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progrès dans la marche en avant de F Instruction en France. Or, ce progrès, il se trouve que nous avons sur lui plus de vingt années d'avance. Or, cette loi, il se trouve que son exposé des motifs et les divers discours prononcés à l'appui ne nous ont rien appris que nous n'eussions déjà entendu et applaudi, dans cette mémorable séance du 18 janvier 1877.
En effet, dans les deux Chambres, qu'ont invoqué de neuf les patrons de la loi? L'intérêt d'une décentralisation intellectuelle, féconde en initiatives personnelles heureuses. Le bienfait d'une émulation fraternelle entre les Universités concurrentes ; la légitimité d'une sage indépendance et d'une juste autonomie, mère d'utiles réformes : mais qu'avions-nous voulu et cherché autre chose? Puis, l'avantage d'accommoder l'enseignement de chaque groupe universitaire aux besoins, tendances et dispositions de la région particulière où il est établi. Dès lors, quel établissement répondait mieux aux dispositions, tendances et besoins d'une région catholique comme le Nord, qu'une Université catholique au cœur de la métropole du Nord?
Cependant, chose triste à dire ! lorsqu'au terme de cette discussion de la loi au Sénat, une voix s'est élevée, un amendement fut présenté par l'honorable M. Buffet, ancien ministre, demandant que « fût rendu aux établissements libres d'enseignement supérieur le droit de porter le nom d'Université qui leur avait été reconnu par la loi du 12 juillet 1875 » ; ce nom que l'Église avait fait si grand dans l'histoire, ce nom que nous avions chèrement acheté par vingt ans de succès, on a paru ne pas comprendre ; et il ne lui fut répondu que par la brutalité de Fordre du jour pur et simple (1).
(1) Le 30 novembre 1887, dans un Rapport à l'Assemblée générale du Congrès des catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, M. le comte de Vareilles parlait ainsi de cette trame ourdir des lors contre nous :
« La surprise des catholiques fut douloureuse lorsqu'ils comprirent, un an a peine après l'avènement des jeunes Universités, que les pouvoirs publics tramaient leur anéantissement, et que le législateur méditai!
Or, quelle raison a-t-on donnée de cette odieuse mise hors la loi des facultés catholiques ? On a invoqué contre nous la prérogative de V Enseignement national. National : notre enseignement cesse-t-il donc d'être tel du moment qu'il est chrétien? En vérité l'heure serait mal choisie pour nous le faire croire. C'est hier que nous célébrions solennellement le centenaire de l'alliance originelle, fondamentale, indissoluble, de la nation et de l'Eglise. Nous n'avons pas eu le temps d'oublier encore la leçon que nous sommes allés prendre au baptistère de Reims (1).
En second lieu, le projet de loi s'est préoccupé justement du nombre des étudiants; et un des opinants proposa de n'admettre au titre à" Université que les groupes de facultés justifiant d'au moins cinq cents élèves. Satisfaction complète, surabondante même, pouvait être donnée ici à cette exigence légale, si l'on en eût fait une sage condition. Nous comptions, au commencement de l'année académique 1895-1890, six cent I rente élu (liants
de revenir sur la parole donnée quinze mois auparavant. Un peu de honte l'empêchait de détruire brusquement les nouveaux établissements, mais il voulait les blesser habilement à mort et les abandonner à une tente agonie qui passerait aux yeux de la foule pour la conséquence et la preuve d'un manque de vitalité.
« Aujourd'hui que nous avons survécu à ces blessures et que nous omîmes rompus à toutes les épreuves, c'est sans colère et sans amertume que nous en parlons, cl il nous plaît même de les rappeler iine à une. )>
Ici le discours rappelle comment: 1° pour affaiblir le prestige des Facultés libres et pour intimider les étudiants, on abolit le Jury mi. rie. qui était cependant plus sévère (pie les Facultés officielles; 2° on nous ravit le titre d'Université; 3° afin de faire tomber le prix de noire travail aux mains de l'État, on supprima les droits d'inscription que nous louchions et on doubla les droits d'examen que nous ne percevions pas. Mais, la caisse publique s'en trouvant plus mal (pic celle des Universités catholiques, on vient de rétablir le droit d'inscription sans diminuer les droits d'examen; 4° la magistrature et d'autres fonctions publiques furent rendues inaccessibles aux jeunes catholiques, et la peur fui placée en sentinelle à nos portes, pour écarter ceux qui n'ont pas le • unir ferme.
« De tout cela on conclura que nos jeunes Universités, si frêles encore •n apparence, doivent avoir au fond des muscles d'acier pour tenir bon contre tant d'ennemis et surmonter tant d'obstacles. »
(1)V. Annexe I, Y Université à Reims, p. 201.