‹ Vingt années de rectoratChapitre 36 sur 112 · LE BANQUET · texte numérisé non relu

LE BANQUET

Le soir, à six heures, un banquet, offert par M8' le Recteur, a réuni à l'hôtel académique tout le personnel enseignant.

MM. les Professeurs prennent place à la table disposée dans la grande salle du conseil.

A la fin du repas, Mgr le Recteur s'est levé et a prononcé les paroles suivantes :

TOAST DE M*r LE RECTEUR-

« Mes chers collègues,

« J'avais désiré ce jour. J'avais rêvé de nous voir tous réunis à une même table, tous les anciens, tous les jeunes, le corps enseignant tout entier, parce qu'en tout pays du monde la table a été, après l'autel, le rendez-vous de l'amitié, de la fraternité. Et nous sommes des amis, et nous sommes des frères, et nous sommes, non seulement de nom mais de fait, la famille universitaire des Facultés catholiques de Lille.

Et puisqu'aujourd'hui votre docte faculté interdit à mon

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larynx angoissé de longues paroles, je résumerai tout en une seule : ce sera la parole du vieil apôtre de la charité dans ses dernières années : « Aimons-nous bien les uns les autres! » Aimons-nous bien tous tant que nous sommes, sans distinction de facultés, sans distinction d'âge ou de grade, sans distinction de laïques et d'ecclésiastiques, de réguliers ou de séculiers, parce que nous ne faisons pas seulement un même corps, mais une même âme. Aimons-nous parce que là sera non seulement notre gloire, notre bonheur et notre paix, mais aussi notre force. Donc, non seulement nous nous aimerons, chers collègues, mais nous nous aiderons, car aimer c'est aider. Et si, dans cette communauté d'amitié et d'assistance, vous voulez bien faire une part spéciale à celui d'entre nous qui porte la plus lourde charge, il n'y aura pas de charité mieux placée que celle-là!

Donc à notre fraternité! Et j'ai hâte d'ajouter : A notre paternité! A nos étudiants dont nous sommes les pères! A tous ceux qui, dans le cours de ces vingt années, ont semé votre nom à tous les vents du ciel. A tous ceux d'aujourd'hui qui sont notre couronne et dont nous portons dans nos mains les âmes, les espérances et les destinées pour ce monde et pour l'autre.

A nos pères les fondateurs de l'Université! A Mpr le Chancelier, que j'ai le regret de ne pas voir présider à cette table. A nos dévoués administrateurs! A nos constants bienfaiteurs; à ceux qui, depuis vingt ans, n'ont cessé de se faire pauvres afin de nous faire riches, et que Celui-là seul peut dignement récompenser qui est lui-même le Trésor de la terre et des cieux!

A la science, notre auguste Reine! A la science que vous représentez ici dans tous les ordres des connaissances humaines. A l'union féconde, nécessaire de la science et de la foi. Au progrès de la science dans sa marche vers l'unité qui est la signature de Dieu sur son ouvrage. A la science que vous avez tous épousée dans vos cœurs, et dont le règne, quoi qu'on en ait dit, n'a nulle part de zélateurs plus sincères, plus passionnés que ceux qui, dans tous les sens de ce mot. sont les « fils de lumière ».

A la patrie aussi! 11 ne sera pas dit que, parce que ceux qui la gouvernent nous traitent en Ilotes, nous en gardons rancune à celle qui d'ailleurs est une opprimée comme nous. Nous sommes une liberté, une liberté qu'elle a faite et avec

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