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mieux dans ses couvertures avec son petit compagnon qui pleurait et ses chiens qui hurlaient de froid. Il attendit là la fin de ses jours, ou le miracle qui devait les prolonger.
Dieu nous épargna la douleur que nous eût causée la perte de notre si digne et si aimé coadjuteur. Les froides horreurs de cette uffreuse position se prolongèrent pendant les longues heures de la nuit : mais Dieu avait conservé les siens, et quand l'aurore commenç& à poindre, Mgr de Satala reconnut sa position. Il était qu'à une petite distance de la Mission, où l’on souffrait tant de le savoir en danger sans pouvoir lui porter secours. L'espoir de salut surexcita le courage de Monseigneur et de son jeune compagnon ; ils déployèrent le peu de forces qui leur restaient,et se remirent en route. À peine avaient-ils marché quelques instants qu’ils rencontrèrent les employés de la Mission qui étaient envoyés à leur re’herche. (Ces derniers avaient &ppris, le soir, que, Monseigneur, n'étant pas «rrivé au fort avec les autres voyageurs, devait s'être égaré. Ils comprirent toute l’imminence du danger et attendaient avec la plus vive anxiété les premières lueurs du crépuscule pour commencer une recherche qui eût été pour eux un danger inutile au milieu de l'obscurité d'une nuit de poudrerie. Les pieds de Sa Grandeur commencaient à se geler, les efforts d’une marche pénible y ramenèrent la chaleur, et, sans autres conséquences désastreuses que de cruelles apçoisses, Mgr Grandin entrait dans la chapelle de la Missicn. fl s'agenouilla au pied de l'autel où le P. Petitot offrait pour lui le saint sacrifice, ne sachant pas s’il devait prier pour le repos de son âme ou pour la conservation de sa vie mortelle.
Avouors que si, l’année précédente, l’arrivée iuattendue des PP. Petitot et Grouard avait causé à Mgr Grandin une distraction dans la chapelle de la Nativité, l'arrivée si désirée de Sa Grandeur dut causer cette fois au P. Petitot une distraction encore plus grande et plus agréable.
Le dernier décembre, par le froid le plus rigoureux de l'hiver, le P. Lestanc, en route pour le fort Alexandre, passait tout le jour et presque toute La nuit sur le lac Winipeg, en carriole à chiens,exposé tout le temps
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à un vent de nord violent qui lui soufllait le froid à la figure. Ce n’est qu'à deux heures du matin qu'il arrivait au fort.
En parlant des vains efforts des éléments déchaînés pour étouffer la vie de nos Missionnaires, en relisant toute l'histoire de notre chère Congrégation, depuis vingt-deux ans que ses membres ont mis, pour la première fois, le pied sur le sol de l'Amérique britannique, on serait tenté de croire que le vent qui y souflle avec tant de rigueur est un vent d'immortalité ; que la terre qu'on y habite, dont une partie est constamment glacée à une grande profondeur, ne veut pas entrouvrir son sein pour recevoir les nôtres. Oui, on aurait pu croire à une espèce d'impossibilité pour les Oblats de mourir ici, si cette douce illusion n'avait pas été dissipée par l’accident tragique qui a plongé la province du Canada et toute la Congrégation dans un deuil profond, au mois d'août dernier. |
La mort du si digne et si regretté P. Vincens est venue écrire une page de deuil dans les annales de nos Missions sur le continent du nouveau monde. Cette Catastrophe inattendue ne se rattache sans doute pas directement à l’histoire particulière de nos Missions de la Rivière-Rouge ; néanmoins, notre cœur re veut pas nous permettre de la passer sous silence. Nous le pouvons d'autant moins que Dieu, qui nous afligea si profondément alors, voulut bien nous consoler depuis, en raitachant à ce cruel événement un autre fait qui en est comme la compensation. La visite du R, P. Vincens n’était point terminée lorsque la mort le surprit ; il fallait compiéter cette hnportante Mission ; c’est pourquoi, à la fin de décembre, un autre membre du Conseil général, le R. P. Vandenberghe, arrivait au Canada pour mettre la dernière main à la visite de cette province, et, par l'extensicn de cette visite jusqu’à nous, inaugurer pour le Vicariat de la Mission de la Rivière-Rouge, la cinquième période de son histoire.
Aussitôt que le Vicaire de nos Missions de la Rivière- Rouge apprit que le rév. P. Vandenberghe était en Amérique, il lui écrivit pour le conjurer de se rendre jusque dans ces Mis:ici. Le Rév. P. Visiteur ayant ordre . de pousser jusqu’au diocèse de Saint-Boniface, l’acceptation de l'invitation de ses frères de la Rivière-Rouge devenait une obligation que son cœur généreux accepta volontiers. Toutes les mesures étant prises pour atténuer, autant que possible à cette époque de l’année, les difficultés du voyage à travers le désert, le Rév. P. Vandenberghe partit du Canada, à la fin d'avril, en compagnie d’une nombreuse escouade de Sœurs de la Charité, que la Provinciale de leur maison de Saint- Boniface avait recrutée à leur maison-mère de Montréal, à la suite du chapitre général auquel elle avait assisté.
C'est le 22 mai que les Oblats de la Rivière-Rouge avaient le bonheur de recevoir au milieu d'eux je digne réprésentant de leur révérendissime et bien aimé Supérieur général. Il nous serait difficile d’exprimer la joie qui animait nos cœurs à tous. L'arrivée du Rév. P. Visiteur nous mettait tout à fait en famille, À plus de denx mille lieues du centre de la Congrégation, un abîme, au moins de distance, semblait toujours exister entre nos supérieurs et nous ; entre la tête de la Congrégation et nous ses membres, sinon les plus éloignés, du moins les plus isolés.
Outre Taclement fraternel, que la plupart d’entre nous ont supporté si souvent et pendant si longtemps, il y a l’isolement filial que nous subissons tous. Prsoccupés de nous-mêmes comme le sont toujours, plus où moins, tous les égoistes fils d'Adam : prérccupés de nos œuvres, parce que c'est une partie de ro us-mêmes, nous äious figurions facilement n'être point compris, et nos œuvres nous semblaient: être point appr'ciées, dn moins au point de vue où |. ‘approchement nous les
fait voir. Membres de la famille, non seulerrent par notre profession religieuse, mais bien eussi par l4 vive affection que nos cœurs ressentent pour elle, nous voyions, ce semble, un ieln nouveau se former et resserrer cet attachement si jnste et si sincère par la visite du Rév. P. Visiteur.
Merci, mon révérendissime et bien cher Père, merci d'avoir pensé à nous dans notre isolement ; merci, dans l'impossibilité où vous étiez de nous procurer le bonheur de vous voir vous-même, de vous être fait représenter auprès de nous, et d’avoir choisi à cet effet le si digve et si vertueux P. Vandenberghe.
Que ce bon Père accepte aussi publiquement l’expression de notre reconnaissance pour les moments de vrai bonheur et de si douce consolation que sou arrivée au milieu de nous assurait à tous.
Pour nous personnellement, qui n'avons pour ainsi dire connu de la vie de communauté que celle nécessairement exceptionnelle que nous menons ici, notre joie était peut-être plus vive que celle de tous les autres. Animé d’un vif désir du bien, d’un vif désir de rendre nos frères heureux, nous sentons, à chaque instant, tout ce qui manque pour arriver à ce double but, la fin de toutes nos pensées, la source des plus ardents battements de notre cœur. Nous allions donc trouver, dans celui qui nous arrivait, ce après quoi nous soupirions depuis la fondation de nos Missions.
Le Rév. P. Visiteur, tout imprégné de l'esprit de la famille, aidé de la connaissance des personnes, des lieux, des œuvres, des besoins, allait nous indiquer sûrement la voie véritable. Notre faiblesse allait trouver où s'appuyer, nos doutes un juste éclaircissement, les légitimes aspirations de notre cœur, l'élément qui devait les nourrir et les développer. Puis une amitié de vieille date promettait de joindre à tous ces avantages une satisfaction à laquelle nous ne saurions être indifférent. Aussi, nous goutâmes une joie abondante, et c'est dans toute la sincérité de notre âme qu’en entrant dans notre cathédrale, avec le Rév. P. Visiteur, nous nous écriâmes : Te Deurs laudamus.
l’'Evêque de Saint-Boniface était aussi heureux que le Vicaire de nos Missions ; il savait combien cette visite serait profitable à son diocèse et pour témoigner
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au Rév. P. Visiteur de son profond respect et de son entière confiance, il lui remit, de suite, des lettres de Vicaire Général.
Le Rév. P. Visiteur voulut bien s'étonner de voir quelle est la position des Missionnaires catholiques de la petite colonie d’Assiniboia. L’ascendant qu'ils y exercent le frappa surtout ; la population catholique, malgré ses défauts, lui parut avec raison animée d’une foi vive et d’un bien bon esprit ; puis la position physique et matérielle le surprit aussi. La cathédrale, sortie à peine de ses ruines, et non encore achevée, l’étonna par la régularité de ses lignes, l'élégance de ses formes et la solidité de sa construction. Le couvent et le collège lui parurent des édifices raisonnablement en proportion avec l’œuvre religieuse et civilisatrice qu’ils sont chargés de développer et de conduire à bonne fin. L'évêché, dont les travaux s'élevaient à peine au-dessus du sol, dessinait déjà les proportions du noble édifice, qui avait été entrepris pour offrir un séjour commode à ceux de nos Pères que l’Evêque est heureux d’avoir habituellement auprès de lui et aussi un lieu de refuge pour ceux des nôtres qui pourraient avoir besoin de faire diversion aux fatigues exceptionnelles de la vie de Missionnaire chez les sauvages. En un mot, notre aimable Visiteur voulut bien nous faire le compliment qu'il ne s'attendait pas à si bien. Nous avions donc la consolation d’être plus rivilisés qu'on ne nous avait crus.
Qu'on nous pardonne cette naïveté, c’est bien un peu ce que nous pensions nous-mêmes. Nous étions heureux de voir cette conviction partagée par celui dont l'opinion nous était, à si juste titre, d’un grand poids.
Tous les Pères de la colonie et des environs se réunirent pour saluer l’heureuse arrivée du Rév. P. Visiteur. Notre clergé séculier, peu nombreux, mais si dévoué, comprit notre juste joie et vint la partager en offrant ses respects à celui qu’il $tait heureux de connaître. Quinze jours d’une véritable jouissance mar-
uèrent le séjour du Rév. P. Vandenberghe à Saint- Ponifae.
On comprend facilement que les merveilles de notre localité ne peuvent pas captiver l’atteiticn bien longtemps. Aussi, pour empêcher que le dése1 ‘iantement
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n’enlève au Père Visiteur les favorables impressions de son arrivée, hâtons-nous de lui faire part de ce qui, nécessairement, fera sur son esprit une impression bien forte ; hâtons-nous de lui raconter ce qu'ont fait nos zélés Missionnaires depuis le commencement de cette année, Comme à tout seigneur tout honneur, parlons d’abord de Monseigneur de Satala.
Nous avons fremi à la seule pensée du danger que ce pieux prélat avait couru en suivant l'attrait de la charité qui le portait à visiter ses frères de Saint-Joseph. Une autre épreuve l’attendait à son retour. Il s'égara encorc sur le grand lac des Esclaves. (Hélas ! pourquoi faut-il que lies infortunés Evêques du Nord soient sujets à tant d’égarements ?) Cette fois, Monseigneur n'était pas seul. Sa Grandeur était bien accompagnée et en vue du rivage, en sorte qu'on y campait et y faisait âu feu au besoin. La position, pour être moirs pénible et moins dangereuse que la première fois, n’était pourtant pas des plus agréables. Le givre était si épais qu'il confondait toute la plage et tous les points de vue en une indéfinissable uniformité, qui mit en défaut l’habileté pourtant si grande de nos sauvages et de nos métis. Les provisions s’épuisaient ; déjà Sa Grandeur et ses compagnons en étaient réduits à l’extrémité de tuer un de leurs maigres chiens de charge pour se nourrir, lorsque Monseigneur lui-même, après plusieurs jours d’égarement, en contredisant ses guides, parvint à trouver quelque trace et à s'orienter. Comme dans presque toutes les épreuves de la vie, la joie succéda à la peine. L'année était renouvelée, et les glaces du grand lac avaient seules offert leurs souhaits à Mgr Grandin.
Nous avons vu le P. Lestanc arriver au fort Alexandre tout transi de froid. Les calorifères du fort le réchautferent pendant que son zèle s’efforçait d'en embraser tous les habitants du feu sacré de la divine charité.
Le P. André avait besoin de tout l'éclat de son importante mission pour faire diversion à la rigueur de la saison, à la recherche des chefs Sioux. Ses efforts et son influence auraient eu un plein succès, pour pacifier lu masse de cette nation, si l’indigne trahison de quelques subalternes de l’armée américaine n’avait pas mis
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des obstacles insurmontables aux efforts de notre cher confrère. (Celui-ci en fut quitte pour ses peines, ses fatigues et ses regrets ; car son cœur netint pas compte de la récompense pécuniaire assez libérale qu'il a reçue ; ce n’est pas ce qu'il recherchait. Les Sioux y gagnèrent plus d'estime pour le prêtre catholique et une haine plus invétérée pour les agents que le gouvernement des Etats-Unis emploie auprès des sauvages.
Dans le même temps, le P. Richer parcourait des camps de métis, dispersés sur différents points boisés des prairies, pour y passer l'hiver. Ces hivernements (comme on les appelle) réunissent un grand nombre de familles catholiques, qui, éloignées ainsi de tout établissement fixe, sont entièrement dépourvus de tout secours religieux. La mission du P. Richer leur vint en aide et, en général, ils surent en profiter.
À peine arrivé à Saint-Albert, le P, Caër en repaïrtait pour une visite d'hiver, au milieu des sauvages de la prairie afin d'y affermir les chrétiens, et d'y continuer la conversion des infidèles. On voit que les rigueurs de l'hiver éprouvent mais ne découragent pas. Comme d'autres braves, nos Missionnaires peuvent chanter : “ Qu'ils ont vu glacer leurs corps, sans refroidir leurs cœurs. ”
Le P. Simonet, venu à Saint-Boniface pour s’> joindre à ses confrères, dans les pieux exercices de la retraite annuelle, fut ensuite envoyé à Pembina pour y donner la mission aux militaires catholiques qui y étaient stationnés. Il retourna ensuite au Bout-du-Lac où il passa le reste de l’année, visitant quelquefois Saint-Boniface et le poste Manitoba.
Le P. Eynaïd prenait le frais, lui aussi, en mesurant la distance qui sépare la Mission de la Nativité, où il était, de celle de Notre-Dame des Sept-Douleurs, où il se rendit. Le trajet se faisant tout entier sur le même lac Athabaskaw, notre pieux voyageur n'avait pas, du moins, à lutter contre les difficultés d’un terrain accidenté.
Le même avantage était réservé au P. Petitot, se rendant de Saint-Joseph au fort Raë. La Mission de Saint- Raphaël ne fut pas le seul théâtre où s’exerça le zèle du Missionnaire des “ Plats Côtés de Chiens.” Ces sauvages, campés du côté du grand lac d'Ours, deman-
daient avec instances qu'on se rendit jusqu'à leur eamp. Le P. Potitot accéda volontiers à leur demande, et, certes, son voyage ne fut pas inutile, puisqu'il eut l'inappréciable consolation de baptiser trois cent dix-neuf de ces sauvages, et entendre d'environ six cents confessions.
Pendant que le P. Petitot recevait, parmi les enfants de Dieu et de l'Eglise, un si grand nombre des Indiens de la tribu des ‘ Plats Côtés de Chiens, ” les auges gardiens de ces heureux néophytes achevaient de tresser au ciel, la couronne d'immortalité destinée au premier Missionnaire de cette tribu. C’est dans un monde meilleur, où son zèle en avait déjà placé plasieurs, que le P. Grollier.-devait connaître les fruits si abondants de sanctification produits par la semence de salut qu'il avait, le premier, jetée sur ces plages arides et glacées.
Le 4 juin, la mort ouvrait, parmi nous, son funèbre catalogue pour y inscrire le nom du zélé P. Henri Grollier, qui, après douze ans d'apostolat, remettait son âme à son Créateur. Digne enfant de Marie Immaculée, il mourait de la mort des prédestinés, remplissant d’admiration et de confiance tous ceux qui furent témoins de son trépas. La gloire de Dieu avait toujours été le mobile de ses actions ; au dernier moment, elle fut encore le thème de son délire, et, bien sûr, une éternité de bonheur lui prouvera que lui aussi avait choïsi la meilleure part.
Le Rév. P. Vandenberghe était venu à la Rivière- Rouge avec la pensée de ne point aller plus loin. Nos pressantes sollicitations, appuyées sur les meilleures rxisons, lui persuadèrent que sa visite n'aurait qu’un bien faible résultat, s’il ne voyait que Saint-Boniface et ses environs, puisque ce n’est pas là que sont nos missions sauvages proprement dites.
On conçoit facilement qu’il nous en coûtait de faire au bon Père Visiteur une demande qui devait lui imposer une année entière de retard et un voyage de plusieurs mois, pendant lesquels il lui faudrait vivre de la vie du Nord, souffrir avec et comme nous. Son dévouement bien connu, la force de sa santé et son âge nous encourageaient ; c’étaient autant de raisons ajoutées aux autres, pour nous faire réjouir de ce que vous aviez bien voulu le choisir comme Visiteur. Il en est peu
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auxquels il eût été possible de demander les épreuves et les fatigues du long voyage qu'’exigerait la visite de nos Missions de l’intérieur. Le Rév. P. Vandenberghe nous édifia et nous consola beaucoup en consentant à partir pour le Nord. Il s’embarqua le 14 juin, sur les bateaux du portage à la Loche. Une Sœur de Charité et une de leurs généreuses “ filles données ” prenaient passage sur les mêmes embarcations pour l’Ile-à-la-Crosse.
Le Père André, venu à Saint-Boniface en hiver, pour la retraite, reçut au mois de mai, la visite de Mgr Taché. Après avoir salué le Rév. P. Visiteur, à la Rivière- Rouge, il partait pour Saint-Paul Minnesota, allant rendre compte à Mgr Grace de l’état des Missions de son diocèse confiées à nos soins, et rendre compte aussi, au général Sibley, de la mission de pacification qu'il lui avait confiée, au nom du gouvernement, ainsi que des causes qui avaient paralysé son action. Comme on pouvait s'y attendre, ce cher Père fut accueilli favorablement des deux autorités auxquelles il était comptable de ses actes administratifs.
Les Pères de la Siskatchewan voulurent encore agrandir le champ déjà si vaste de leurs travaux apostoliques, l’arène dans laquelle ils combattaient avec tant de courage et de succés. Le P. Rémas partit pour le petit lac des Esclaves, autrefois visité par M. Bourassa, puis par M. Lacombe, mais délaissé depuis 1855. Le voyage est long et difficile ; le zèle le fit e atreprendre avec courage. Quarante baptemes en furent un des fruits extérieurs. Ce poste fut confié à la protection de saint Bernard.
Le P. Végreville, sentant sa santé se délabrer, quitta le lac Caribou pour venir à Saint-Boniface, où il arriva au milieu de juillet, après avoir donné ses soins aux chrétiens qui se trouvaient sur son passage.
Cependant, le temps fixé pour le terme de la visite de Mgr Grandin daus le district d’Athabaskaw-Mackeazie était accompli. Ce vénérable Missionnaire laissa donc la Providence, vit, en passant, les Missions de Saint-Joseph de de la Nativité. Avant de laisser le Vicariet apostolique de Mgr Faraud, Mgr Grandin y arrêta les dispositions suivantes : le P. Clut devait rester seul avec le Frère Salasse ; le P. Eynard, qui partait d’Athabaskaw, prendrait avec lui le P. Petitot en passant à