‹ Vingt années de missions dans le nord-ouest de l'Amérique [microforme]Chapitre 31 sur 36 · VINGT ANNÉES DE JKXISSIONS · texte numérisé non relu

VINGT ANNÉES DE JKXISSIONS

“ ment des devoirs si ardus, remplis souvent au milieu “ des fatigues et des peines d'esprit et de corps.

“ J'ai nppris avec un regret sincère la mort préma- ‘“ tnrée du Rév. P. Grollier. Quelles qu'aient été ses #“ relations avec d’autres, je dois avoner que j'ai toujours “ trouvé en lui un aimable compagnon, plein de zèle “ ponr l’accomplissement de ses devoirs et un ferme “ support des intérêts de la Compagnie parmi les sau- “ vages. Tel est, au reste, le caractère général de tous “ ceux de vos Missionnaires avec lesquels j'ai eu des “ relations. Je considère l'estime et l'affection que je “ nourris pour quelques-uns de ces messieurs, comme ‘ l’un des plus chers souvenirs qui me restent de mon “ séjour dans ce pays.”

Mgr Grandin arrivait au portage à la Loche ; que l’on juge de sa surprise, de sa joie et de son bonheur, lorsqu’en débarquant, il apprit l’arrivée d’un Visiteur, du Rév P. Vandenberghe, qu’il ne savait pes même avoir été envoyé en Canada.

Il faut avoir vécu de notre vie, de nos privations, de notre impitoyable isolement, pour comprendre ce qu’une telie surprise cause d'émotions, cause de véritables jouissances.

Le Rév. P. Visiteur était parti de Saint-Boniface, aveu la pensée de se rendre jusqu'à Athabaskaw; Mgr Grandin le voyant fatigué et exposé à des difficultés particulières pour le reste du trajet, étant d’ailleurs en état de lui rendre un compte fidèle, ‘endu intelligible par l’analogie exacte entre les Missions d’Athabaskaw et celles qu'il devait visiter, le détermina à ne pas aller plus loin. Tous deux reprirent ensemble le chemin de l'Te-à-la-Crosse, où ils arrivèrent heureusement le 5 août. C’est là que Mgr de Saint-Boniface avait promis de rencontrer le Rév. Père Visiteur, pour continuer la visite en sa compagnie. Le temps du départ approchant, Monseigneur régla ce qui suit : Le P. Lestang fut reti:e du collége et placé à l'évêché comme supérieur ; le P. LeFloch continuait le service de la parvisse de Seint-Boniface ; le P. Végreville devait remplacer le

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nuerait l’enseignement de la langue anglaise. Le P. Ri-

cher reçut son obédience pour les missions de Saint-

Joseph et de Pembina, en remplacement du P. André,

qui fut appelé à l'évêché et chargé de la desserte de aint-Charles.

Le 14 août, l'Evêque de Saint-Boniface bénissait son peuple, embrassait ses frères, et, se recommandant aux prières de tous, prenait, par terre, le chemin de l’Ile-àla-Crosse ; le 15, accompagné de son Grand Vicaire et du P. Végreville, il arrivait à la première station des missions du P. Simonet, où, le 16, il donna la confirmation à quarante personnes. Le 17,il avait laissé et compagnons et maison\, et s’acheminait seul avec son

uide et un autre jeune homme. Rendu au fort Ellice,

e manqu» d’eau sur la route ordinaire détermina les voyageurs à suivre la vallée de la rivière Qu’Appelle. Nous étions bien aise de cette circonstance; nous n'avions jamais vu le lac Qu'Appelle; pourtant nous savions qu'il avait été le siége d’une mission protestante ; que des catholiques s’y rendent tous les ans, en grand nombre ; enfin, que la Comprgnie v commençait, cette année-là même, un poste de traite pour les tribus sauvages qui le visitent habituellement.

C’est avec plaisir que nous longeâmes la petite rivière, voyant varier les scènes si pittoresques et si gracieuses qui se multiplient à chaque instant, dans la vallée profonde qui encaisse le petit ruisseau et qui fut probablement, autrefois, le lit d’un grand fleuve, enfermé entre des côtes escarpées, à plusieurs centaines de pieds d’élévation. Plusieurs jolis lacs ajoutent encore aux charmes de cette délicieuse vallée, et semble attester, eux aussi, qu'elle fut autrefois remplie d'eau.

Arrivé au centre de ces lacs qui sont de véritables viviers, nous y trouvâmes toutes les raisons d'y fonder un établissement, ainsi que les éléments nécessaires à sa prospérité. Nous promîmes donc aux quelques familles que nous y rencontrâmes que nous y viendrions l’année suivante y donner la mission et y jeter les premiers fondements de l'établissement projeté.

Toutes les autres circonstances de ce voyage s’étant accomplies comme nous les avions prévues, au jour du rendez-vous nous vimes arriver les leux

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sauvages de l’Ile-à-la-Crosse qui venaient nous prendre là où le voyage avec des chevaux devenait impossible,

Le canot d’écorce si frêle, si gentil et si rapide, recevait à son bord notre pauv:e Grandeur, bien souffrante, bien fatiguée et, surtout, bien désireuse d'arriver à l’Ileà-la-Crosse. Les deux excellents Indiens qui nous conduisaient, et qui étaient de vieilles connaissances, devinèrent facilement ce qui se passait en nous. Aussi ils ne s'épargnèrent pas. Ii fallait six jours de navigation ordinaire: ‘ Mon Père, nous n'en mettrons que “quatre ; le beau clair de lune vaut le soleil, là où la “navigation est facile.” Et ces bons jeune: gens sacrifiaient deux de leurs nuits pour hâter la satisfaction

ui nous était réservée le 15 septembre. Dès le lever du soleil, nous ertrions dans le lac de l’Ile-à-la-Crosse, et puis bientôt, la grarde croix, le clocher argentin, l'église, tout l’établissennent de la Missiou de St-Jean- Baptiste, reflétaient les rayons de notre magnifique soleil de septembre.

En nous renvoyant à la figure des flots de lumière, cette vue inondait notre âme des plus délicieuses émotions. Là, sur les bords de ce lac tranquille, dans un site que bien des touristes admireraient avec erthousiasme, s’assit cet établissement qui a déjà fait tant de bien et qui en promet davantage pour l'avenir. Nous rapprochions, pour le comparer, ce qui se passait en ce moinent dans notre cœur, de ce qui s’y était passé äix-huit ans auparavant, lorsque, pour la première fois, nous arrivions à cette même Ile-à-la-Crosse où alors il n’y avait rien pour le Seigneur, rien, si ce n’est le bon vouloir des sauvages, le bon vouloir des Missionnaires qui venaient les évangéliser.

Merci, mon Dieu, d’avoir béni nos efforts, d’avoir accepté les sacrifices que nous vous avons offerts, d’avoir écouté les accents des prières ardentes que nos cœurs vous ont adressées.

Ce que nous avons vu à l’Ile-à-la-Crosse, la dernière fois que nous l'avons visitée, prouve jusqu’à l'évidence que nous n'avons pas prié en vain, la première fois que nous eu avons foulé le sol. Notre cœur chantait intérieurement l’ynmne de la reconnaissance ; ses battements précipités semblaient marquer la cadence qui guidait le jeu des avirons, pour imprimer à notre course

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une rapidité pa ticulière. La nacelle volait, pour ainsi dire, sur les eaux.

De toutes parts des salves joyeuses disaient que notre allégresse et notre bonheur trouvaient leur écho sur cette rive, où les heureux enfants de l’école agitaient les oriflammes qu'ils tenaient en main ; un instant après, nous étions dans les bras de Mgr Grandin et du Rév. P. Vandenberghe, mêlant nos larmes et confondant nos émotions ; puis le bon P. Moulin, les Frères Dubé et Péréard nous donnaient l’accolade fraternelle ; notre joie, fut mise au grand complet par la rencontre dun P. Gasté, venu tout récemment du lac Caribou ; nous revoyions aussi, avec un plaisir bien sensible, les bonnes Sœurs de la Charité, toujours si dévouées et si généreuses

Le Pév. P. Visiteur, arrivé depuis plus d'un mois à l'Ile-à-la-Crosse, s’y trouvait avec six Oblats, deux évèques, deux prêtres,et deux frères convers. L'ensemble de l'établissement, la piété du bon peuple qui le visità. lui faisaient dire qu'il n'aurait jamais cru pouvoir trouver, au milieu des forêts et à de pareilles distances des dernières limites du monde civilisé, un ensemble aussi complet, une œuvre aussi parfaite. Ce témoignage nous causa la plus vive satisfaction. Il confirmait notre opinion ; plusieurs de nos Missions ressemblant à cellelà, nous étions heureux de voir que le travail de nos frères causait quelque contentement à nos supérieurs.

Les heures de cette douce réunion dûrent se compter ;

car pour faire le bien, le repos ne peut pas être log. C’est le Père Gasté qui, le premier, devait s’arracher à cette jouissance et, par son départ, diminuer celle des autres. Ce digne °nfant de la Famille, arrivé au portage du fort de Traite, après le passage du Rév. Père Visiteur, y avait trouvé une lettre l’invitant à monter à l’Ile-à-la-Crosse, et c’est ce qui explique le bonheur de l'y trouver ; mais il fallsit repartir pour retourner au lac Caribou ; le 20, il nous faisait déjà ses adieux. Nous admirâmes son courage, sa généreuse abnégation. Ce cher Père partait seu, pour aller passer, seul, dix mois à ce lac Caribou, le coin le plus dénué du diocèse, et le Missionnaire partait volontiers, satisfait de son sort. Que Marie le garde !...que Dieu le protége !… Comment nos Missions ne réussiraient-elles pas ? elles sont servies avec tant de dévouement et de zèle.

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Après le départ du Père Gasté, vint le tour [1 Père Moulin, qui, heureux comme un prince, le cœur fort comme un apôtre, prit joyeusement congé des illustres voyageurs, dirigea sa course vers le portage à la Loche, où il fit beaucoup de bien. Il en revenait aux premières glaces, pour ne s'arrêter qu'un seul jour à l’Ile-à-la- Crosse, et continuer ensuite jusqu’à Carlton, où il était convenu qu'il irait préparer les fidèles à la visite de leur preinier pasteur.

Mgr Grandin lui-même fut obligé de faire une absence de plusieurs jours pour voir des malades.

Les exigences de la saison avaient fixé au 8 octobre le départ du Rév Père Visiteur et de Mgr de Saint- Boniface. Cette fois encore, le ciel voulut bien déranger le cours ordinaire de la température ; le temps étant remarquablement beau, les voyageurs crurent pouvoir différer jusqu’au 15. C’est en ce jour qu'ils firent leurs adieux à Mgr Grandin, qu'ils laissaient seul et malade.

Nous l'avons déjà dit, et tout le monde comprend qu’il est plus facile d'imaginer que d'exprimer ce qui se passe dans le cœur en de pareils moments.

Le même petit canot d’écorce, conduit par deux excellents sauvages montagnais, reçut les deux voyageurs. C'était un mode nouveau pour le Rév. Père Vandenberghe, c’er était un bien connu de Mgr Taché, mais dans des circonstances telles qu’il pouvait dire lui aussi: “ C'est du nouveau.” Toujours seul dans ces petits canots, comme le temps nous a souvent duré ! Mais en si bonne et si aimable compagnie, cette fois, nous comptons parmi les agréables journées àc notre vie les huit

ui uous conduisirent au la: Froid. Là nous atten-

ait, depuis longtemps, le Pè:e Maisonnerve. (Ce cher confrère avait bien voulu se donner, et à lui et à nous, le plaisir de venir nous rencontrer. Nous passâmes le dimanche avec les Montagnais du lac Froid. Le lundi, nous montions à cheval et, après une course de cinq jours, le 28 octobre, à 1 heure P.M, nous arrivions au lac la Biche. À ce même moment, la pluie cessait, le soleil venait raviver la scène et nous permettre de contempler et d'admirer le magnifique établissement de Notre-Dame-des-Victoires. La usillade exécutée par les premiers habitants que nous rencontrâmes annonçait notre approche. L’aimable Père Tissot et l’ex-

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cellent Frère Bowes nous firent l'accueil le plus cordial, Ici aussi, de bonnes Sœurs de la Charité donnent leurs soins à la population, et elles partagèren* la joie de notre arrivée.

Notre établissement du lac la Biche est vraiment admirable, non-seulement dans son ensemble, mais même dans les moindres détails. C’est une victoire complète d'un travail intelligent sur la nature inculte. Toutes les ressources locales ont été utilisées, et la chose est d’autant plus digne de remarque que les Missionnaires ont été seuls à l’œuvre. Ils ont fait le tout en grande partie de leurs mains, et dirigé ce qu'ils ne pouvaient accomplir eux-mêmes.

Au lac la Biche, les Missionnaires n'avaient point encore fait leur retraite annuelle : nous nous joignimes à eux pour ces pieux exercices ; nous étions tous bien sérieusement et bien pieusement occupés, lorsque toutà-coup nous arriva le cher Père Rémas, nous apportant avec lui une fameuse distraction enrichie d’un plaisir véritable,

Il était accompagné d’un frère du Père Lacombe, l’excellent ‘ petit Gaspard,” dont nous conserverons longtemps un précieux souvenir, et du ‘“ bon Alexis.”

Le 28 novemore était le jour fixé pour le départ ; nous primes congé de nos chers Missionnaires. Nous étions cinq pour le voyage. Les uns montèrent à cheval, les autres descendirent en carriole, et nous voilà à la recherche d’un chemin moins mauvais que la route ordinaire. Il n'v avait encore que très-peu de neige; les détours faits pour éviter les mauvais pas allongèrent tellement la distance, qu’il fallut six jours de marche forcée pour arriver au terme. L'’avant-dernier jour, montant à cheval après une longue course à pied, nous demandions au Rév. Père Visiteur ce que lui disait le sang à l’adresse de la température. 15°, tout au plus, fut la réponse ;—le nez et les pieds nous disaient à nous au moins 240.

Le thermomètre décida la question, marquant 259. Nous admirions de tout notre cœur le bon Père Vandenberghe qui, sans l'habitude de nos voyages, monté à cheval, perdait sans s’en apercevoir 109 des 25° de froid qu lui étaient montés en croupe.

Le 3 décembre, à la tombée de la nuit, nous arrivions

à Saint-Albert. Deux heures de retarä avaient fait manquer le programme de réception. Tous les hommes, l'arme au bras, les femmes, la couverte sur la tête, avaient passé l’après-midi à attendre ; la nuit congédia toutes ces braves gens, si avides pourtant de voir et de saluer le Rév. Père Visiteur et son compagnon de voyage. Le Père Lacombe, le Frère Scallan, les bonnes Sœurs de la Charité, étaient seuls à nous souhaiter la bienvenue. C'était plus qu’il n’en fallait pour nous faire goûter une juie bien grande et bien douce.

Le retour de la lumière nous permit de contempler avec une sorte d’orgueilleuse complaisance la belle Mission de Saint-Albert, si avancée quoique si nouvelle. La beauté naturelle du site, rehaussée par l’art, nous étonna, quoique nous l’eussions choisi nousmême. Iln'y a pas encore quatre ans que ce choix avait été fait, et quel travail déja! De belles et vastes constructions s'étaient élevées comme par enchantement ; des champs spacieux, défrichés, bien enclos et bien cultivés, donnsient déjà d'abondantes moissons. Quarante maisons, construites tout autour du joli monticule sur lequel se trouve la Maison du Seigneur, celles de ses ministres et de ses dévouées servantes, forment le groupe qui domine tout le paysage ; la petite rivière qui serpente au pied des collines et que l’on traverse sur un beau pont, puis à une petite distance, le lac dont les eaux peu profondes baignent le pied de la montagne qui fournit le bois de construction. Voilà ce que nous ne pouvions nous lasser de contempler ; notre étonnement était partagé par le bon Père Visiteur, qui ne savait quoi le plus admirer, ou la beauté du pays, ou le travail colossal de ses apôtres.

Pourtant, les rêveurs de systèmes absurdes veulent que le prêtre ne soit pas l’homme de l’époque. Qu'ils viennent donc, ces ennemis des ministres de la révélation. Il y a encore de par le monde assez de sauvagerie pour que chacun puisse faire ses expériences. Ilyna encore assez de ténèbres pour que chacun puisse essayer sOn sys{ème luminaire... Oui, qu'ils viennent, qu'ils rendent aux Indiens ignorants plus de services que ne leur en rend le pauvre prêtre ! qu'ils civilisent davantage, et plus vite ! qu'ils adoucissent plus tôt les mœurs barbares des sauvages ! qu'ils viennent opérer,

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dans nos déserts glacés, les merveilles qu'y opère le prêtre ! qu’ils donnent au monde le spectacle d’un pareil dévouement, d’une pareille et entière abnégation ! alors, nous croirons à leur mission réformatrice ; mais, en attendant, pendant qu'ils jouissent de tous les bienfaits que la main civilisatrice du christianisme a semés avec tant de profusion pour le mcade, qu'ils ne blasphèment pas contre Dieu, ni sa loi sainte, ni ses ministres sacrés !

Le lundi suivant, nous visitions le fort Edmonton, Mission de Saint-Joachim, pour y offrir nos respects à Mr J. W. Christie et y saluer nos chrétiens. Nous y retournâmes pour y célébrer les grandes solennités de

: Noël, à la suite desquelles nous fimes l'examen des

enfants de l'école tenue par le Frère Scallan. Il nous fut facile de nous convaincre que les bruits avantageux qui circulaient, au sujet de cette école, n'étaient que l'expression de la stricte vérité.

Le P. Cuër, chargé de la Mission du lac Sainte-Anne, vint de suite nous voir à Saint-Albert ; nous lni rendîmes sa visite à la plus ancienne de nos Mission:, trouvant partout une satisfaction véritable à la vue du bien opéré et de l’avenir prospère qui semble réservé à ces belles contrées. ,

Pendant que nous visitions nos Missions de l'Ouest, le P. Grouard laissait celle de la Providence et allait consoler le P. Gascon dans sa solitude dr grand lac des Esclaves, où il arrivait le 14 décembre.

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