‹ Vingt contes nouveauxChapitre 12 sur 19 · UN ACCIDENT I · texte numérisé non relu

UN ACCIDENT I

Un soir de l'hiver dernier, lutrant contre une bourrasque avec son parapluie ouvert, Tabbé Faber remontait péniblement k rue Mouffetard pour aller à la pafôisse, et, pre$q[ue certain de se déranger inutilement, il regrettait,' à part lui, le bon feu qu'il venait de quitter diins son petit logement de la rue Lhômond et le Boltandiste in-folio qu'il avait laissé ouvert sur la- table; en posant dessus sa paire de lunettes. Maïs t'était un samedi soir, jour où les vieilles vfeuves, qui grignotent leurs* petites rentes dans les pensions bourgeoises "d'alentour, viennent quelquefois chercher ràbsolutîorl, pour commurifer le léndemarrl. lie 'brave prètfene pôu-^ vait dôriç se dispenser de s^itistallér idahs sa guérite de chê'nd et d'ouvrir, caissier pléin^d^ejcdcritude; ce guichet ou les dévotes, pouf qui l'a confession est une sorte' de caisse d^'épargne dtf pâfâtlis,'fônt l'eur versement, hebdomadaire de 'péchés' vènielsv '

■ L*ab^éFa])er était d'autant flus'fâch^dé sortir, que ce' Samedi-là 'était iiri samedi: de paye 'ér qtt'ôrdînairement alors la rue Mouffetard grouillait de monde.

et d'un monde assez mal disposé pour sa soutane. On a beau être un saint homme, il est peu agréable d'être forcé de baisser les yeux devant les regards malveillants et de se boucheries oreilles aux paroles injurieuses saisies au passage. Il y avait une certaine boutique de liquoriste que l'abbé redoutait particulièrement, une boutique toute flambante de gaz et lançant une odeur alcoolique par sa porte ouverte, d'où l'on pouvait voir une perspective de tonneaux ornés d'étiquettes : Absinthe, Bitter, Madère, Vermouth, etc. Là, debout devant le « zinc », se tenait toujours. une bande de gaillards à longue blouse et à haute casquette, qui saluaient le pauvre abbé, filant vite sur le trottoir, d'un « croua ! croua ! » tout à fait offensant.

Pourtant, ce soir-là, le mauvais temps faisant le désert dans la rue, l'abbé Faber arriva sans encombre à son église. Il mouilla son index au béni- •tier, se signa, fit une brève révérence au maîtreautel et se dirigea vers son confessionnal. Du moins, il n'était pas venu pour rien et un pénitent l'attendait.

Un pénitent mâle ! C'était chose rare et excep

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