‹ Vingt-Cinq Observations D'Épithéliomas Des Voies Aéro-Digestives Supérieures Dans Leurs Rapports Avec La SyphilisChapitre 8 sur 14 · LAN · texte numérisé non relu

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sphilis et le cancer autre chose qu’une influence prédisposante de la première sur la seconde. Pour lui ces liens sont plus intimes, leurs manifestations simultanées en se combinant et en se correspondant, se présentent sous l’aspect d’une nouvelle personnalité, d’un produit mixte : C’est l’hybridité cancéro-syphilitique.

Ces idées ont été reprises et développées par OZENNE dans sa thèse de 1884. Le produit de croisement des deux diathèses cancéreuse et syphilitique est un hybride avec une autonomie compiète anatomique et symptomatologique. Il ny a entre les deux maladies aucune relation de cause à effet ; le cancer n’est pas un accident syphilitique et la syphilisne joue qu’un rôle secondaire dans la pathogénie du cancer. Il insiste sur l’action définitive du processus syphilitique qui peut créer une prédisposition à l’éclosion du cancer, qui se développera alors de préférence dans les points lésés par la maladie vénérienne.

On voit combien cette notion était originale et ingénieuse. Mais elle fut combattue par l’Ecole Lyonnaise, par AUGAGNEUR en particulier en 1892, qui nia l’existence de l’hybridité.

De nombreux auteurs tant en France qu’à l'Etranger s'intéressent à la question.

En Allemagne BLascako et Joss dans sa thèse inaugurale en 1893, admettent et discutent les rapports de la syphilis et du cancer.

MouzINE, SCcHNaBz, Mayer relatent des observations où l’examen histologique montre côte à côte l’épithélioma et la gomme.

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BrauLt dit que la plupart des sujets atteints d’épithélioma buccal qu’il a examinés avaient la syphilis.

BARTHÉLEMY croit que la syphilis prédispose au cancer dans l’âge mûr, car elle affaiblit la résistance de l’organisme et la résistance cellulaire.

Aupry, de Toulouse, ayant en vue plus spécialement les cancers de la cavité buccale, pense que la syphilis peut agir de trois manières :

ie cancer fait suite à la leucoplasie;

le cancer se développe sur des lésions syphilitiques en activité ou cicatrisées. |

la syphilis pourrait peut-être agir comme cause générale prédisposante.

En 1904 ErcHEVERRY développe les idées d’AUBRY.

Le 30 octobre 1906, Poirier, dans une communication à l'Académie de Médecine de Paris attribue le cancer lingual à la svphilis. Pour lui, tout le monde ne peut avoir un cancer lingual, deux conditions sont à peu près indispensables pour cela, il faut être fumeur ou syphilitique, ceux qui réunissent ces deux conditions ont beaucoup plus de chances que les autres.

Le 27 novembre suivant, au sujet de la communication précédente le P° FourNIER disait : « Oui, pour moi, le cancer buccal et plus particulièrement encore le cancer lingual sont de véritables dérivés de la syphilis », et il ajoutait : « Si la syphilis acquise fait le lit du cancer, devenue héréditaire, elle le lègue parmi tant d’autres tares à sa descendance. »

La même année, Horn», dans une thèse de Lyon

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pense que la syphilis prédispose non seulement au cancer de là bouche mais encore du sein, des organes génitaux, urinaires, du tube digestif, du foie et surtout du rectum.

Ces idées semblaient être définitivement acquises lorsque récemment, le 419 décembre 1927, MM. le P: Rous- SY et BERTILLON faisaient paraître dans le Bulletin de l'Association pour l'étude du cancer les résultats et les conclusions d’une étude statistique importante sur la fréquence de la syphilis dans les cancers de la muqueuse bucco-pharyngo-laryngée.

Voici ces conclusions :

« Nous avons de plus en plus l’impression que l’on a « exagéré la fréquence des rapports du cancer et de la sy- « philis et que les documents que noûs sommes en train de « recueillir dans le service et à la consultation du Centre «anti cancéreux, viennent confirmer cette impression ».

« Le rôle de la syphilis est constamment invoqué par « certains auteurs, comme créant une prédisposition à l'éclo- « sion du cancer, surtout pour ceux des orifices naturels ; «et c’est-là, du point de vue de la pathologie générale des « cancers, une question du plus haut intérêt. La syphilis « crée-t-elle un état humoral particulier de l’organisme qui « facilite l’apparition du cancer, ou conduit-elle au cancer « par l’intermédiaire des lésions locales qu’elle provoque « surtout au niveau des muqueuses ? »

« C’est pour essayer de répondre à ces questions que « nous apportons aujourd'hui notre première statistique. « Celle-ci montre, à l'évidence, que si l’on recherche avec « grand soin la syphilis chez tous les malades porteurs de « lésions néoplasiques malignes des muqueuses bucco-pha-

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«rÿngo-laryngée et que l’on pratique en même temps et | « systématiquement la réaction de Bordet-Wassermann «dans le sang, les résultats négatifs sont aussi nombreux | « que les résultats positifs ».

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