‹ Vingt années de Paris (volume 3)Chapitre 17 sur 28 · LE TABLEAU LE MARCEL · texte numérisé non relu

LE TABLEAU LE MARCEL

'est fait! la cage est vide, Toiseau envolé, l'enfant hors du logis. Du taudis ou de l'hôtel, de tout atelier d'artiste peintre ou statuaire, est sorti le tableau nouveau-né , le marbre neuf. Des lointains paisibles du Luxembourg aux mercantiles hauteurs de Montmartre, on a vu, pendant dix jours, camions, voitures de déménagement, fiacres, baquets, commissionnaires, emporter, vers le palais à coiffe de verre des Champs- Elysées, la moisson d'art annuelle.

11 y a eu, comme toujours, grande presse au dernier moment, sur le passage des envois, à la porte n° 9. Rapins et maîtres mêlés, confondus sur les degrés du grand escalier de pierre, ont fraternellement imité le chant du coq, entonné les scies de rigueur pendant le défilé. Les camarades se sont retrouvés ; les forts ont été salués, les chétifs, blagués. Des feutres d'un autre âge ont été signalés çà et là, campés sur des yeux enfantins et des barbes fluviales, ainsi qu'aux jours d'émeute reparaissent les types debarricadiers. La dernière peiiitresse est revenue, toujours pareille, émue et empanachée, filant les veux baissés, dissimulant, dans un foulard, sa « nature morte » encore fraîche.

On a hurlé des « bans » pour Garolus, espéré vainement Sarah Bernardt. Enfin les gardiens du Palais ont repoussé la foule au dehors. A cinq heures, les portes se sont

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