‹ Vingt années de rectoratChapitre 64 sur 112 · JUBILÉ SACERDOTAL DU RECTEUK · texte numérisé non relu

JUBILÉ SACERDOTAL DU RECTEUK

de moi, dans cette grande journée de mon action de grâces, les chers et vénérés prêtres avec lesquels, depuis vingt-cinq ans, je conduis la charrue dans le champ béni où nous eûmes pareillement l'honneur et la grâce d'avoir été envoyés.

Celte charrue, si c'est moi qui depuis douze ans en tiens le manche parmi vous, vous savez bien, Messieurs, que ce n'est pas par ma faute. Je n'aurais eu garde, bien sûr, d'en accepter le maniement, si Ton m'eût seulement consulté ou averti. Mais, heureusement pour moi, vous étiez là, près de moi, j'ai pu compter sur vous; et c'est vous en effet qui, par l'assislance, le bon conseil, l'effort commun et la prière, avez charilablcment corrigé, dans ses conséquences, la cruelle erreur <le ce choix. Soyez-en remerciés!

Continuez-m'en le bienfait fraternel, je vous en prie, particulièrement à cette heure où je sens tout le poids de la dette que ces cinquante années ont accumulée sur ma tête, et de laquelle il me sera bientôt demandé compte par le Prêtre éternel. C'est demain la fête de son Sacré-Cœur. J'y monterai à l'autel pour la solennité de notre Adoration de l'Université. Là. à cet autel de Celui qui. il y a un demi-siècle, réjouissait nia jeunesse, et qui aujourd'hui encore console ma vieillesse, je vous donne un rendez-vous meilleur et plus élevé que celui de cette table. Portez-y mon nom, je vous prie, comme j'y porterai le vôtre. J'aurai, pour mon propre compte, à y porter aussi le fardeau de bien des misères et infirmités; c'est mon affaire, et elle est lourde. Votre charité, s'il vous plaît, fera la sienne d'y présenter pour votre collègue des vœux qui dépassent le temps et montent plus haut que ce monde.

Vous ne demanderez point pour moi les nombreuses années d'ici-bas : il ne fait pas si bon de vivre dans les jours où nous sommes! Mais, si vous m'aimez, et si vous me voulez encore un peu de bien dans cette vie, vous me souhaiterez généreusement quelques heures d'un repos libre, solitaire et recueilli, avant 1 heure du grand repos de là-haut.

De grâce, Messieurs, n'en voulez pas à un frère âgé et l'aîné de vous tous, d'aspirer de plus en plus à la suprême douceur de ces heures du soir passées tranquilles et sereines, derrière un ii<lean de verdure, non loin dune bibliothèque et tout près d'une église. Le Père de famille, à qui je le demande ardemment, ne les refusera pas, j'espère, à un vieux serviteur qui .1 porté Longuement le poids du jour et de la chaleur.

Je l'en prends à témoin : la seule ambition qui me reste. —

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