‹ Vingt années de missions dans le nord-ouest de l'Amérique [microforme]Chapitre 18 sur 36 · VINGT ANNÉKS DE MISSIONS · texte numérisé non relu

VINGT ANNÉKS DE MISSIONS

cette honorable règle. Après avoir déclaré aux Missionnaires qu'il ne les recevrait pas dans son district,il avait défendu à ses sous-officiers de leur accorder l'hospitalité. Celui en charge au fort Résolution se voyait dans la triste alternative ou de désobéir à son supérieur, ou de faire des grossièretés au Père qui arrivait ; sa position était connue dans son établissement, c'est ce qui explique l'espèce de torpeur dans laquelle se trouvaient tous les ens du fort. La difficulté fut bientôt levée. L'Evêque e Saint-Boniface, qui connaissait les dispositions hostiles de M. J. A. avait obtenu des lettres de recommandation du gouverneur général ; le P. Faraud, porteur de ces lettres,les présenta à celui auquel elles imposaient l'obligation de lui accorder l'hospitalité. Le mauvais vouloir du chef fut amplement compensé par les ordres du maître, et ce nuage, qui semblait d’abord gros d'orage, contribua aux succès de la Mission. Tout le monde voulut faire oublier cette circonstance ; l'accueil Ha d'autant plus cordial, qu'il vait menacé d’être plus roid.

Le P, Faraud se mit de suite à l'œuvre et commença sa Mission, qui lui procura les plus douces et les plus abondantes consolations. Les pauvres Indiens furent admirables. Un zèle ardent et un courage héroïque caractérisèrent tous leurs rapports avec l’'envoyé de la bonne nouvelle. Le P. Faraud passa trois mois à la Mission du grand lac des Esclaves, qu'il confia à la protection de l’humble époux de Marie. La Mission de Saint- Joseph fut établie sur l’île de l'Orignal, tout près du fort Résolution.

L'avidité des sauvages absorbaiït tous les instants du Missionnaire, qui, à force de courage, sut pourtant se ménager quelques instants pour assurer à cette importante Mission un caractère de stabilité plus grand qu'une simple visite. Il entreprit et effectua la construction d'une maison où pourraient de suite se loger ceux qui viendraient continuer son œuvre.

Nos Pères de Saint-Joseph, comme ceux dela Nativité, habitent encore la maison construite par les mains aux quelles la Providence vient de confier la houlette pastorale de cet immense district. La main qui les bénit est celle qui les a logés.

Par le départ du P. Faraud, le P. Grandin était resté

er

mp 44

sionavait alité.

is la vu de ition lique 8 les êque Lie manrteur aient vais rdres gros it le ueil plus

ença plus rent ique v la Misotecaintdu

s du t se por- ‘une tion

qui

vité, aux pasénit

esté

seul prêtre à Athabaskaw. Vives et nombreuses furent les inquiétudes de ce jeune Père, qui, arrivé seulement depuis sept mois, se trouva chargé de cet important établissement. Généreusement secondé par le courageux Frère Alexis, le P. Grandin eut la satisfaction de voir toutes ses craintes et ses inquiétudes se dissiper, ou mieux se changer en fruits abondants de consolations que lui firent goûter les heureuses dispositions des sauvages avides de l'entendre, sans même bien le comprendre, et heureux de lui rendre l'affection qui l’animait à leur égard. La Mission ne souffrit pas ; tout au contraire, le bien s’y continua heureusement.

A la fin de juin, le P. Grollier, après les succès de son ministèr- à Notre-Dame des Sept-Douleur:, en revenait pour jouir du bonheur de revoir ses frères, après un long hiver d'isolement.

Au commencement du même mois, M. Laflèche quittait définitivement le diocèse de Saint-Boniface. Depuis cette époque, le palais épiscopal a été exclusivement la demeure des Oblats ; eux seuls ont eu le soin de la paroisse de Saint-Boniface, dont notre palais épiscopal n’est que la maison curiale.

Inutile de répéter ici ce que nous avons déjà dit de l'excellent M. Laflèche. Nous pouvons cependant ajouter que tous ses actes ont été marqués au coin d’une exquise délicatesse à l'égard des membres de la Congrégation. Tout le temps qu'il a passé avec eux, il s’est étudié à s’effacer pour leur laisser aux yeux du monde, le mérite de ce qu'il faisait lui-même. Bien vu et aimé de tous, il n’a rien négligé pour faire rejaillir cette affection sur ceux qu’il appelait ses frères, et qu'il a toujours traités comme tels.

Pendant que l’un des vicaires généraux de l’évêque de Saint-Boniface allait redemander à sa terre natale une santé épuisée par douze années d’un généreux devouement, l’évêque lui-même disait adieu au P. Végreville et au Fr. Dubé, qu'il laissait à l’Ile-à-la-Crosse, pour aller revoir les autres Pères du Vicariat et passer ensuite en Canada puis en Europe, afin d'y poursuivre l’exécution d’ur projet qui semblait devoir contribuer puissamment à la gloire de Dieu et à l'avantage de la Congrégation.

Le Vicaire se dirigea d’abord vers le lac la Biche.

Page 1