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Nous avons laissé le P. Moulin à Carlton, à la fin de 1861 : nous l'y retrouvons au commencement de cette année. Il n’y est pas tout à fait content. Le bruit des violons, les pas cadencés des danseurs,qui trouvent bon de célébrer ainsi le retour de l’année, lui disent qne ce fort est encore ce qu’étaient naguère tous les établissements du même genre, dans toute l'étendue du pays ; qu'il lui faut, à lui aussi, batailler pour faire comprendre à ses ouailles que c’est à Dieu qu'appartiennent les prémices des années qu'il ne nous donne que pour le servir. :
En février, le P. Moulin arrivait à l'Ile-à-la-Crosse pour demander au P. Faraud, ce vieil habitué de l'isolement, comment il s'était porté depuis le mois d'octobre. Voyant que les choses n’allaient pas si mal, même en son absence, notre bon petit Père redemanda à ses jambes un nouveau service : c'était de le conduire au portage de la Loche, pour y consacrer son printemps à l'instruction des sauvages de ce poste ; puis, revenant aider le P. Faraud, à l’époque des grandes réunions des Indiens, il en prit ensuite congé encore une fois pour aller au lac Froid et accompagner jusque dans les plaines de la Siskatchewan la bande des Montagnais, à laquelle il voulait donner son été.
Les jours les plus saints ne dispensent point des courses apostoliques ; car nous sommes, ici, si peu maîtres des circonstances, qu’il nous faut nécessairement les subir, afin de les utiliser. C’est ce qui explique pourquoi le P. Séguin partait le Samedi saint pour un long voyage. Il se rendait à Peel’s River, Mission du Saint- Nom de Marie. Dieu réservait à ce fidèle serviteur de bien douces consolations. La présence du ministre, qui croyait y aVoir triomphé l’année précédente, ne fit que rendre plus sens'hle le succès de la vraie foi. Le P. Séguin fut bien récompensé, bien encouragé ; il continua même son voyage jusqu’au poste suivant (maison de la Pierre ou de la Montagne), où il arriva le 11 juin, et qu’il confia à saint Barnabé,
Le compagnon de saint Paul (St Barnabé), qui certainement n'avait jamais voyagé avec un ministre de l'Eglise d'Angleterre, fut tout surpris de se trouver, cette fois, face à face avec un de ces messieurs qui accompagnait le P. Séguin ; aussi il lui laissa faire un peu des siennes pour voir comment il y allait en besogne. Si le Révérend souffrit de la non-protection des Saints, il est rumeur qu’il ne les imita pas, et qu'à la maison de la Montagne, il fit des choses toutes différentes de ce que ces Actes des Apôtres rapportent des premiers prédicateurs de l'Evangile. Quelques-uns furent cependant victimes de la fausse doctrine du Révérend, quoique le gens nombre écoutàt docilement le prêtre catholique.
e ministre poussa jusqu'à Youcon. Le P. Séguin revint à Peel’s River, où il revit son antagoniste, avec lequel il romplit une lance, bien sûr assez forte et assez longue. Le 2 août, il était de retour pour consoler le P. Grollier. Ce dernier, pendant l'absence de son compagnon, avait encore tenté un voyage ; mais à bout de forces, quoique non déouragé, il fut contraint de revenir à Notre-Da me de Bonne-Espérance.
On le voit assez, l'heureuse époque des doublures, si joyeusement soluée autrefois, n'existait plus. Le Pere Gascon était seul au fort de Liard, depuis le mois de septembre. Pour donner cours à son zèle, encore plus que pour faire diversion à la monotonie de son isolement, il partait, le 4 avril, pour le fort Halket. Le torrent impétueux, «appelé la rivière du Courant, fort dompté par les rigueurs du froid, offrait moins de résistance à la raquette qu’il n’en avait opposé l'automne précédent à une frêle embarcation ; aussi, cette fois, le P. Gascon put atteindre le terme désiré.
Le jeûne retenait dispersés dans les montagnes le plus grand nombre des sauvages qui, d'ordinaire, visitent ce poste ; aussi le Missionnaire n’en vit-il que quelques-uns ; ceux-ci se montrèrent si bien disposés, que leur apôtre eut tout lieu dese féliciter des dangers qu’il avait courus, des fatigues qu’il avait essuyées pour leur salut. Il confia ce poste aux saints Anges, qui, encore plus agiles que lui, pourraient escalader les pics élancés des montagnes au milieu desquelles vit cette pauvre
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tribu ; il reprit ensuite le chemin du fort de Liard, et arriva le 24 mai. Malheureusement, pendant son absence, l'esprit mauvais et des bouches mauvaises avaient soufflé au cœur des pauvres sauvages des dispositions moins heureuses que celles désirées par leur Missionnaire, qui, après avoit souffert avec eux et prié pour eux, retourna au grand lac des Esclaves, où il travailla à se refaire, pendant quelque temps, avec son ancien maître en perfection.
La rivière Mackenzie n'était pas le seul théâtre de luttes difficiles, d'efforts généreux ; nous venons de voir u’à Athabaskaw, à l’Ile-à-la-Crosse, nos Pères étaient ignes de leurs frères. Au lac Caribou, même zèle, même dévouement ; là, aussi, le protestantisme veut entraver la marche du bien ; nos Pères s’y agitent, s'y multiplient pour asseoir leur établissement sur des bases solides et empêcher ce qui peut devenir préjudiciable à leurs pauvres sauvages.
Ils ont, de plus, à lutter contre un autre ennemi non moins redoutable, la faim. A la veille de manquer de tout, n’entendant parler que de jeûne et de famine, ils voient, un jour, arriver un affamé qui n'était pas, du
moins dans son œuvre, l’objet de toutes leurs sympathies. (C'était un certain maître d'école, envoyé au lac la Hache pour empêcher les sauvages de devenir catholiques. Cet infortuné, à bout de tout, arrivait au fort, à la porte de la Mission de Saint-Pierre, n'ayant pas mangé une bouchée depuis trois jours. Jamais peutêtre nos Pères, vrais pasteurs des sauvages, n’ont trouvé
lus vrai le proverbe qui dit que “ la faim fait sortir LÉ loups du bois. ” Le P. Végreville décida que, pour empêcher le mal, il accompagnerait ce pédagogue jusqu'à l'extrémité septentrionale du grand Lac, puis qu’il irait voir les sauvages au portage du fort de Traite ; qu'enfin pendant l'été, il se rendrait à l’Ile-à-la-Crosse pour se procurer les objets nécessaires à sa mission. Le tout fut exécuté tel que réglé, pendant que le pauvre petit P. Grasté, qui n'avait pas encore un an de profession, restait et travaillait seul à Saint-Pierre.
Le P Tissot alla encore cette année au fort Pitt, et le P. Maisonneuve, suivant une invitation qu'il en avait
reçue, prenait le chemin de la Rivière-Rouge, ce que faisait aussi le P. Lacombe, après s'être généreusement employé avec ses confrères, les PP. Rémas et Caër, au soin de leurs trois Missions et de leurs nombreux chrétiens dispersés dans les plaines avoisinantes.
Mgr Taché. repassant en France, avait obtenu l’assurance de queique secours ; en effet, quelque temps après son arrivée en Canada, il eut la consolation d’être rejoint, à Montr.al, par le P. Petitot, les Fr. Scallen et Duffy.
L'évêque de Montréal, toujours l'ami et le protecteur
de nos Mastont eut aussi la générosité de céder deux
de ses prêtres, MM. Ritchot et Germain, à l’évêque de
Saint-Boniface. De plus, les bonnes Sœurs de la Cha-
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Au commencement du mois de mai, l’évêque de la Rivière-Rouge ordonnait prêtre, à Boucherville, M. Emile Grouard, jeune ecclésiastique, venu du Mans, deux ans auparavant, avec Mgr Grandin, et qui avait terminé ses études RIqUe au grand séminaire de
Québec. Le lendemain, le P. Petitot, M. Grouard et le Fr. Scallen partaient de Montréal avec leur évêque. Trois semaines après, ils arrivaient heureusement à Saint-Boniface.
Quelques jours après, les PP. Maisonneuve et Lacombe se joignaient à leurs frères de la Rivière-Rouge pour augmenter la joie d’une nombreuse réunion de famille.
Le 7 iuin, MM. Joseph Ritchot et Auspice Germain, ainsi que le Fr. Duffy, débarquaient au milieu des décombres amoncelés par l'incendie de la cathédrale et de l'évêché, pour arriver à cette bicoque qui servait de résidence à l’Evêque, à ses frères en religion, et à son clergé. En même temps, les dévouées Sœurs de la Charité, venues pour aller fonder un établissement au lac la Biche, p-ssaient du bateau à vapeur à la maison provinciale de ieur institut.
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Le même soir, M. Grouard prenait l’habit de novice, et le lendemain, grand jour de la Pentecôte, il montait avec le P. Petitot, sur les barques qui devaient les conduire là où le Saint-Esprit les voulait, pour renouveler les prodiges qui ont marqué le jour de sa descente dans le cœur des Apôtres. Les disciples du cénacle n'étaient pas seuls sur ces barques, un ministre anglican y avait aussi pris passage pour la rivière Mackenzie,
Le dimanche précédent, une bien vive inquiétude avait été causée à Saint-Boniface par la triste nouvelle que le P. Mestre, seul à Saint-Norbert, venait d'être frappé d’une maladie violente et dangereuse. Monseigneur et le P. Lacombe se hâtèrent de se rendre auprès du malade, sans connaissance depuis plusieurs heures déjà, et qui ne revint à lui que le lendemain. Comme cette attaque n'était pas la première et qu'elle menaçait même de se renouveler, on crut plus prudent de rappeler le P. Mestre au milieu de ses confrères de l'Evêché. Il fut remplacé par M. Ritchot, nouveilement arrivé du Canada, et qui est resté à Saint-Norbert depuis. Cette paroisse cessa alors d’être dirigée par nos Pères, mais nous goûtons tous les jours le plaisir de pouvoir dire qu’un ami de la famille y a remplacé un de ses enfants, car le bon curé de Saint-Norbert joint à ses nombreuses et heureuses qualités ce sentiment fraternel qui établit entre lui et nos Pères un lien d’une véritable et douce amitié.
C’est aussi au mois de juin que le P. André accompagna à la prairie les chasseurs de Saint-Joseph. L'isolement donnait des droits à ce jovial et bon Breton. C’est pour reconnaître ces droits qu’au mois de janvier le P. Lestanc, à peine de retour du fort Alexandre, prenait le chemin de Saint-Joseph, où il n’arriva qu'après avoir sauvé son existence en passant une nuit sous la neige, pour se dérober aux dangers de la tempête. Quand le P. André fut revenu de la prairie, Monseigneur alla aussi lui faire visite, amenant avec lui M. Germain, qu'il lui laissa pour 1mpagnon.
Après quelques semaines de repos, ?, Maisonneuve reprit le chemin du lac la Biche en :ompagnie des
Sœurs de la Charité, qui y allaient joindre leurs efforts et leur dévouement au zèle de nos Pères pour le bonheur de leurs néophytes.
Le P. Lacombe partait en même temps, accompagné du Fr. Scallen, qui recevait, lui, pour mission spéciale, d'ouvrir une école anglaise au fort Edmonton. (Cette école, maintenue depuis, fait d'autant plus de bien que le bon Frère sait assurer un succès complet à son enseignement.
Avant de laisser Saint-Boniface, disons que c’est le P. Lestanc qui fut chargé de la direction de notre petit collège et de l'enseignement de la Le dr: française, pendant que le Fr. Duffy y remplagçait M. Oram, forcé de laisser le diocèse par suite de ses infirmités.
Le P, Simonet, chargé de sillonner les eaux du lac Manitoba et Winipagons, choisit la baie des Canards pour ses quartiers d'hiver. Il s’y rendit suivi d’un bon nombre de personnes qui lui construisirent une petite chapelle, où il leur prodigua et les instructions et le dévouement le plus complet.
En retournant dans le nord, nous verrons que le Fr.
Salasse est passé de Notre-Dame des Victoires à notre Mission de l’Ile-à-la-Crosse.
Revenons auprès de Mgr Grandin, que nous avons laissé au grand lac des Esclaves au mois de juin. Les sauvages de ce poste, accourus en grand nombre, firent preuve d’un attachement à la fois bien capable de dédommager Sa Grandeur et leurs Missionnaires des fatigues auxquelles ils s'étaient exposés pour eux. Plein de joie et de consolation, Mgr de Satala laissa le grand lac des Esclaves le ler juillet. Dès le lendsmain, le P. Gascon vole le Fr. Boisramé au P. Eynard, que des ordres précis veulent qu'on laisse seul, et les deux déserteurs s’en vont à la Providence commencer les travaux de l'établissement central projeté, établissement qui n’a encore d’épiscopal que le choix qu'on en a fait pour être, plus tard, la nt de l’Evêque de cet :mportant Vicariat.
Pendant que le P. Gascon descendait le grand fleuve,
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Mgr Grandin le remontait pour arriver à Athabaskaw, où l’attendaient les plus vives inquiétudes. Le bon P. Clut, seul depuis un an, faillit mourir de bonheur ou d'autre chose en revoyant sa Grandeur, qui eut toutes les peines du monde à le retenir ici-bas, en suppliant tous les saints du ciel de lui fermer la porte de la terre es délices, afin de lui faire passer la fantaisie de quitter la terre des misères.
Mgr de Satala était à dire la sainte Messe, pour remercier le ciel de ne lui avoir pas demandé autres choses que la frayeur et les fatigues, dans le danger auquel le P. Olut avait été exposé, lorsque entrent dans la chapelle de la Nativité les PP. Petitot et Grouard ; tous deux s’affublent de surplis qu'ils trouvent sous la main, et viennent au saint autel assister Sa Grandeur, qui d t en éprouver une fameuse et aimable distraction. Le P. Olut était hors de danger ; pour le soutenir au milieu des faiblesses de sa convalescence, on lui laissa une doublure chaude et moelleuse dans la personne de l’aimable petit novice qu'on confia à sa direction.
Monseigneur abandonna de nouveau sa barque à la complaisance du courant, et, accompagné du P. Petitot, il quitta Athabaskaw. En passant au grand lac des Esclaves, les deux voyageurs saluèrent affectueusement le bon P. Eynard, qu'ils laissèrent aussitôt, et se rendirent à la Providence. Le P. Petitot débarqua à cette dernière place, échangeant avec le P. Gascon, qui interrompit subitement ses fonctions de bûcheron et de charpentier pour se procurer l’honneur d'accompagner Monseigneur jusqu'au fort Simpson ; ils y travaillèrent ensemble, LA que les deux ministres (celui venu cette année et l’impitoyable petit bonhomme qui l'avait précédé) regardaient les sauvages s'attacher aux ministres de Jésus-Christ.
Ayant appris que le nouveau prédicant irait à Youcon, le P. Séguin, qui avait demandé cette faveur, reçut l’ordre de s’y rendre, ce qu'il fit, nonobstant les difficultés exceptionnelles de ce voyage. (Craignant que l’autre ministre n’allât au fort de Liard, le P. Grascon, malgré les désagréments que les sauvages lui avaient
causés le printemps précédent, sollicita la grâce d'y aller de nouveau. Le ministre ne }’y suivit pas, et Dieu, pour réco upenser le zèle du courageux) Oblat, bénit sa mission, Qui, cette fois, fut très prospère et le dédommagea de ses fatigues présentes, ainsi que de ses déboires antérieurs.
Le P. Gascon, revenu du fort de Liard au fort Simpson, en partait le 80 septembre pour se rendre auprès du P. Grollier, à Good-Hope. Sous nos rigoureux climats, cette époque est déjà quelquefois la saison pénible pour les voyages; aussi Eh P. Gascon, surpris par les glaces, n’arriva que très difficilement à iNotre- Dame de Bonne- Espérance.
Mgr Grandin, heureux du succès de la bonne cause à la Mission du Sacré-Cœur-de-Jésus, en partit à la fin d'août, pour aller rejoindre le P. Petitot et le Fr. Boisram: à la Providence, et commencer là es travail colossal qu'il a rempli ; travail qui ne donme pas les consolations qui acc'mpagnent le ministère-apostolique, mais yv£ ic circonstances exigent quelqueïois, et qui, exécuté comme il le fat par Mgr Grandin, et comme il l’est habiiaellement par plusieurs de nos Pères, est certainement un titre de gloire et un sujet de mérite.
Pendant que les Missionnaires travaillaient ainsi à se préparer un gîte, on m'oubliait pas les absents. Le P. Petitot alla à la Mission de Saint-Joseph consoler un peu le P. Eynard. Il était de retour le 4 octobre. De suite, Mgr de Satala partait pour la Gosse-Ile, d'où, malgré toute la diligence possible, il eut beaucozp de difficulté à revenir. Le vémérable prélat courut même de grands dangers, les glaces ayant fait plusiears voies d’eau à sa frêle embarcation d'écorce.
La Providence avait ses habitations ; ce n'étaient que des cabanes, mais enfin on avait quelque chose ; c'était une prise de ws:session et le seul titre valable dans le pays. L'hiver, amec ses rigueurs et ses interminabies nuits, permettait am peu plus d'étude, un peu plus de cette vie régulière dont pessonre plus que le Missionnaire sauvage ne sent le besuin, parce que persoune autant que lui n'en est privé.
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Au mois de décembre, le P. Petitot et le Fr. Poisramé arpentaient la surfase glacée de lamner des Belaves Vs s'en allaient porter la consolation au bon P. Eynard et lui dire que, si on était forcé de le laisser seul, du inoins on ne l'oubliait pas; que son isole Wient n'avait d'autre cause que le désir de l’environner au ciel, lui et ses frères, d’un plus grand nombre d’âmes, rendues participantes, par cet isolement même, aux mérites de la rédemption du Sauveur des hommes.
Trente-trois Oblats et un Père novice formaient, à la fin de cette année, le petit corps d'élite que la Congrégation avait m’s au service de l'église dans les deux se.ions du diocèse de Saint-Boniface,
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Nous disons les deux sectious du diocèse de Saint- Boniface, car c’est pendant cette année qui vient de s'écouler que le Souverain-Pontife avait bien voulu accueillir favorablement la supplique que lui avaient adressée tous les Evéques de la province de Québec, demandant la division du diocèse de Saint-Boniface. Le 13 mai 1862, les iuportants et vastes districts d’Àthabaskaw et de la rivière Mickenzie avaient été soustraits à la juridiction de Mgr Taché et érigés en Vicariat apostolique,confié à la sollicitude de Mgr Faraud nommé Vicaire apostolique, avec le titre d’Evèque d’ Anemour in partibus infidelium. Cette détermination, si féconde en heureux résultats, ne fut connue officiellement de Mgr Faraud qu'au mois de juillet 1868.
Enumérons les événements d’une importance moindre qui se mulitipliaient dans toute l’éteudue de nos Missions pour y développer l'œuvre commencée et y étendre le royaume de Jésus-Christ.
Le 22 janvier, le P. Petitot et le Fr. Boisramé étaient de retour de leur expédition consolatrice auprès du solitaire de Saint- Joseph. Le cher P. Eynard vit partir ses confrères à regret ; il se résigna pourtant d'autant plus volontiers qu'il sav ait que, pour lui procurer cette satisfaction, l’'Evéque de Satala, écrasé de PEatail était resté seuil à la Providence ; aussi ce bon seigneur fut-il très heureux de voir arriver ses compagnons
Le plaisir d'être ensemble ne devait pas durer longtemps. Le 19 mars, le P. Petitot retournait auprès du P. À yuard pour se charger de sa Mission et lui donner la facilite d'aller au fort Raë, En effet, le 15 avril, de nouveaux adieux isolaient les deux confrères. Le P. Petitot, à son tour, devenait snlitaire, et le P. Eynard redevenait voyageur sur les glaces du Grand Lac. Ce dernier, après la mission donr.ée à Saint-Michel, revenoit égayer le P. Putitot ; ruis, en juillet, il se rendait à Ja Providence, où le zéle Provicaire était seul.
La maladie avait privé Mgr Grandin de son seul com-
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