‹ Vingt années de rectoratChapitre 63 sur 112 · DÉPUTE DU NORD · texte numérisé non relu

DÉPUTE DU NORD

nos respectueuses actions de grâces ! Dans Faction exercée par les Femmes françaises pour la cause de notre rédemption, elle aura eu sa belle part; car, je le sais, ni hier, ni il y a quatre ans (1), elle ne fut la dernière à se dire et à vous dire, sa main dans voire main, devant le crucifix : « D'wu Je veut! »

Partez donc pour le rude combat qui vous attend là-bas. Allez y prendre rang, un bon rang, sur les bancs des nouveaux vengeurs que le suffrage vient de donner aux grandes et saintes causes qui font battre nos cœurs. Allez prendre place à la tribune, à côté des Albert de Mun, des Gailhard-Bancel, avec ce jeune et cher et éloquent baron Dard, notre fils, votre ('■lève, qui, dans la dépêche qu'il m'adressait hier, vous saluait encore son maître et son modèle. Tous les yeux se tournent vers vous, tous les bras se tendent vers vous. Ils comptent beaucoup sur vous ces milliers de catholiques qui vous ont porté à ce poste, à ce faîte, d'un élan enthousiaste. Ils savent aussi qui vous êtes, ces anciens étudiants, nos fils de la région du Nord, qui partout allaient vous ouvrir les voies, ou qui vous faisaient cortège dans les cantons où leur présence et leur parole présentaient déjà aux électeurs quelque image de vous. Enfin, ils savent qui vous êtes, ces 2000 lecteurs, et plus, de la Reçue administrative du culte catholique à qui, depuis dix ans, conseiller très écouté du clergé avant de devenir aujourd'hui un des législateurs de la nation, vous avez appris ou rappelé chaque mois le droit sacré de l'Église, le devoir de la défendre et la manière de le faire.

Partez, mais non sans esprit de retour. Quand, fatigué de luttes, las de respirer l'acre poussière de l'arène, étouffant dans cette atmosphère de feu, blessé peut-être dans la bataille, vous voudrez vous refaire, vous retremper, vous rafraîchir, venez ici : il y a ici une source d'amitié vive, profonde, intarissable, au bord de laquelle nous serons encore heureux de nous asseoir ensemble, vous au milieu de nous, comme dans une oasis tranquille et ombragée où nous cueillerons des palmes pour vous les offrir, des lauriers pour vous en couronner.

(1) En 1808, M. Groussau avait posé sa candidature à Saint-Servan, • m il s'établit plusieurs mois avec Mme Groussau et leurs enfants.

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ANNEXE III

Paroles de M-1 le Recteur en la célébration du 50e anniversaire de son Ordination sacerdotale

.1 Messieurs les Professeurs-Prêtres de l'Université

Catholique de Lille réunis à sa table.

Mes cheiis Collègues et Amis.

11 y a aujourd'hui même, 5 juin, exactement cinquante ans que j'avais le sublime honneur de recevoir la prêtrise des mains de M"' Dupanloup, dans sa cathédrale d'Orléans.

De ces cinquante années de mon ministère sacerdotal, je m'étais t < >n t d'abord - vous me le pardonnerez — proposé de rendre grâces à Dieu silencieusement et solitairement, dans un cœur à cœur intime avec Celui qui, depuis cette date lointaine, n'a pas manqué an seul joui- de m'être divinement miséricordieux.

Et puis, vous l'avouerai-je? Les autres discours, ceux qu'on échange d'ordinaire en ces solennités, magnifiques et pompeux, me taisaient réellement peur.

Cependant, pouvais-je oublier que, cette longue carrière »lc ma vie sacerdotale, j'en ai parcouru toute la seconde moitié, avec vous, ma main dans votre main? Cela m'imposait un devoir. Ce devoir m'obligeait plus spécialement encore envers vous, mes honorés confrères dans le sacerdoce, auxquels m'unit plus étroitement la parenté d<- l'autel; Voilà pourquoi, ue pouvant ni ne voulant réunira mou sujet le corps tout entier de l'Université, j'ai désiré du moins avoir auprès

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