A LA MEMOIRE DE M. LE DOYEN DE VAREILLES
leva et présenta à la Faculté de Droit, pour le lui remettre, le Buste du « penseur aux vastes horizons, du juriste original et pénétrant, de l'écrivain distingué et vibrant, du gentilhomme épris de toutes les grandes causes, du chrétien chevaleresque dont toute la vie ne fut qu'une croisade, M. le marquis de Vareilles, le maître éminent et aimé dont tous les souscripteurs ses élèves ont voulu perpétuer la mémoire et les traits dans cette image ».
M. Selosse, doyen de la Faculté, bâtonnier du barreau de Lille, répondit en ces termes :
Mon cher Ami,
Au nom de la Faculté, avec une légitime fierté, j'accepte le dépôt précieux que vous voulez bien lui confier et j'inaugure le Buste de son inoubliable Doyen, M. le marquis de Vareilles-Sommières.
« Le sentiment délicat de piété filiale qui a inspiré les promoteurs de la souscription vient d'être traduit par vous dans des termes à la fois si élevés et si pénétrants que le prix de votre don généreux vient autant de l'objet lui-même que de la façon dont il est offert. Elle nous touche infiniment et à l'endroit le plus sensible. Songez que, dans notre ingrate carrière, calomnies et rabaissés parles uns, dédaignés par les autres, volontairement oubliés par la plupart, considérés par des prétendus amis comme les représentants peut-être gênants d'une œuvre de luxe, nous serions exposés à tous les découragements si nous ne nous sentions réconfortes par l'affection constante de nos Etudiants anciens et nouveaux. Leur attachement nous est précieux comme la meilleure de toutes les compensations. Et, quand, après trente ans, sur une liste d'honneur, nous les retrouvons presque tous, malgré la divergence des professions et désintérêts, parfois même des opinions, malgré la tentation ambiante de dissimuler des attaches compromettantes, malgré l'action dissolvante de la distance et du temps, nous pouvons estimer que nos journées n'ont pas été perdues et que nous avons touché le plus rare salaire. »
M. Selosse retrouve et admire dans le bronze qu'il a devant lui la physionomie du Maître dans sa chaire. « Il veut qu'elle soit pour ses étudiants une prédication constante de l'action généreuse, par l'étude et le travail. Il les anime à aller chercher les sources du vrai Droit sur les hauteurs d'une saine philosophie. Là pousse l'arbre de vie. Les ouvrages de notre