‹ Vingt jours dans le nouveau monde [microforme]Chapitre 13 sur 95 · M RE ETS TS CR EE ER NEED · texte numérisé non relu

M RE ETS TS CR EE ER NEED

n'avais pas encore léfait mes malles que je me trouvais engagé pour huit jours, matin et soir! Comment

résister à tant de cordialité, à des offres de service et de camaraderie si primesautières et si sincères ?

Il fant néanmoins, je le pus constater, un tempérament de fer, malgré l'abondance et la succulence des lunchs sans cesse renouvelés, pour résister à la vie follement active de New-York: l'existence parisienne, que nous jugeons déjà si fiévreuse, apparaît, en comparaison, comme une douce flânerie d’êtres plus occupés à regarder, à bavarder, à subir toutes les sensations de l’ambiance, qu'à courir au but d’un pas net et accéléré.

‘est ici un torrent furibond d’honmes emportés par le constant souci d'arriver; aucun arrêt dans ce flot humain descendant le matin vers la basse ville pour remonter le soir vers le 4ome avec autant de hâte que de mutisme. Les rues, peuplées de gens entraînés à la course, ne sont troublées que par le bruit incessant des cars, des fourgons, des cabs ou le roulement sans fin des érams et des

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elevateds. La voix ne £’y fait entendre ni pour ébaucher un refrain populaire, ni pour un appel, ni pour un échange de quelque causerie orchestrée par la sonorité du rire ; chacun va maet à son but, automatiquement, comme un somnambule suggestionné, et j'éprouve, j'en conviens, dans cette cohue silenciense, malgré l’inquiétante poussée de ces business men, comme une détente infinie au sortir du méridionalisme, exubérant de verbiage, dans lequel nons dépensons le plus pur de notre génie national.

New-York est au surplus admirable à observer de soir et de Jour, avec son mouvement qui se ralentit à peine après mi-

je

nuit, car les chemins di | EU \r, de fer et les railways Lu °S NENN— D Se À

fonctionnent sans ancune interruption, au gré des noctam- À" "#1— bules, de miunit à six heures du matin.

Par ces premières journées de clair

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soleil d'avril, c’est un émerveillement que de descendre Broadway, dans le joli décor des maisons rouges et blanches surmontées d’oriflammes multicolores qui clapotent sous le vent. Il y aurait toute une physiologie à écrire sur cette grande voie centrale, depuis le Park jusqu'au Cîty-Hlall, tant y sont variés l'allure, l’aspect, les manières des gens qui fréquentent les latitudes comprises entre la 54° et la 1° rue.

Aux environs de Madison Square, le monvement est encore mondain. Des femmes élégantes, en toilettes un peu surchargées et d’un goût médiocrement sûr, circulent, empressées, pour le shopping, sans bruit, raides en leurs atours et toujours seules,

c’est-à-dire sans hommes, car,entre elles, ces reines incontestées du nonveau monde; protégées et respectées de tous, agissent garçonnicrement, s’invi- Et 4 tent à l'hôtel pour le us lunch, ou le soir pour le théâtre, sans avoir jamais à craindre des hommages indiscrets on . des poursuites masculines qui, parfois, il faut le dire, sembleraient justifiées.

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‘Un peu plus bas, après avoir dépassé Union Square, le mouvement de Broadway s’accentne, la population change, la vie s'accélère, et, pour pen que l’on ponrsuive Jusqu'à l'extrémité de ce vaste

boulevard sans boulevardiers, on rencontre un cheap side exaspéré, une cité londonnienne décuplée et sans exemple dans

l'ancien monde, dont l’exubérante activité ne saurait mieux être comparée qu'à celle d’une fourmilière dans laquelle un gigantesque , Le ir PS nien coup de pioche viendrait ÿ == " 4) pr all mAn| de mettre à jour les fs A

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, : | innombrables galeries. | La vie ne s'arrête

pas là. Elle franchit l'estuaire sur ce pont merveillenx de Brooklyn où, sur quatre voies parallèles, circulent piétons, voitures et wagons avec un mouvement d'enfer, Elle envahit ce

faubourg, qui, il y a vingt ans, comptait à peine quelques

Statue és de Lafayette. | ; 'UNLON ïn | \ UN COIN D'UNION SQUARE. tt

[RAIECTE

Statue de Washington,

milliers d'habitants, tandis que, d’après le dernier recensement, cet ancien village nnnexable à New-York nombre à cette heure un million de population, — Un livre entier ne suffirait pas à contenir la il faut renoncer à commu-

série d'observations que suggère la vie new-yorkaise ; niquer à ceux qui ignorent encore cette ville phénomène la perception de ses splen-

deurs, de son organisme et de son fonctionnement perfectionné et pour ainsi dire féerique aux yeux d’un Européen.

J'avais, avant de mettre le pied sur le sol de l’ancienne Wew-.lmsterdam, lu, regardé, compulsé, annoté bien des ouvrages anglais et français ; je dois 1 dire que ni les textes, ni . En les illustrations, ni les

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