‹ Vincent de GournayChapitre 85 sur 90 · Ils avaient été ensemble à la Sorbonn · texte numérisé non relu

Ils avaient été ensemble à la Sorbonn

fautes et des crimes des révolutionnaires, que des conquêtes de la Fiévolution et trouve, ainsi qu'un autre abbé de son temps, qu'on a changé son enfant en nourrice. Jl approuve donc le 18 brumaire, accepte de l'empereur un siège au Coi'ps législatif, quoiqu'il eût été insulté grossièrement par le Journal de V Empire, et salue ensuite avec joie le retour des Bourbons.

Contradictoires ou non , Morellet relate les divers incidents de sa vie avec une sim- ])licité remarquable, sans mettre en évidence ceux de ses actes qui contrastent le plus avec le calme ordinaire de sa philosophie. Ainsi, sous le Directoire, il a (combattu la majorité des Cinq-Cents, à un moment où il était dangereux de le faire, pour défendre les familles des émigrés, et il attribue modestement son intervention, dans (;ette circonstance, à des motifs mesquins et personnels. Sa constitution était tellement solide, et son esprit si bien pondéré, que l'équilibre de ses facultés ne pouvait être troublé j)ar des causes extérieures; pourvu qu'il eût des moyens d'existence, d'aimables relations, une bonne bibliothèque, la faculté de tra-

vailler à ses heures et de se dislraire, en collectionnant les portraits gravés des hommes <'élèbres, le reste lui importait peu. Son attilude favorite était, paraît-il, de se serrer les < ôtes avec les deux mains fourrées sous son habit. ()ueh|u\iii ayalit remarqué cette contenance, dit au baron d'Holbach : « Je crois que Fabbé a froid. — Non, répliqua le baron, il veut être plus près de soi\ »

Avec un tel caractère, ^lorellet fut un homme heureux. « Si j'avais ]3u croire à ce que chacun appelle son étoile, dit-il luimême, je m'en serais donné une telle que la mienne. J'ai eu sans doute mes soucis, mes malheurs..., mais je dois au moins reconnaître que mes maux ont été compensés par le bonheur inestimable que j'ai eu d'être toujours libre..., d'avoir été toute ma vie un pai-ticulier obscur, n'ayant h répondre à personne, à dépendre de personne; enfin de n'avoir jamais subi d'entraves dans mes études littéraires..., de m'être soustrait à la servitude d'une tâche commandée pour un temps fixe, aussi libre, aussi indépendant

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