‹ Vingt années de Paris (volume 2)Chapitre 7 sur 24 · FEU LE.BCBUF-GRAS · texte numérisé non relu

FEU LE.BCBUF-GRAS

cinq; il venait premier dans le défilé, et ce fut lui qui s'appela : la Lune.

Or, le dimanche-gras, dans Taprès-midi, comme le populaire , en masse compacte et en grand émoi, s'était aggloméré devant le portail du Sénat, grouillant et attendant le cortège, il y avait, à trois pas de la bousculade, sur le trottoir, un groupe composé de deux personnes seulement, mais très animé.

Ces deux personnes étaient votre serviteur, d'une part, et, de l'autre, « Mouchii » M.on6t. Mouchu Monet était mon propriétaire.

Entre parenthèses, au cas où la postérité, dans la suite des temps, se déciderait à décorer de plaques commémoratives mes différents séjours, elle retrouverait facilement ceux-ci : masure peinte jusqu'à mi-bàtisse, en rouge foncé. Hôtel du Luxembourg^ à deux culbutes du Sénat. Je n'ai jamais connu

rien de plus gai. La porte était implacable* ment fermée à onze heures du soir ; mais jjavais, aux fenêtres, des camarades qui me descendaient la clef par une ficelle. — Chut !

Mouchu Monet, donc, en cette après-midi du dimanche gras, refusait de me laisser rentrer chez moi , faute de sept francs — chette — que je lui devais et n'avais en poche...

J'entends d'ici les personnes amoureuses de solennel blâmer la manière abandonnée dont je confesse, à propos de bœuf gras, ma « vache enragée ».

Que voulez-vous? Polo n'était pas encore prodigue à mon endroit; moi-même j'étais un peu désordonné, insouciant, mal éco-> nome: enfin j'étais très jeune. Au fait, cela m'est plus doux à dire que le contraire; etj en ce moment même où je censure le grand gatçon échevelé que j'étais alors, je me fais

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