‹ Vingt contes nouveauxChapitre 10 sur 19 · LA FENETRE ECLAIREE I · texte numérisé non relu

LA FENETRE ECLAIREE I

salle à manger, sur un lit-canapé qu'on déploie tous les soirs. Ah ! le petit dernier, — qu'on n'attendait pas, le pauvre chéri, mais qui a tout de même été le bienvenu, — avait déséquilibré le mince budget. Heureusement que le papa a trouvé dans une maison de droguerie une tenue de livres de six cents francs par an, qui le force à partir à huit heures du matin, voilà tout, en emportant son déjeuner dans sa serviette de chagrin noir. Eh bien, on ne se plaint pas ; tout le monde est en bonne santé. Léon, leur aîné, qui fait sa cinquième, a eu trois prix Tannée dernière, et c'est attendrissant, le regard affectueux que le mari tourne vers sa femme, quand il la voit se fatiguer les yeux à coudre le soir et qu'il lui dit : « Allons, maman, va te coucher... En voilà asse2 pour aujourd'hui. » Mais pourquoi n'en fait-il pas autant, hii, le père, qui doit se lever demain de si bon matin et mettre au courant le grand livre de son droguiste ? Pourquoi s'attarde-t-il auprès de la lampe à pétrole ? Ah ! c'est qu'il s'est aperçu que, dans la suite de ses études, Léon ne pourrait point se passer d'un répétiteur, et voilà qu'il tâche de rattraper son vieux grec, le pauvre bonhomme, et qu'il se remet à piocher son Burnouf, et qu'il s'embrouille dans les esprits rudes, les duels et les aoristes...

Bah ! malgré toutes leurs misères, Ludovic les envie quand même, ces honnêtes gens, car ilspos-

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de ses v(îipes,,^^;n-jgga9d,^çi^ïifn^t„et jls maj^gfflj ^HTi*n?.igrft.Wil)4j?yfie,ls,)îer^^u.gptopr^

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Soudain de grosses gouttes dé pîùïë 'Wètiflérit s'écraser sur le trottoir et sur la table de brasserie où Ludovic est accoudé. C'est l'orage, il faut rentrer. ^^

Malgré l'heure jSi^ve^^^^ouve sa concierge éveillée et ravaudant i^^ba^ de laine dans sa bergère. Parbleu ! il saura qiiîveillait derrière ce rideau lumineux devant lequel il a si douloureusement rêvé ce soir de tous les bonheurs, de ceux du moins qui sont à la portée des pauvres : le travail, l'amour, la famille.

— Qui donc demeure au-dessus de moi? demande-t-il à la vieille femme. Oui, dans la chambre, juste au-dessus de la mienne?... C'est la seule fenêtre qui soit encore éclairée dans la maison.

— Hélas! monsieur, lui répond la concierge, il n'y demeure plus personne... Il y avait là un pauvre vieux qui devait deux termes... Ltpopiitaire ne les

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^xâiït&dik'ans et^ tefatfér%^Bfc»^ :/'Màs îï est mort tantôt^- sfai*^Ktbût)-^^quâttîî^ heures;.; Aldr's la dame du premier a domié un vieux drap pour Tensevelir, et comme il ne connaissait personne... ah! mon Dieu, non^ pas un ami, pas un parent pour le veiller... j*ai allupié une bougie auprès de son lit, et puisque voilà lîiaintenant tous les locataires rentrés, je vais monter une heure là-hàut et

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Une Idylle nianquéé

EULS, les vieux Parisiens savent que chaque faubourg de la grande capitale est une petite province, vivant d'une vie personnelle, ayant ses grands hommes de clocher, ses célébrités locales. Or, il y a cinq ou six ans, personne n'était plus fameux dans le quartier qui s'étend du Champ-de-Mars aux Fortifications que le grand-premier-rôle Saint- Armand, dont le nom, imprimé en caractères gras, avait toujours les honneurs de la vedette sur l'affiche du théâtre de Grenelle. Sans doute, l'expansion de cette renommée avait des limites assez bornées, et Saint- Armand, illustre à Javel, était à peu près inconnu au Gros-Caillou. Mais qui peut se flatter d'avoir vraiment atteint la gloire ? Assez récemment, un employé de mairie, rédigeant un acte de mariage.

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îi'a-t-il pias demandé à Victor Hugo, l'un des té-^ moins : <c Votre nom s'écrit-il avec un t ? »

Saint-Armand — c'était un sage — se contentait d'être l'idole de son quartier et ne s'affligeait pas d'être obscur au delà des Invalides. D'ailleurs, tenir l'emploi de premier-rôle assoluto, jouer sans conteste tous les Bressants et tous les Mélingués, et parler d'un air protecteur à la duègne et au comique-habillé, cela peut suffire à l'amour-propre — ^ toujours formidable pourtant — d'un comédien. Pour lui, l'essentiel est d'avoir la première place, et même, à bien des égards, doit-il aimer mieux l'occuper dans un modeste théâtre de banlieue, où l'applaudit bruyamment l'enthousiaste public des faubourgs, si passionné pour le spectacle que, dans ce petit monde, la conscience d'un homme intègre et la vertu d'une femme austère se sentent fléchir devant l'offre d'un billet de faveur.

- Le grand-premier-rôle en tous genres du théâtre de Grenelle méritait-il sa popularité ? Presque.

Déjà mûr — - il avait longtemps couru la province — et tout près d'aborder la quarantaine, Saint-Armand était un gars superbement bâti, fait pour le maillot. Un peu de ventre déjà? Allons donc ! Non, du gilet, de l'estomac, un air de force enfin, qui ne lui faisait aucun tort dans le séduisant et le servait dans le pathétique ; et,* sur un cou de taureau, un large visage, aux traits un peu grosj

excellent pour roptîque de la «cène et de cette pâleur olivâtre qui blanchit aux lumières. L'œil très noir et encore brillant, bien que frisé par la patte d*oie, le cheveu rare mais redevenant fbi^ueuxsous le fer du coiffeur, de courtes moustaches qui ne tombaient même pas dans les rôles à poudre, et un reste indompté d*accent toulousain, tout en lui était d'accord avec une espèce de talent chaleureux et commun, le talent du cabotin qui joue des pectoraux pour exprimer l'émotion et tape du pied à la fin des tirades.

Aussi, quel prestige! Le « Tout-Grenelle des premières » — ouvriers aux faces charbonnées des usines d'alentour, « riz-pain-sel » aux épaulettes blanches, cigarières aux doigts jaunis de la Manufacture des Tabacs — n'aurait pas souflFert un autre d'Artagnan, un autre Lagardère; et quand Saint- Armand reprenait un de ces grands rôles de cape et d'épée, on faisait, tout le long de la semaine, le maximum des samedis de paie.

De tels triomphes avaient inspiré à Saint- Atmand — avouons sa faiblesse — une excusable vanité. « A la ville », il parlait trop volontiers peut-être de sa personne et de ses succès. Il s'abandonnait notamment à ce travers dans le petit café de la rue Fondary, où il arrivait ponctuellement chaque soir, à cinq heures, toujours très bien tenu, la redingote serrée à la taille, un soupçon de teinture à ses

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-t* Oul'-^ disiir-il à 'ses ihôiésf,' béants '-'d'admk ratioii defeaat J'attiste, '^^^ je Siiis thodéste^'et'je hé r4i'en.JÈqs'.'^a8fâfctroire.' Gôrtaîjftéthérir, " Dmnaine peut être mieux que moi dans Pat'Aè^ ' Taîlladé mLeux que^Aioi dans lei DeUx Orphelmes^Licrtssoinaière iiiieiaix que ixm. d'aiis le- double 'rôle dii Courrier' d&.Lyon.,^T6xkt Ce' que'voîis voudrez... Mais!jejlie!crdŒis .p0ii$pnhe4tos Ldji^drè le Pâtre, ;

Est'-ii néfaessaire de dire qn'uri pafreiî hômmé avuit-tid toaç-temps refaipprtè sur le séxe^èncliantéut' d'ionûmbrables et très- flatteuses "Victoires? Jadfe^' eoi province, d'aplpès. la légende, il 'avait été redoutable ; et le souvenir d'une trop sensible préfète était lié, parah-il,à l'épingle èurm<>ntéé d'une perle noire, dont se parait Saint-Arniand, resté fidèle a.Ux cravates longues. Aussi, en matière dé galânterie, avait-il les opinions exclusives, les idées arrê*tées du pacha qui n'a qu'à jeter le mouchoir, de l'homme qui peut choisir parmi les hommages.

Esprit hiérarchique et tenant à conserver dans les coulisses son rang de grand-prémier-rôle, il dédai-

gnait les comédiennes et, pareil à T éléphant, cachait ses amours ; ce qui faisait dire cyniquement à Anatole, le premier-comique de l'endroit : « Saint- Armand porte en ville. »

Mais la vérité, qu'il dissimulait soigneusement, c'est que, depuis son séjour dans la banlieue, il avait vu décroître le nombre de ses bonnes fortunes. Quelques maîtresses d'officiers, quelques femmes de petits employés, dépravées par le désœuvrement des après-midi ; et c'était tout. Il fallait s'y résoudre, Grenelle était un mauvais terrain, où ne s'épanouissait pas la fleur du caprice. Pourtant bien des cœurs battaient sur son passage ; vers onze heures, quand il se rendait à la répétition, les chansons s'éteignaient dans les boutiques de blanchisseuses, et les ouvrières des fabriques, qui vont par groupes sur le trottoir en mangeant des « frites » dans un cornet de papier, le suivaient des yeux avec émotion. Sans ridicules préjugés de caste, Saint-Armand eût volontiers souri à quelques-unes 4e ces idylles faubouriennes ; mais il était accoutumé à ce qu'on lui fît des avances, il les attendait; et les fillettes éblouies par l'auréole de l'artiste, n'osaient pas élever jusqu'à lui leurs désirs et leurs espérances.

C'est pourquoi, en plein succès, au beau milieu de l'hiver, et comme il venait de reprendre le Fampire — un rôle à bottes à glands, à collant gris et

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à redingote à pèlerine, un rôle irrésistible, — Saint- Armand, si invraisembable que fût le fait, Saint- Armand n'avait pas de maîtresse.

Un matin, tout en se faisant la barbe, .dans sa chambre modeste, mais confortable, — il avait quelques économies, — le comédien songeait mélancoliquement à cet état de choses et, se rappelant son temps de Conservatoire, il murmurait le vers fameux :

Mon innocence enfin commence à me peser,

lorsque son concierge lui apporta une lettre, — une lettre de femme !

Enfin!

Orthographe douteuse ! Écriture de nourrice \ Evidemment, il ne s'agissait pas, comme dans la Tour de Nesky de « très grandes dames. » Qii'importe! On l'admirait, on l'aimait! La lettre était émue et respectueuse, et le suppliait de se trouver lesoir même, à cinq heures, devant le grand mur de la rue Lecourbe.

Tout de suite, il résolut d'y aller et, — faiblesse singulière chez ce bourreau des cœurs, — jusqu'au soir, il fut impatient, nerveux. Enfin, l'heure du berger sonna^ et il était presque troublé en arrivant au rendez-vous.

La nuit était tombée tout à fait, il faisait un froid sec, et le gaz flambait clair dans la longue rue déserte. Du côté des maisons, quelques rares passants filaient vite, et de l'autre côté, au-dessus du long mur de l'usine à gaz, les énormes cylindres des réservoirs se découpaient sur l'azur nocturne, déjà'constellé.

Saint-Annand allumait une cigarette pour chiltv mer les ennuis de l'attente, quand une voix jeune, qui tremblait un peu, murmura tout près de lui : ^

— Me voilà! * -

n retourna vivement k tète et, à la lueur d'un bec de gaz tout proche, il considéra sa victime.*

G^était une enfant du peuple, la gamine vite dé»niâisée à l'école et en a'pprentissage,' qUî, Fan passé, jouait peut-être encore avec le^ galopins, dans l'escalier dé ila maison à cinq étages, pleine de familles' d'buvHérs,' et qui, tout à' coup'; était devenue une grande fille,' portant avec- on ne'*$a5t quelle grâce pàrisîdrihe sa- « coftfeetiôn' » au-lrafba*^ et sa toque de faussé^ loutre. Mais quoiî^îx-sèpt ou dix-huit ans, la ■bea:ùté'du ditthle, 'fe dé}6uiië' de soleil, des cheveux blonde fous, des lèvres

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rouges, des dents saiaes, — malgré le teint pâle de la chlorose — et au fond de ses grands yeux un peu canailles, un regard naïf malgré tout, qui faisait songer à une branche de lilas dans un verre, au mois d'avril, sur la fenêtre d'une prostituée. , Saint-Armand, grisé déjà par la bouffée de jeunesse qui émanait de la fillette, lui avait donné le bras et pris la main, — une main grasse et ch.^ude, avec les bouts de doigts rugueux de l'ouvrière.

— Et d'abord... vou? vous appelez ?

— Agathe.

Soudain intimidée, les yeux obstinément baissés sur l'asphalte du trottoir, mais pressée par les questions du comédien, elle lui confiait son petit roman. Elle allait au théâtre de Grenelle tous les vendredis — lé jour chic ! — et elle l'avait admiré dans tous ses rôles; elle savait par cœur des phrases, des tirades Ç elle les déclamait en l'imitant. Amélie^ il y a Saisie ans qu'un crime fa faite mon épouse /... Hein ? comme ça, n'est-ce pas?... A son atelier — elle était coloriste, dans la rue Bonaparte, pour les images de sainteté — elle ne parlait plus que de lui, et ses camarades lui avaient dit : « U ne voudrait pas de toi, ton artiste ! >» et l'avaient mise au défi de lui écrire. Alors elle avait fait sa lettre, — elle s'excusait pour l'écriture, — et elle l'avait gardée deux jours dans sa poche, hésitant beaucoup, et elle s'était tiré les cartes avant de la

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mettre dans la boîte, et tout à Theure, elle avait la bouche sèche et le cœur tout barbouillé en allant au rendez-vous. Mais il était venu, il était bien gentil d'être venu... Et elle se serrait contre lui, le regardait en dessous, s'offrait^ se donnait, la misérable enfant, avec un mélange d'effronterie et de honte.

Eh bien, qu'est-ce qui lui prenait donc, au cabotin? Il n'était pas scrupuleux pourtant dans ses aventures d'amour. Mais depuis qu'Agathe parlait, il lui serrait la main moins fort, et il se sentait tout démonté. Il devinait un mystère, quelque chose d'obscur et d'inconnu, dans le langage de la jeune fille, et il était comme, épouvanté par ce C3mismô qui s'ignorait. )

— Et quand vous venez au théâtre, le vendredi^ — demanda-t-il à Agathe pour dire quelque chose, = — c'est sans doute avec un bon ami ?

Mais, cette fois, elle le regarda franchement dans les yeux, en éclatant de rire.

— Un bon ami ? Ah ! bien oui... Mais je n'en ai pas de bon ami, et j^ n'en ai jamais eu; et pour nous voir, si vous voulez que nous nous voyions

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quelquefois, ce sera difBcile... Ils ne sont pas commodes, allez, papa et maman, et ils m'ont toujours surveillée, ah! mais, ah! mais... J^en ai attrapé, étant petite, de ces paires de calottes, quand je revenais trop tard de la « mutuelle »... Papa, lui, ne peut pas trop s^occuper de moi, il travaille toute la journée à Tusine Cail... mais, maman, oh ! elle est terrible... C'est seulement depuis que je suis dans Tatelier de la rue Bonaparte qu'elle me laisse aller et revenir toute seule, parce que c'est trop loin pour m'accompagner. . . Un bon ami ? Les petites camarades m'ont assez blaguée parce que je n'en avais pas!...

Elle continua ainsi longtemps, riant toujours, avec un accent d'horrible sincérité. Il n'y avait pas à en douter, personne n'avait encore cueilli cette rose du ruisseau. Ses parents, disait-elle, voulaient la marier avec un petit tailleur de la rue Croix-Nivert, qui faisait des raccommodages; un vilain rouge, ayant les jambes en pieds de banc de guinguette, à force de rester accroupi sur son établi, et qu'elle ne pouvait pas souffrir.

Mais, encore une fois, qu'a-t-il donc, le premierrôle adoré des femmes, le Lovelace de province, le Valmont départemental, qui a obtenu jadis les faveurs d'une préfète ? Voilà qu'il est navré, maintenant,, par le bavardage de cette vierge sans innocence, et que son cœur — il en a un, et pas mau-

vais, après tout — s'emplit peu à peu d'un senti* ment où le dégoût est vaincu par la pidé.

Voilà qu'il songe que, malgré les teintures et les cosmétiques, il a quarante ans tout de même et que, s'il s'était marié autrefois, à Montauban, avec « Tingénuité, » il pourrait avoir une fille de l'âge d'Agathe, et qu'élevée dans les coulisses — un joli monde encore ! — elle serait peut-être devenue comme celle-ci...

En ce moment, la lune s'est levée ; elle met une pâle bande de lumière sur les gros réservoirs cylindriques du gazomètre et découpe nettement, sur le mur, l'ombre du groupe formé par Saint-Armand et Agathe. C'est singulier, regardez donc ! Il ne donne plus le bras à la fillette, le comédien ; il se tient devani elle et lui prend les deux mains, mais d'un air tout paternel; et il branle k. tète comiiie un homme qui parle longuement, qui donne xies conseils. Mais c'est la , silhouette d'Agathe qui est curieuse avoir sur la, muraille ! £lle baisse vie i nez à présent, dans l'attitude de |a confusion; et ' Saint^Armand agite devant elle un dcçgt sévëite, JÎdn doigt qui fait de Ja morale. Mais vraiment,, estncei possible? Elle a. tiré son 'nu)Qcboirt4e sapdche, elle pleure l Ah ! il a^torr, illiûditdiBs dioses.uaap.! dures, à la pauvre petitew 'Kbn, vx^ye^i c'est . uàA brave homme. Il la console maintenant, il luri a repris les mains et les cairesse dockemeoit.*, Héin}^

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qu'est-ce que c'est ? Il l'embrasse ! ... Sur le front, à la bonne heure !... C'est un adieu ; ils se serrent encore les mains, et puis elle se retourne, elle s'en va, marchant très vite et la tête basse... Eh ! bon Dieu ! quel drôle de geste fait donc l'ombre chinoise de Saint-Armand dans la direction où Agathe vient de s'éloigner ?..• Ah ! c'est juste... Le comédien, entraîné par le besoin de u jouer la situation », étend les mains pour la bénir.

Tout à coup, six heures sonnent à une horloge du Voisinage, / ,

— Sir iuBures l se dit le prémier-rôle. Il'va falloir dîner à là sîx^u!atre^deïHc, !si jje veux arriver au théâtre à temps poiir « £iire ifaa figure »•

Et, filant à ^grandes enjambées A^ fcôté de la me Fondary : /

—^ Hein ?jqu'est*ce qui m'aurait dit .4ue, ce soir, je jouerais lies pèares noblôs ?;u N'îmJ)Oftei, j'ai bien fait... Je crpis.qoe ]^\\*éx «empoignée », la p^tife^ et qu'dle fera ce que veut sa.mère,,et qu'elle épousera lé tailleur.;» Et puis^, si elle tourne mal quand

même, tant pis ! Je ne serai pour rien, du moins, dans cette saleté-là... C'est égal, Saint-Armand, mon bonhomme, les camarades se ficheraient joliment de toi s'ils savaient que tu as respecté cette poulette... Espèce de prix-Montyon, va!

Un Accident

AiNT-MÉDARD, la vieille église de la rue MoufFetard, qu'ont jadis rendue si célèbre le diacre PAris et les Convulsionnaires, est une très pauvre paroisse. Le « Faubourg Marceau », comme on dit par là, n'a pas beaucoup de religion, et le conseil de fabrique doit avoir assez de peine à joindre les deux bouts. Le dimanche, aux heures des offices, il y a bien peu de monde, et rien que des femmes, ou presque : une vingtaine de bourgeoises du quartier et des servantes en bonnet rond. Comme hommes, on n'y rencontre guère que trois ou quatre vieillards, à vestes de paysans, qui s'agenouillent^ à cru sur la pierre, auprès d'un pilier, leur casquette sous Iç bras, et roulent un gros chapelet entre leurs doigts.

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