‹ Vingt ans d'exilChapitre 4 sur 39 · Gare! gare · texte numérisé non relu

Gare! gare

Je faisais, en 1856, un petit commerçe, ayant pour associé un brave Grec appelé Epaminondas. Nous passions des journées entières à Galata : l’un de nous allait parfois en Grimée.

Un soir, à Péra, dans la rue de Kalindji-koulouk, j’étais près de la boutique de Dimitrakis le tutundji 1 -, je causais avec mon ami Noïos, le maître d’école de Tatavla, qui était dans la boutique même assis à côté de Dimitrakis. Tout à coup Noïos, qui s’était • levé, me prend par le devant de mon habit et m'entraîne dans la boutique. En même temps un coup de pistolet retentit, et une balle siffle près de mon oreille. Noïos avait vu la main de l’assassin braquant le pistolet et m’avait sauvé. La cause de cette tentative d’assassinat et d’autres qui la suivirent, était.... un différend pour affaires commerciales.

Le jour après, deux individus se présentent chez moi. C’était Vistafina et un autre de ses pareils.

« Monsieur, me dirent-ils, nous savons ce qui est arrivé hier soir. Nous savons aussi ce qui se prépare aujourd’hui contre vous. Si vous ne prévenez pas vos ennemis, vous êtes un homme mort : vous sentez déjà le cadavre. Nous sommes vos amis, vos meilleurs amis, et nous venons vous oflfrir nos services. Nous tuerons ces deux coquins qui menacent votre vie : nous les tuerons gratis. Vous êtes un bon patriote. Nous ne voulons pas d’argent de vous; nous demandons seulement votre consentement.

— Je vous prie de n’en rien faire, leur dis-je. Je ne

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