I. Du Sang^ de la Volupté et de la Mort, p
mettre cette philosophie douloureuse et souriante à la portée d'un petit enfant.
Est-il besoin d'en faire ici la remarque, «acceptation », dans la langue barrésienne, n'a pas du tout le même sens que « résignation ». Se résigner c'est toujours subir, tandis que l'acceptation est essentiellement agissante. Profondément pessimiste, cette philosophie permet, encourage, commande même toutes les joies de l'action. Au même temps qu'elle nous humilie en nous ramenant aux conditions fatalement médiocres de notre vie, elle nous stimule, elle nous impose le culte et l'imitation des héros. « Il est des lyres sur tous les sommets » de l'étroit pays où elle nous emprisonne.
« L'honneur comme dans Corneille, l'amour comme dans Racine, la contemplation telle que les campagnes françaises nous la proposent... Quand une âme lorraine se forme une haute conception de sa terre et de ses morts, cette idée, avec l'occasion, deviendra le principe de grandes actions lorraines ^ »
En reconnaissant ici les strophes tendres et viriles des Amitiés , françaises, plus d'un lecteur aura retrouvé du même coup l'inquiétude où ce chefd'œuvre nous laisse, l'objection qu'il provoque à chaque page sans la résoudre jamais. « Les trois déesses », « les lyres sur les sommets », l'apothéose de la Lorraine et de la doctrine de l'acceptation, tout cela peut-il bien se réduire en une discipline pratique, en une science de la vie? Il y a du vague dans tout lyrisme. Ébranlés par ces musiques splen-