‹ Vingt-cinq ans de littérature françaiseChapitre 36 sur 83 · LES CHRONIQUES · texte numérisé non relu

LES CHRONIQUES

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Couverture du premier numéro de la Nouvelle Revue Française

Couverture du premier numéro des Marges

Couverture du premier numéro du Divan

(') Autres revues à consulter sur la période 1903-1914 : Le Prisme (Le Havre), Les Gerbes (Aix-en- Provence), Tendances nouvelles (Angers), La Revue des Lettres et des Arts (Nice), Le Cahier des Poètes (Nice), L'Aloès (Nice), L'Olivier (Nice), Les Cahiers d'Aujourd'hui, La Revue Critique, Poème et Drame (de Barzun), L'Indépendance (de Jean Variot et René Benjamin), Les Faits (de Victor Litschfousse), Les Cahiers (Martial Piéchaud), La Nouvelle Journée (Maurice Brillant), La Revue des Lettres Françaises (de La Tailhède), La Renaissance latine, Le Spectateur , Les Tablettes, Nouvelles de la République des Lettres (d'André Salmon).

De 1914 à 1920

Rien jusqu'en 1915. S'il y a des revues, elles se font au front, elles se lisent au front, elles ne parviennent pas à l'arrière. D'ailleurs, sont-ce des revues littéraires, non, mais exactement des journaux du front. Un seul durera après la guerre : Le Crapouillot, de Jean Galtier-Boissière. Il est artistique et publie des dessins et de nombreuses reproductions de tableaux.

En octobre n)i^Le Divan reparaît. Dans un avant-propos, Henri Martineau disait : « Nous devons dès aujourd'hui commencer d'élever une humble stèle

aux écrivains morts pour la France,

... Nous voulons commémorer nos morts... » Il ne s'agit plus de discussions littéraires, il n'est plus question de chercher le courant qui entraîne la jeunesse, de jeter quelque lumière sur la sensibilité nouvelle. Car il n'y a plus de jeunesse littéraire, il n'y a plus que des soldats. Et la première revue qui reparaît après la guerre ne peut avoir qu'une pensée : honorer ceux qui, parmi les soldats tombés, étaient des poètes.

Le Divan publia six brochures dédiées aux écrivains morts pour la France.

En 19 16, une revue : Le Double Bouquet.

C'est une revue française, mais qui se publie à

Lausanne. Elle imprime des proses et des vers

bien choisis par André Germain. Au milieu du

tumulte des armes, elle essaie de conserver un

peu du goût de la littérature, de sauver l'amour

de la poésie. Elle est rafraîchissante, elle est

reposante ; elle voudrait faire oublier quelques instants l'angoisse de l'époque.

Mais en 1917, alors que beaucoup sont morts, beaucoup d'autres ont été

grièvement blessés, gravement malades. Ils sont renvoyés à l'arrière, certains

sont réformés. Avec ces rescapés, quelques milieux littéraires se reconstituent.

L'un des premiers est celui des Solstices, que fonde Louis de Gonzague

Frick, et dont le premier numéro est précédé de la note suivante :

« En créant, à l'heure présente, une revue d'essence et d'esprit purement littéraires, nous avons pensé répondre au désir général des lettrés ; il est de fait que le lecteur, à l'avant comme à l'arrière, tâche. à reposer son esprit sur des motifs de poésie et d'art.

Galtier-Boissière

LES REVUES LITTERAIRES

NOBD-SU

REVUE LITTERAIRE

Sans doute, pouvait-on s'attendre à une résurrection des revues qui avaient conquis une place si grande dans le mouvement intellectuel ; or, pour des raisons diverses, ces nobles périodiques ne voient point le jour en ce moment, et il nous a paru opportun de fonder « les Solstices » afin de grouper les meilleurs éléments épars de la jeune littérature. »

On trouve aux sommaires des Solstices les noms de Jean Royère, Fernand Fleuret, Henri Vandeputte, Francis Carco, Mac Orlan, Léon Deffoux, etc. Le premier numéro avait paru en juin.

Déjà en mars. Nord- Sud avait fait son apparition. Ce recueil déclarait : « La guerre se prolonge. Mais on en connaît d'avance l'issue. La victoire est

désormais certaine. C'est pourquoi, il est temps, __

pensons-nous, de ne plus négliger les lettres et de les réorganiser parmi nous, entre nous.

Naguère, les jeunes poètes allèrent trouver Verlaine pour le tirer de l'obscurité ! Quoi d'étonnant que nous ayons trouvé le moment venu de nous grouper autour de Guillaume Apollinaire. Plus que quiconque aujourd'hui il a tracé des routes neuves, ouvert de nouveaux horizons. Il a droit à toute notre ferveur, à toute notre admiration. »

Leno I de Nord- Sud, en outre de La Victoire, poème d'Apollinaire, publiait du Max Jacob, du Reverdy, du Dermée.

Il était intéressant de savoir ce qu'allaient devenir, après la guerre, les diverses tendances qui en 19 14 se distinguaient dans la jeune littérature : celle des néo-classiques, Jean-Marc Bernard et ses amis, celle des poètes dont Carco écrivait dans les Marges en décembre 13 : «Nés de la sensation, ils chantent la sensation. Ils lui donnent, avec une entière complaisance, la première place dans leurs poèmes et, sans rien en déduire, savent cependant lui faire traduire la Joie et la Tristesse, selon qu'ils sont de l'une ou de l'autre humeur.... » et il citait : Tristan Derême, Jean Pellerin, René Bizet, Léon Vérane, Claudien, enfin la tendance d'Apollinaire et des Soirées de Paris.

Dans Nord- Sud, tout de suite, Paul Dermée combat les néo-classiques, « l'erreur des néo-classiques qui veulent un appauvrissement de notre lyrisme et de notre langue en nous donnant comme modèle notre xvi^ siècle... »

Mais voici 1918. Les revues naissent, ou renaissent, de toutes parts : Ariste

15 Mars 1917 ^m

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