MŒURS ET CR0TAMGB
s'avancer vers le village en criant, et portant dans une citrouille de l'eau fraîche destinée à calmer la douleur de la blessure. Aussitôtle peuple d*accourir à leur rencontre, et de les accueillir à coups de pierres. Les guerriers pressent le pas à travers une grêle de projectiles de toute sorte. De leurs boucliers ils font rempart à Teau dite mu forte ; car si elle était répandue, Taugure serait funeste, et la cérémonie renvoyée à un autre jour. Les enfants sont alors brusquement arrachés à leur sommeil et emportés dans la salle où les attend une foule compacte. Là des guerriers au costume étrange et brillant brandissent la lance tout en frappant sur leurs boucliers; ils poussent des hourras formidables et la foule les répète. Le pontife de la circoncision accomplit enfin son office au milieu des pleurs des enfants et des félicitations qu'on leur adresse.
Un an après, le souverain faisait publier l'action de grâces et ordonnait de nouvelles réjouissances publiques. En cette circonstance on circoncisait les enfants nés depuis la dernière fête et on annonçait le jubilé de grâce. Les prisons étaient ouvertes et tous les délits pardonnes.
A partir de cette année jubilaire jusqu'à la circoncision suivante, on . ne comptait que cinq ans d'intervalle puisque la circoncision sej^rati^uait ainsi deux années consécutives. Cette circonstance oubliée a fait croire à deux circoncisions périodiques, l'une de cinq, l'autre de sept ans, ce qui est une erreur.