‹ Vingt-cinq années de vie littéraireChapitre 50 sur 144 · Amori et dolori sacrum, p · texte numérisé non relu

Amori et dolori sacrum, p

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sentiments d'élégance, de fierté et de sensualité,' et, au lieu de se dire que par leur nature même de tels états demeurent intérieurs, il pense qu'il les trouvera réalisés dans d'autres lieux.

Mais peu à peu il se convainc que toute la terre est gâtée, et sans cesser de poursuivre les parties excellentes qu'elle conserve, il éprouve un dégoût fait de saturation et d'exigence et d'impuissance, parce qu'il voudrait participer à la civilisation totale dont il croit que ces parties sont des survivances fragmentaires.

Gela produit une satiété particulière : non pas Tennui que connaissent les gens qui ont abusé de tout, mais cette nostalgie, cette grande fatigue que cause une perpétuelle et une vaine tension de l'âme ^

Mai 1884 est, pour eux tous (Sturel et ses camarades qui çiennent de fonder un jounal), une période d'allégresse vitale : c'est enfin un objet extérieur qui est le mobile de leurs jeunes énergies. On ne les a élevés qu'avec des livres : les voici arrivés au moment où leur éducation produit son effet normal et complet ; ils vont ajouter à la masse des imprimés. Tous les jeunes Français, dans les lycées, sont dressés pour faire des hommes de lettres parisiens. C'est l'affirmation de leur virilité totale, leur premier acte après tant de singeries qui les y préparaient.

Un tel bonheur décolore le monde : que nous souffrions, voilà ce qui le nuance et qui lui donne une voix. Joyeux

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