‹ Vingt-cinq ans de littérature françaiseChapitre 18 sur 83 · MAURICE LE BLOND · texte numérisé non relu

MAURICE LE BLOND

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La Réaction contre le Symbolisme. — Le Naturisme.

La période qui s'étend de 1890 à 1895 ^vait été pour le symbolisme celle du triomphe. Le grand public, initié par l'enquête fameuse de Jules Huret sur l'Evolution littéraire, s'était familiarisé avec les noms jusqu'alors obscurs de

Mallarmé et de Verlaine, de de Corbière. Au grand désles poètes désertaient le Parrythmiques de Gustave de Vielé Griffin, intéresveaux venus. La plupart des ny, Paul Adam, Camille Leres œuvres s'alimentaient turalistes, sacrifiaient désorles, Marcel Schwob, Rémy etc., devenus les coUabodiens littéraires, instruisaient nuances d'un art hermétimenté, qui paraissait inactentatives dramatiques du l'Œuvre, qui s'opposaient valent d'affirmer la vitalité vues symbolistes comme Le^ r aires, La Revue blanche, Le

Jean Moréas Dessin de Rouveyre.

Rimbaud, de Laforgue, et espoir de Catulle Mendès, nasse. Les combinaisons Kahn, d'Henri de Régnier, saient uniquement les nouromanciers, comme les Rosmonnier, de qui les premièlargement aux sources namais aux idéologies nouvelde Gourmont, Jean Lorrain, rateurs des grands quotileurs lecteurs des moindres que, mystérieux et tourcessible au vulgaire. Les Théâtre d'Art, puis de à celle d'Antoine, achede l'École nouvelle. Les re- Entretiens politiques et litté- Mercure de France, étaient

feuilletées comme des bréviaires par tous ceux qui débutaient dans les lettres, et elles étaient les seules où il leur fût permis de publier leurs poésies et leurs proses.

Le symbolisme exerçait sur la jeunesse une extraordinaire fascination, une dictature incontestable. La plupart des jeunes écrivains de cette époque en

LES ÉCOLES L 1 'r T Ê R A 1 R F> S

subirent tout d'abord le joug, quelque ardents qu'ils aient été par la suite à s'en affranchir : Camille Mauclair, André Gide, Alfred Jarry, Charles-Henri Hirsch. Il n'existait point de talent, semble-t-il, hormis la formule triomphante qui excusait toutes les névroses d'âme, les perversités spirituelles, les bizarreries verbales et les anomalies esthétiques. Tous ceux qui œuvraient ou divaguaient à côté du vSymbolisme se condamnaient à l'indifférence : l'instrumentisme de René Ghil, le magnificisme de Saint-Pol-Roux ne recrutaient pas de partisans. On comptait bien encore l'Ëcole romane française ; mais son chef Jean Moréas n'avait pas écrit encore ses Stances souveraines, enfin, la critique de M. Maurras ne laissait pas deviner ses conséquences, et qui, combinée avec d'autres facteurs, devait provoquer par la suite ce qu'on a appelé la Renaissance classique. Pour se représenter l'étrange état d'esprit qui, vers 1895, régnait non seulement dans la littérature, mais dans les autres domaines , , __,

de l'art, il faudrait relire certains articles de Mirbeau (^) parus à cette époque. De cette époque littéraire, Laurent Tailhade a tracé aussi un tableau exact et savoureux {Le Français y 20 janvier 1901) : « Autour de Verlaine et de Gustave Kahn, le troupeau des imitateurs proliférait... Les strophes amorphes et polymorphes inondèrent les revues ; ce ne furent que mètres essouflés et rimes par assonances. On traitait couramment les Parnassiens de gâteux et Victor Hugo d'imbécile. Suivirent entre temps le néo-christianisme, le préraphaélisme et autres balivernes du même goût. ^ ^ ^^

r r ^ j> 1 ^ Eugène Montforï, a 20 ans.

Les primitifs régnèrent. Les maîtresses d esthètes se coiffèrent à la Botticelli : on était stupide sur fond d'or. »

C'est alors que des jeunes gens, presque des enfants, puisque le plus âgé d'entre eux n'a pas atteint la vingtième année, se groupent et publient une petite revue, Les Documents sur le Naturisme. Et, tout de suite, ils se dressent contre le symbolisme triomphant. Saint-Georges de Bouhélier, Eugène Montfort, Albert Fleury, puis Michel Abadie, y exposent déjà des idées qu'ils développeront plus tard dans leurs ouvrages. Ils réprouvent les perversions ascétiques et les mysticités factices. Ils se déclarent las des anomalies et de l'anormal. Aux « hystéries décadentes », ils opposent les ardeurs d'une sensibilité qui s'inspire directement de la nature : « Nos aînés ont préconisé le culte de l'irréel, l'art du

(i) Entre autres : Des lys! des lys! (7 avril 1895), Les Artistes de l'Ame Guin 1896), Botticelli proteste (4-11 octobre 1896), dans \e Journal.

songe, la recherche du frisson nouveau. Ils ont aimé les fleurs vénéneuses, les ténèbres et les fantômes, et ils furent d'incohérents spiritualistes. Pour nous, l'au-delà ne nous émeut pas, nous croyons en un panthéisme gigantesque et radieux. Ah! comme ces gens nous semblent fades et puérils avec leurs petits sadismes, leurs petites crises d'ascétisme! Et les âmes sœurs, les vierges-cygnes sont des amantes peu fécondes... en art surtout... Dans l'étreinte universelle, nous voulons rajeunir notre individu. Nous revenons vers la nature. Nous recherchons l'émotion saine et divine. Nous nous moquons de l'art pour l'art '(^). »

Dans les derniers jours de l'année 1896, la librairie du Mercure de France publie simultanément U Hiver en Méditation, de Bouhélier, Sylvie ou les Émois passionnés. d'Eugène Montfort, et U Essai sur le Naturisme 011 se trouvaient résumées les théories essentielles du groupe. Cette pubUcation valut aux naturistes une notoriété immédiate. Ce n'était plus seulement dans les milieux symbolistes que l'on s'inquiétait : la jeunesse des écoles s'animait à son tour, la grande presse se faisait l'écho de ces polémiques et de ces discussions. Il devenait nécessaire de résumer les tendances principales du groupe dans un document définitif. La publication fut alors résolue d'un manifeste que rédigea Saint- Georges de Bouhélier et qui parut dans Le Fi^'rtro, le 10 janvier 1897. Quelques semaines plus tard, La Revue naturiste était fondée.

Partisans d'un lyrisme plus humain, d'une littérature plus immédiatement inspirée de notre sol, avides d'introduire dans leurs œuvres le reflet et l'écho des préoccupations contemporaines, la plupart des jeunes écrivains, quelle que fût leur origine, communièrent alors dans la réaction contre le symbolisme. Une génération tout entière vibrait pour le même idéal. On vit paraître en l'espace de quelques mois, ici et là, dix périodiques nouveaux, qui bataillaient pour la

(i) Maurice Le Blond {Documents sur le Naturisme, n° ii).

Saint-Georges de Bouhélier, à 20 ans

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même cause : à Toulouse, L'Effort, avec Maurice Magre, Jean Viollis, Marc Lafargue, etc.. ; à Paris, L'Enclos, avec Louis Lumet, Charles-Louis Philippe ; à Aix-en-Provence, Les Mois dorés, de Joachim Gasquet ; à Bruxelles, L'Art jeune, d'Henri Van de Putte (^), Ruyters et Rency.

Parmi leurs aînés, les naturistes rencontraient aussi d'illustres défenseurs et de puissants patronages. A côté d'Emile Zola et de Rodin, ces «grands vivants», se rangeaient Léon Dierx et Catulle Mendès, Gustave Larroumet qui représentait l'Institut, Paul Alexis et Rodenbach, Camille Lemonnier, Verhaeren et aussi Gustave Charpentier, qui n'était pas encore l'auteur de Louise, mais qui groupait autour de lui toutes les forces modernistes de Montmartre. Un autre esprit s'intéressait vivement à leur activité, M. Charles Maurras, qui, dès 1897, consacrait dans la Revue encyclopédique, une longue étude aux « Jeunes gens du Naturisme », pleine de curiosité sympathique {^).

En 1900, on peut dire que si la bataille n'est pas encore gagnée par les naturistes, elle est perdue pour les symbolistes. M. Henri de Régnier le constate avec mélancolie dans Le Mercure de France. (Poètes d'aujourd'hui, Mercure de France, août 1900) : « De nouvelles tendances se manifestent, des réputations s'acquièrent qui grandissent à leur tour... Le reproche général que l'on fait au symbolisme et qui les résume tous en un mot: c'est d'avoir négligé la Vie. Nous avons rêvé, ils veulent vivre et dire ce qu'ils ont vécu, directement, simplement, intimement, lyriquement. »

Le temps est donc révolu où le même Henri de Régnier pouvait écrire (Enquête Huret) : « Nous voulons bannir de l'Art, délibérément en toute conscience, ce qu'on appelle les contingences, c'est-à-dire les accidents de milieu, d'époque, les faits particuliers. »

En somme, le symbolisme avait été le résultat d'une exaltation trop absolue

Henri de Régnier.

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(i) C'est M. Henri Van de Putte, dans L'Art jeune, qui avait le premier usé du mot «naturisme » pour l'appliquer aux tendances nouvelles.

(2) Consulter Léon Blum {Revue blanche, i"^' mars 1897), René Ghil {La Critique, 5 mars 1897), Numéro spécial consacré au Naturisme {La Plume, 1^^ novembre 1897), Edouard Rod {Le Gaulois, 7 janvier 1898), Henri Ghéon {L'Ermitage, juin 1898), Eugène Ledrain {Nouvelle Revue, 1" juillet 1898), Henry Bérenger {La Revue des Revues, 15 octobre 1898), Adolphe Retté {Le Rappel, 16 décembre 1899), etc.

de l'individu. Tous les liens qui unissaient celui-ci à sa race, à son sol, à son temps, à son pays, au milieu naturel ou social, devaient être, selon ses adeptes, abolis. Fatalement, leur art devait devenir ésotorique, dévier vers l'archaïsme, et, puisqu'il n'admettait que les seules disciplines du Moi, aboutir à l'anarchie intellectuelle. Pour le même motif, il allait déterminer une crise de cosmopolitisme sans précédent ; les Lettres s'engouaient de la peinture préraphaélite, du théâtre Scandinave, du roman russe, de la musique wagnérienne, alors que les principaux représentants de la tradition française, que les Maîtres de chez nous se trouvaient méconnus ou délaissés.

C'aura été le grand mérite de la génération naturiste d'avoir compris que l'individu n'est rien s'il n'est avant tout un homme de son temps, rattaché à sa race par de fortes traditions, et que les « accidents de lieu ou d'époque », au lieu d'être des «contingences » négligeables, demeurent, au contraire, essentiels.

Toutes les écoles littéraires que nous allons voir par la suite naître et mourir au cours des premières années du xx^ siècle, à l'exclusion du futurisme et du dadaïsme, se réclameront de ces vérités désormais acquises. Il semble d'ailleurs que M. Eugène Montfort ait excellemment résumé les conquêtes du naturisme (^). « Le poète ne s'exprime plus allégoriquement mais directement. Il ne prend plus ses sujets dans le rêve, mais dans la vie, car il a compris enfin celle-ci plus belle, plus profonde et plus haute que tous les rêves... Le naturel, la simplicité, l'humanité sont les caractères de cette littérature nouvelle, alors que ceux de la précédente étaient la recherche, le compliqué, le manque d'humanité. »

Pour en finir avec le naturisme, il conviendrait de mentionner encore deux initiatives qui se produisirent sous ses auspices, la fondation du Collège d'Esthétique moderne et le Congrès de la Jeunesse, lequel tint ses assises en 1900.

Le Collège d'Esthétique était né du double souci d'étudier, de coordonner les doctrines des novateurs, à quelque art qu'ils appartinssent, et de commenter la beauté moderne. Il se proposait aussi d'instituer une Maison commune des artistes. Pendant deux années, dans un atelier situé au fond d'une cour de la rue La Rochefoucauld, ses fondateurs organisèrent toute une série de manifes-

(i) La Revue, i^'^ août 1902. Étude sur la littérature nouvelle.

Maurice Le Blond, à 20 ans.

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tations intéressantes : conférences, expositions, etc.. Parmi les jeunes hommes, alors inconnus, qui fréquentèrent le Collège d'Esthétique, beaucoup, comme Elie Faure, Van Dongen, René Fauchois, Pierre Rameil, Guillaume Apollinaire, André Maginot, sont devenus diversement célèbres ; et il faut regretter que le manque d'argent ait obligé le Collège d'Esthétique à fermer ses portes au moment où il aurait pu devenir une institution durable.

Le Congrès de la Jeunesse avait pour but de réunir les jeunes hommes de la nouvelle génération, non seulement les littérateurs, mais les étudiants et les représentants des différentes tendances religieuses et politiques. Au moment où s'achevait l'Exposition de 1900, et si peu de temps après l'affaire Dreyfus, il était piquant de confronter les représentants les plus qualifiés de la jeunesse. Le Congrès se réunit à la mairie de Saint-Sulpice les i^^ et 2 décembre 1900. Il fut l'occasion de controverses passionnées et de hautes joutes oratoires auxquelles prirent part de jeunes orateurs comme J.-Paul Boncour, Jacques Bainville, Maurice Colrat, Henry de Jouvenel, Georges Deherme, Marc Sangnier, etc., toute l'élite politique du lendemain étant confondue avec la jeunesse littéraire.

Lendemain du Naturisme. = L'Humanisme. = L'École Française. = L'Intégralisme. - La Renaissance Classique

et le Néo=Symbolisme.

rUnanimisme.

Le groupe de TAbbaye et

Vers 1902, les principales idées naturistes s 'étant désormais imposées, le groupement se désagrégea, chacun désirant travailler isolément au libre épanouissement de sa propre personnalité. Bouhélier, qui écrira plus tard son Carnaval des Enfants, va s'adonner presque exclusivement au théâtre, laissant à M'"^ de Noailles la gloire de donner au naturisme son expression poétique. Montfort s'apprête à publier ses Marges et poursuit la publication de ses romans.

Cependant, quelques personnalités croient utile de continuer ou de reprendre la lutte contre le symbolisme. Tel est le cas de M. Fernand Gregh qui, dans Le Figaro du ^-;/^/V-*^ ler décembre 1902, pubUe un manifeste pour « lancer l'Humanisme ». A la vérité, ce mani-

Photo G. L. Manut\frèrts.

Fernand Gregh.

feste n'apportait point contre le symbolisme d'arguments nouveaux, il constituait plutôt l'affirmation individuelle d'un beau poète qui avait écrit déjà La Beauté de vivre et Les Clartés humaines. Son unique tort était de surgir, tout armé, au lendemain de la bataille. M. Gregh résumait ainsi ses tendances : clarté pour la forme; et pour le fond, de r humanité. Il devait trouver un appui sérieux chez le critique du Temps, M. Gaston Deschamps, jusqu'alors indifférent àl a jeune littérature.

La même année vit s'affirmer UÉcole française. Un certain nombre d'écrivains, très différents entre eux par leur âge et par leurs origines, s'étaient groupés pour publier chez Fasquelle un volume collectif, sous ce titre La Foi nouvelle, et dont les principaux signataires étaient M. C. Poinsot, Georges Normandy, Edmond Blanguernon, A. Boschot, Charles Méré, Marcel Roland, Han Ryner. Les uns puisaient leur inspiration dans l'art social, les autres dans le régionalisme, et cette Ecole française, sans véritable cohésion, apparaît plutôt comme une manifestation momentanée en faveur du vers dit libéré. Malheureusement, le vers libéré ne constituait plus à cette époque une nouveauté, depuis longtemps il était revendiqué par les naturistes et plus particulièrement pratiqué par le groupe toulousain de L'Effort.

En somme, ces deux groupements n'apportent guère que des redites. Ulntégralisme, dont le programme rédigé par M. Adolphe Lacuzon parut dans La Revue bleue le i6 janvier 1904, et qui groupait les noms de MM. Cubelier de Beynac, Séb.-Ch. Leconte, Léon Vannoz, etc., présente le mérite d'une théorie un peu abstraite, d'essence philosophique, mais intéressante. M. Lacuzon déclarait réagir contre certaines fadeurs, certaines puérilités dont le naturisme pouvait paraître en partie responsable, notamment les naïvetés volontaires et le zézaiement d'un Jammes, et contre le bucolisme excessif de quelques suiveurs. M. Lacuzon se rappelait cette formule de Shelley : «Les poètes sont les législateurs méconnus du monde. » Il assignait à la poésie la mission d'agrandir la conscience humaine au delà même des vérités contrôlées. L'intégralisme ne se proposait rien moins que d'exprimer la vie en fonction de la vie universelle. Conception trop doctrinaire qui fut, au début, soutenue par des critiques comme Ernest-Charles et André Billy, et qui pouvait susciter tout au plus une poésie scientifique, renouvelée de Sully-Prudhomme.

Il nous faut encore signaler vers la même date Vimpulsionnisme, le simultanéisme et V École somptuaire. Mais ces différentes écoles né paraissent guère avoir

Adolphe Lacuzon.

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créé que des étiquettes inutiles. Rien ne justifiait la création de ces barbarismes éphémères, et le peu d'attrait qu'exerçaient leurs théories allait favoriser deux offensives extrêmement sérieuses de réaction littéraire, l'une menée en faveur du symbolisme par M. Jean Royère, la seconde dirigée contre toutes les tendances de la littérature moderne, et qui devait grouper sous le nom de Renaissance Classique une importante partie de la jeunesse contemporaine.

Ceux qu'on appela les néo-symbolistes s'exprimèrent principalement dans L'Occident, Vers et Prose, et dans La Phalange. Dévoués surtout au culte de Stéphane Mallarmé, leur effort ne détermina pas d'oeuvres nouvelles ; leur tâche, qui fut plutôt celle de critiques et d'exégètes, tendait à remettre en faveur des maîtres auxquels le naturisme avait porté un coup très dur. Le principal représentant de ce symbolisme expurgé est aujourd'hui M. Paul Valéry.

La Renaissance Classique fut accueillie avec transport par la focale de ces esprits timides qui trembleront toujours devant les recherches trop originales, les notations hardies, chères aux écoles qui caractérisèrent la fin du xix® siècle.

C'est dans sa copieuse préface, écrite pour les Chants séculaires de Joachim

Gasquet, que M. Louis Bertrand, ro- . , „ , ry^r- 'i^^- ■^—r-r/ ■ ^ mancier dont la manière s était msp.ree.^A^^s^- r^uu Ll ^^^ ?\rj'-j^.^\^%^^ ^

de Zola, afiir- %^ ^j.^^ J^c^- /^ i.u^^L h^& '

sance Classique dans les lettres françai- '"'^'' ^ \

ses. Soulevé par l'exemple de Mistral,

imprégné des théories de Charles Maurras, M. Louis Bertrand soutenait que le poète et l'artiste devaient être avant tout « l'expression de leur race, qui n'est que l'hérédité sélectionnée ». Il s'insurgeait contre ce qu'il appelait les « mauvaises disciplines du xix^ siècle », et aboutissait à un « nationalisme littéraire » qui n'a guère cessé de subsister. Le succès des Stances de Jean Moréas, bien plus que celui des Chants séculaires, consacra cette formule de la Renaissance

Louis Bertrand chez lui.

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