontré qui confirme leur assertion; nous n'avons rien trouvé non plus qui la contredise.
On conçoit, d'ailleurs, que les deux fondateurs de l'économie politique n'aient pu s'entendre sur cette question délicate, car