DÉCEMBRE
DISCOURS DE MgL LE RECTEUR Accroissements et services. Nos deuils.
Messeigneurs, Messieurs, Mesdames,
A vingt ans de distance, cette nouvelle année académique 1896-1897 correspond à celle où, le 18 janvier 1877, nous célébrions très solennellement l'inauguration de l'Université catholique à Lille.
Quel jour ce fut, Messieurs, pour les catholiques de la région du Nord et du Pas-de-Calais! Quelle révélation pour nous, arrivés de la veille, de tous les points de la France, et qui, ce jour-là, aspirions l'àme ardente de votre clergé, de votre peuple, pour la première fois! Vous les revoyez ces fêtes, vous, Messieurs, qui en fûtes: cette messe à Saint-Maurice, cette promulgation du Décret de notre institution canonique, puis ces paroles de bienvenue et d'espérance que, du haut de la chaire, vous nous adressiez si chaleureuses, Monseigneur notre Chancelier d'alors, Mgr de Lydda. Vous la revoyez, Messieurs,
cette solennelle séance de l'église Sainte-Catherine, Catherine, la vierge d'Alexandrie qui, dans ce lieu où Rubens l'a fait revivre sur la toile, semblait descendre de son cadre, pour applaudir à cette création d'un Muséum mieux inspiré que celui de son Egypte payenne. Et, le soir, le banquet dans la splendide salle de l'ancienne Préfecture; et ces pontifes vénérés, et ces deux illustres cardinaux de Cambrai et de Malines, et cette alliance fraternelle de Lille et de Louvain, et ces toasts frémissants d'une émotion plus éloquente encore que les discours. Et c'était le jour de la fête de la Chaire de Saint Pierre, à Rome; et c'était sous le pontificat de Pie IX: et l'on venait de nous lire le Document pontifical qui. avec son institution, nous apportait les vœux et les bénédictions de cet auguste Père. Le Ciel avait donc parlé. Nous répondions au Ciel par nos actions de grâces; et nous conjurions le Dieu des sciences de nous bénir, de nous régir, de nous grandir à jamais: Et benedic hœreditati tuœ : et rege eos, et extolle illos usque in œternum.
Qu'à Dieu donc soit, comme alors, notre premier hommage ! Mais après lui, c'est vous qu'il nous faut remercier encore, vous pontifes, prêtres, fidèles, qui aviez versé sur cette plante d'un jour tous les trésors opimes de votre cœur et de vos biens. C'est vous d'abord entre tous, Monseigneur notre premier Recteur, le chef de l'entreprise, l'organisateur principal de tout l'ouvrage, à qui je suis heureux d'en rapporter aujourd'hui ma juste reconnaissance, avec celle de six ou huit générations d'étudiants, avec celle de cette assemblée et de cette région tout entière.
Or présentement, à l'autre bout de ces vingt années, que trouvons-nous? Chose singulière! C'était le 7 juillet dernier que l'on votait au Parlement la création d'Universités régionales. C'était hier, 19 novembre, qu'on en célébrait en Sorbonne l'inauguration officielle; et de brillants orateurs la préconisaient comme un sérieux