I. Les Amitiés françaises
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assez vaine curiosité, mais, tandis que l'enfant s'anime au contact d'un horizon, sa mobilité, son plaisir lui amassent des matériaux'; et très aisément, avec de petits pèlerinages, Ton peut dégager chez un jeune garçon ses dispositions chevaleresques et raisonnables, le détourner]de ce qui est bas, l'orienter vers sa vérité, susciter en lui le sentiment d'un intérêt commun auquel chacun doit concourir, le préparer enfin à se comprendre comme un moment dans un développement, comme un instant d'une chose immortelle ^
Je doute si le petit garçon Philippe aimait naturellement les bêtes. A deux, trois ans, il se jetait sur le caniche et sur les chats avec une sorte de fureur nerveuse. Les chats fdèrent sous les meubles, gagnèrent la porte et bientôt cessèrent leurs visites. Il continua de poursuivre et d'étreindre Simon, dit le Velu, « Bonne bête... il est beau... pas méchant. » Le reste de ses propos s'étouffait dans la fourrure de ce fameux caniche, où il plongeait sa figure. Puis, tout à coup, on entendait deux cris : de l'animal, qui n'aime pas qu'on froisse ses longues oreilles, et de Philippe, qui, mordillé un peu trop fort, s'épouvantait.
— Je veux qu'on le punisse — disait-il.
— Non, c'est lui qui a raison : tu l'ennuies toujours.
« Je Tennuie ! » Quelle injure ! quelle idée insupportable à un petit garçon que les grandes personnes ne