L. Lafièche, 1844, parti en
Jos. Bourassa, 1844, «
fices, de pouvoir dire avec une sainte allégresse : Pauperes evangelizantur.
L'histoire de notre chère Congrégation, aux extrémités du monde comme auprès du berceau où elle a pris naissance, prouve que son fondateur avait entrepris une œuvre agréable au cœur de Dieu. Comme pour récompenser notre bien-aimé Père des fils qu'il consentait à exiler ainsi loin de lui, le Seigneur groupa autour de sa personne vénérée de plus nombreux enfants ; car il est bien constant que le développement prodigieux qu'a pris notre petite famille, et qui a tant consolé notre vénérable Père, date du moment où l’on se consacra aux missions étrangères, et surtout aux missions des Indiens. Ce résultat n’est point étonnant : Dieu ne devait-il pas faire des prodiges en faveur d’une famille naissante de missionnaires qui, avec tant d’autres œuvres méritoires, entreprenaient d’évangéliser presque toute l'Amérique britannique sauvage, depuis les côtes du Labrador jusqu’à l'océan Pacifique ? Vingt années de saints labeurs et de privations héroiquement affrontées et supportées ont amené ce résultat, imprévu de tous, si ce n’est de cette sainte et bonne Providence, qui dispose de tout pour le salut de ses élus,
C’est le 24 juin 1845 que le R. P. Guigues, Provincial du Canada, disait au RP. Aubert et au Frère À. Taché, novice : Île, fratres dilectissimi, ad oves que perierunt domûs Israel. Cet acte devait contribuer plus tard, et puissamment, à faire ajouter au salut de départ, que J'Oblat reçoit de son supérieur, ces autres paroles, que nous lisons dans nos saintes Règles: Et ad illas que adhuc sedent in tenebris et umbra mortis. Et il est bien certain que le Provincial du Canada, qui nous donnait cette obédience et qui est maintenant évêque d'Ottawa, a contribué puissamment, par son zèle et sa sage administration, à l'honneur et au développement de notre chère Congrégation.
Je ne puis taire ici une réflexion qui s’est souvent présentée à mon esprit : il fallait au R. P. Aubert un grand courage pour aller, aussi volontiers qu'il le fit, jeter les premiers fondements de notre ordre dans un pays si éloigné et si inconnu, sans autre compagnon qu'un jeune étranger qui ne tenait à la vie religieuse que par l'affection ; affection bien vive sans doute, mais affection de jeune homme, sur laquelle on ne peut pas toujours compter. La position de ce novice est bien changée depuis, mais son cœur ne l’est pas ; aujourd'hui comme alors, il aime d’une amitié vive et sincère celui qui, en ce jour, lui fut donné pour supérieur, celui dont les sages conseils, la douce autorité surent exercer sur lui un empire dont le souvenir est plein de charmes. Elle était bien confiante la Congrégation qui espérait pouvoir compter sur un novice ; aussi, comme elle fut vive et ardente la prière de ce dernier, demandant à Dieu les grâces nécessaires pour ne pas tromper l’attente de ses supérieurs !
Les deux nouveaux missionnaires partirent de la maison de Longueuil le 24 juin 1845. Deux sœurs de la Charité devaient faire route avec eux, pour aller 1ejoindre d’autres filles de Mme d’Youville établies à la Rivière-Rouge depuis l’année précédente. Le R. P.
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