A LÀ MEMOIRE DE M. LE DOYEN DE VAREILLES
de Concordat avaient déjà fait imbrisables (1). Il vous eût félicité, et il se fût félicité lui-même, de vous voir porté à ce haut poste d'honneur et de combat, où vous recueillez l'héritage . à titre universel, de ce grand M&1 d'Hulst dont vous fûtes le fils, dont vous êtes l'historien, et pour lequel M. do Vareilles professait une admiration qui n'a d'égale que la mienne. Combien donc aujourd'hui il se réjouirait de vous voir reprendre au même poste ce que vous intituliez son « Apostolat intellectuel », parmi les sympathies unanimes et au sein de l'applaudissement universel dont Rome même a donné le signal ! Cet applaudissement, vous le savez, n'a trouvé nulle part plus d'écho qu'ici, chez nous, dans tous les cœurs... Que vous êtes donc nôtre, et que vous êtes donc bon, Monseigneur! Il vous eût remercié, Messieurs les Dovens et Professeurs
de Paris, de Lyon, d'Angers, d'être demeurés fidèles à cette réunion annuelle des Facultés libres, dont il avait été l'instigateur auprès de vous; et de l'avoir voulue, cette fois et cette année, à Lille. Et moi, je vous remercie de l'avoir placée, non seulement ici, mais en cette journée consacrée à sa mémoire. Il augurait grandement de vous. C'est à vous tous qu'il pensait, Messieurs les Professeurs catholiques du Droit, lorsqu'il disait, dans un de ses distours de rentrée : « Un jour viendra où l'ère des petits légistes sera close et celle des Jurisconsultes commencera... Une nouvelle ùcole se lève, celle du droit chrétien. Sa voix jeune et opprimée n'est pas encore assez forte pour se faire entendre au loin. Mais il est permis d'espérer qu'avec l'aide de Dieu, elle grandira ; et, en dépit des bâillons qui la gênent, elle parlera assez haut pour que la France légale en tienne compte. »
Il vous eût remerciés, vous Messieurs les Etudiants de nos Facultés sœurs : et en quels ternies gracieux, aimables, attendris il l'eût fait, lui qui aimait tant votre brillante et studieuse jeunesse, d'où qu'elle fût! N'était-ce pas lui qui. pour sa part, avait contribué à l'institution de ces concours annuel entre les jeunes juristes de nos Instituts, luttes animées mai luttes fraternelles, qui unissent loin de diviser, et qui scellent votre alliance par cette parole du poète : « Je n'ai pas d'ennemis, mais des rivaux que j'aime. »
(1) On se souvient que M. L'abbé Baudrillart, pendant les moi.- de décembre 1904 et janvier 1905, voulu! bien donnera noire section des Sciences morales et politiques une série de conférences qu'il publia ensuite en un beau volume, sous ce litre : Quatre cents ans de Concorda/.