I. Amori et dolori, p
cette méthode appliquée rigoureusement, que Du Sang, de la Volupté et de la Mort est devenu comme le Baedeker du romantisme? Côme, le Lac Majeur, un ou deux tableaux à Milan, Venise, Ravenne, notre touriste systématique et passionné va droit à ce qui peut l'exciter k « sentir le plus possible », brûlant, avec une décision très consciente, les haltes classiques du voyage, le lac de Garde, les églises lombardes, et la parfaite Vérone. C'est ainsi encore que Yamateur d'âmes a dessiné Titinéralre d^Espagne avec une dialectique aussi impérieuse que perverse. Enfin, on sait trop que rien n'est laissé au hasard dans le Voyage de Sparte^ vrai miracle d'élimination, et de résistance inflexible aux tentations du chemin.
Méthodique dans le plan général de ses voyages, M. Barrés sait aussi ne pas se disperser dans la contemplation des objets qu'il a choisis.
Au risque, — écrit-il encore, — de laisser en chemin une partie des sentiments dont Venise nous charge, essayons de les dénombrer. Révisons avec une volonté systématique ce que nous avons d'abord enregistré à notre insu. Le plaisir d'une longue réflexion méthodique n'est pas inférieur aux abandons de la rêverie ^
Une préoccupation morale guide le plus souvent, toujours même, cette revision.
D'Athènes à Sparte, — se dit le voyageur au début de ses expériences, — mon objet, c'est de reconnaître quel bénéfice moral nous pouvons encore tirer de la Grèce '^,