‹ Vingt années de Paris (volume 2)Chapitre 10 sur 24 · A L'ECOLE DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

A L'ECOLE DES BEAUX-ARTS

AMMMMMMI

EUDi prochain, 25 mars, tous les jeunes Français, illusionnés d'art, pourront se présenter au concours des prix de Rome, et tenter la première épreuve de peinture. Il seront un peu moins d'une soixantaine — je connais cela — réunis, aux premières lueurs de l'aube, dans la troisième cour, à gauche, de l'Ecole des Beaux-Arts, armés d'une boîte à couleurs,

m VIIjGT i^NNÉES DE PA^IS.

d'un chevalet portatif, d'une toile « de 6 » , et munis d'un petit pain d'un sou.

Il y a vingt ans, à pareille époque, j'étais de la fête ; je voudrais pouvoir en être encore. Je n'avais point fermé Tœil de la nuit précédente ; si Ton m'avait proposé de renoncer au concours, pour être, tout simplement, sur l'heure, Vélasquez ou Titien, j'aurais eu un beau rire de dédain et de refus.

La plupart des concurrents, jeudi, seront tout pareils à ce que j'étais.

Tout pareillement aussi, un gardien les appellera nominativement, tour à tour, selon Tordre des inscriptions prises dans le oou- * rant de la semaine ; il fera le simulacre de les fouiller, pour constater qu'ils n'ont apporté aucun document, croquis ou calque de maître. Un à un, ils graviront le petit escalier raide qui mène au lieu du concours, déboucheront dans un long couloir, orné, en son

Page 1