Turc, Grec, Français (Européen), Russe
grandi... Tous les hommes sont frères. Bulun adam-lar cardach.
— Et les femmes donc? fit Mihri.
— Les hommes et les femmes sont frères et sœurs. Je suis ton frère : tu es ma sœur.
— Voilà qui est drôle, dit la belle fillette en riant. Moi la sœur d’un giaourl... Si tu étais musulman, je voudrais bien être ta sœur. »
L’enfant disait cela d’une voix argentine , douce et pénétrante à la fois, une de ces belles voix qu’ont souvent les femmes turques.
« Butun adam-lar cardach, repris-je. Gela est aussi vrai qu’il n’y a d’autre Allah qu’Allah, et que lui seul est grand. Cela est aussi vrai que moi qui suis né sur une autre mer, loin, loin, une mer aussi grande que le Kara Deniz (mer Noire), je suis maintenant sur le Bosphore, et que tu es devant moi, Mihri, la fille de Suleyman effendi, la perle du Bosphore, la petite houri à la voix musicale. Sans doute c’est toi qui as la plus belle voix parmi les enfants qui répondent amin, amin, lorsque le codja suivi de tous ses écoliers et de toutes ses écolières parcourt le mahalla, en chantant des litanies et en portant dans ses bras l’enfant nouvellement entré à l'école.
— Gela est vrai, dit la fille d’Ève.... A l’école c’est moi qui ai la plus belle voix.
— Je l’avais bien deviné, repris-je. Je vais t’expliquer ce que dit le resoul 1 ... »
Je n’avais pas encore fini de dire ces mots, lorsqu’une foule de femmes sortirent des maisons voi-