‹ Vingt années de rectoratChapitre 24 sur 112 · CHRISTIANISME ET ATHÉISME. 1G · texte numérisé non relu

CHRISTIANISME ET ATHÉISME. 1G

universitaire tout entier, avec aujourd'hui ses six cents étudiants, ses cinq Facultés, ses Ecoles annexes, sa vie de famille, de religion et d'étude, ses entreprises confiantes et sa marche en avant. Cette œuvre que vous avez faite, que vous avez soutenue, vous voudrez la soutenir et l'affermir encore. Notre Souscription décennale est présentement ouverte, et déjà les listes se couvrent dans les principales villes de nos deux diocèses. Ce n'est qu'un commencement, et, pour que la grandeur de vos dons réponde à celle de nos pressants besoins, un grand effort reste à faire porté jusqu'au sacrifice. Ni l'effort n'est audessus de vos forces, ni le sacrifice au-dessus de votre charité. Et, avecNN. SS. les évêques de la Province, dans leur lettre pastorale, je prends la confiance de vous redire : « Les yeux sont tournés vers nous, comme vers une grande espérance de la France chrétienne. Nous ne la pouvons trahir. Aussi bien, si, par impossible, cette citadelle devait succomber par la faute de ceux-là mêmes qui l'ont élevée, ce serait un coup mortel porté à l'enseignement supérieur tout entier. Il ne s'en relèverait pas d'ici un siècle peut-être; et l'Eglise de France en recevrait dans son honneur et dans sa force une secousse profonde... Mais non. Le secours nécessaire que, pour grandir et faire plus de bien encore, cette œuvre vient solliciter de votre charité, pour la troisième fois, vous le lui apporterez, et votre large contribution fondera définitivement ce qu'il y a vingt ans vous avez posé avec confiance sur le sol... Des chaires seront fondées, des bourses seront créées, des legs seront laissés pour nos établissements. Nos anciens étudiants, aujourd'hui établis, apporteront à seconder notre action de propagande l'ardeur d'un zèle qui sera la réponse effective de leur reconnaissance. Les jeunes foyers, récemment formés voudront que leurs noms remplacent, sur nos listes de souscription, les noms de leurs pères, aujourd'hui inscrits sur le livre de vie pour l'éternité. Nos collèges catholiques se rattacheront, eux aussi, par ce nouveau lien, à l'Université dont il sont la plus précieuse pépinière. Les enfants mêmes apporte-

ront, sinon une pierre, du moins un grain de sable à l'édifice. Ce sera l'œuvre de tous; et tous auront l'honneur, devant Dieu et devant les hommes, d'avoir élevé un phare qui éclairera notre nuit, en attendant que Dieu fasse enfin blanchir sur nos tètes l'aurore du jour de paix promis cà tant de bonnes volontés ! »

Mes premières actions de grâces se doivent à Monseigneur l'Archevêque, à Monseigneur l'Évèque d'Arras, que Rome nous ravit en ce jour, et qui tous deux pareillement se sont incrits, d'une main si généreuse, en tête de la première liste de nos souscripteurs. Que Monseigneur de Lydda soit remercié, lui aussi, du sentiment paternel qui lui a inspiré de reporter sur les Ecoles, et en particulier sur notre grande École, l'offrande que le franc du clergé et le sou des fidèles avaient déposée à ses pieds comme un hommage de leur respectueuse admiration et la protestation de leur conscience indignée de Chrétiens et de Français (1).

Plus haut encore, Messieurs : c'est jusqu'à NotreSaint- Père le Pape qu'il faut monter. C'est Léon XIII, c'est le Pape, qui, dans son Bref du 31 mars dernier, écrivait à Monseigneur l'Archevêque de Cambrai, que, « parmi les Universités Catholiques fondées en France, celle de Lille était particulièrement florissante, et en grand renom d'excellence ». C'est le Pape qui, par son Molu proprio du 12 avril, dotait magnifiquement une chaire de la Faculté de Théologie par le don vraiment royal de la somme de 100.000 francs. Notre filiale reconnaissance se traduira en zèle pour ia formation d'une jeunesse obéissante à sa voix et dévouée à sa cause, à la vie, à la mort. Les jeunes hommes que nous élevons ici ne sontils pas, par le sang ou par le cœur, les fils ou les neveux de ceux qui, il y a trente ans passés, combattaient pour

(1) M8* de Lydda, évoque auxiliaire de Cambrai, ayani élé privé de son traitement concordataire de vicaire général, un appel pour y suppléer fut fait au diocèse, pour un subside ne devant pas dépasser un franc pour chaque prêtre, un sou pour chaque fidèle. Il produisît la somme de 40.668 francs.

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la liberté du Saint-Siège et donnaient leur vie pour sa défense.'

Les promotions suivantes n'ayant pu être proclamées à la suite de ce discours, Mgr l'Archevêque de Cambrai en a donné communication dans la Séance solennelle de la clôture du Congrès, à l'Hippodrome, le dimanche 24 novembre, par la lecture qu'il a daigné faire de la lettre suivante :

Monseigneur,

J'ai l'honneur de prier Votre Grandeur de porter Ellemême à la connaissance de nos catholiques assemblés les trois distinctions pontificales que j'ai sollicitées du Souverain-Pontife et que vous avez vous-même puissamment contribué à obtenir par votre chaleureuse recommandation.

Vous savez, Monseigneur, qu'un retard de vingt-quatre heures dans l'envoi de la dépêche de la Chancellerie romaine m'a privé, jeudi dernier, de la grande joie de proclamer ces promotions, à la suite et comme couronnement de mon rapport, dans notre séance de rentrée, où c'était naturellement sa place.

Il m'a semblé que présentement la proclamation n'en serait ni moins solennelle ni moins honorable — tout au contraire — si elle était faite dans la grande séance de clôture du Congrès, particulièrement si Votre Grandeur daignait s'en charger elle-même et y ajouter ainsi un nouveau prix.

Précédemment, depuis huit années, je n'ai pas manqué, tous les deux ans, de demander au Saint-Père de récompenser lui-même par des distinctions honorifiques quelques-uns de mes collaborateurs des Facultés Catholiques qui en sont si dignes, heureux de leur faire arriver ainsi par le Souverain-Pontife lui-même le témoignage le plus élevé de mon estime pour leur mérite et de ma gratitude pour les services rendus à l'Église dont il est le Chef.

MM. les Professeurs trouveront bon que, cette fois et en attendant que leur tour revienne, la reconnaissance

du Saint-Père et la nôtre s'adressent aujourd'hui aux membres de notre Conseil d'Administration, pour les fonctions toutes de dévoûment qu'ils remplissent avec un zèle qui assure et maintient la situation de notre Institut.

Les noms, d'ailleurs, en diront plus que le reste, et quand vous proclamerez leurs nouveaux titres, Monseigneur, il n'y aura qu'un étonnement, c'est que ces titres ne leur aient pas été décernés depuis longtemps.

Vous voudrez donc bien proclamer en premier lieu que le Saint-Père vient d'élever de la dignité de Chevalier à la dignité de Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoirele- Grand M. Charles Verley, président du Conseil d'Administration des Facultés Catholiques, auxquelles il consacre l'activité et la lumineuse intelligence que chacun sait.

Vous voudrez bien pareillement faire connaître que la même dignité de Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-lc-Grand est conférée à M. Camille Féron-Vrau qu'il suffit de nommer; son nom est sur toutes les lèvres comme dans tous les cœurs.

En troisième lieu, vous serez heureux de joindre le titre de Chevalier à& l'Ordre de Saint-Grégoirc-le-Grand au nom aimé et honoré de M. Maurice Scalbert, qui a succédé à son vénéré père dans notre Administration, comme à son dévoûment à toutes les bonnes œuvres.

Je regrette, Monseigneur, que mon état de souffrance me prive d'entendre les applaudissements qui couvriront ces noms quand vous les proclamerez dans la grande assemblée de l'Hippodrome. Mais ces trois Messieurs savent bien quel écho ces justes témoignages de sympathie universelle sont assurés de trouver dans mon cœur.

Daignez agréer, Monseigneur, l'hommage de la profonde vénération dans laquelle je suis de Votre Grandeur le très dévoué et obligé serviteur.

Baunard.

Le Décret du 31 décembre 1894,

et la Délégation des Facultés libres à l'audience

de M. le Ministre de l'Instruction publique.

Extrait et abrégé du Rapport de M. de Margerie à la séance de rentrée 1896.

Le 31 décembre 1894, un décret ministériel mettant fin au régime du programme unique et universel stipula que désormais chaque faculté des Lettres serait libre de dresser, pour l'examen de la licence, ses listes d'auteurs à expliquer et de matières à traiter. En conséquence, notre faculté catholique, n'étant pas moins faculté des lettres que ses sœurs officielles, dressa de concert avec les autres facultés libres et envoya à l'approbation du Ministre les listes d'auteurs sur lesquels nos étudiants seraient interrogés par des juges de leur choix. Après une longue attente ces listes nous furent renvoyées, en nous notifiant que les libertés accordées par le Décret n'étaient pas pour nous, mais pour les seules facultés de l'État.

De ce chef, au lieu d'avoir, comme précédemment, à préparer nos élèves sur l'unique programme suivi universellement en France, allions-nous devoir nous vouer à la tâche impossible de les préparer sur les seize programmes des seize facultés de l'État ou même sur dix ou cinq différents î Ou bien, d'autre part, allions-nous nous attacher à celui d'une sfule faculté, nous liant exclusivement à elle. Ja faisant

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