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ARMOUR AND C

LES PARCS DE BŒUrFS DU FAR-WEST.

devenait plus lourde, plus chaude, plus viscérale.. Je m’enfuis, le visage verdissant, secoué par des nausées, et je visitoi encore des pièces diverses, dévidages de boyaux, salles de salaïsons, glacières, . mises en boîtes, sans reconquérir mon aplomb. Ahuri de mon peu d’estomac, le boy me fit visiter la

Fabrique de beurre Armour and C°.

Je croyais à l’idylle après le carnage, aux laiterics souriantes, aux senteurs réconfortantes et

fraîches des caillés, à la blancheur des lins tamisant le beurre nouvellement sorti des batteuses. Hélas! ce n’était point cela. ;

Le manager de la beurrerie me montra avec orgueil et complaisance des chambres de graisses porcines et hovines aux tons jaunes et blancs, réunies en d'énormes séchoirs ; il m’expliqua et me fit comprendre la mixture de ces suifs étranges avec des huiles aux provenances douteuses, et je dus passer successivement par tous les degrés de la fabrication de ce beurre innomable; je le vis accumulé dans des caves, plus jaune que nature, remué à la pelle par des terrassiers enfonis à mi-corps dans ces terrains graisseux ; puis, remontant vers d’antres étages, je pus en étudier la salaison mécanique et observer le maquillage de cette horrible mixture, la mise en boîtes, en petits pâtés fleuris de vignettes, encollerettés de papier par de jolies filles au doigté délicat.

O Virgile! O Delille! O Florian! poètes des exquisités rustiques et des douceurs bocagères, qu’eussiez-vous pensé d’un tel démarquage de la nature!

Au sortir de cette beurrerie infime, je n'avais plus qu’à regagner les bords du Michigan ; je repassa au travers de l’Union Stocks Yards, parmi les cow-boys et leurs véhémentes montures, et devant cette mer de bétail prête à s’écouler vers les archipels d’abattoirs voisins, je ne fus pas insen-

gecoué par des sons, glacières, 1e fit visiter la

confortantes et tteuses. Hélas!

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urs bocagères, | Michigan; je

s montures, et fus pas insen-

sible aux cris stridents des cochons, à ces coînements déchirants et téré-

brants comme le bruit des scieries mécaniques et dont la plainte me suivra toujours lorsque je reverrai notre antique foire aux jambons.

Pendant huit jours, sinon davantage, je demeurai végétarien, et je puis être assuré de me défier à l’avenir de ces conserves de corned berf, de tongue of beef, d'extract of beef dont les boîtes, enveloppées de chromos violentes, s’étagent en pyramides aux vitrines de nos grandes épiceries et de nos marchands de comestibles.

Il est juste de dire que le spectacle de nos abattoirs est non moins révoltant, et que la nécessité de se nourrir créant la nécessité de tuer, il est un peu excessif de montrer des nausées devant le meurtre, alors qu’on n’en ressent aucune devant le bifteck ou le pot-au-feu; mais ce qui répugne ici, c’est l’usine expéditive, l’organisation monstrueuse de la boucherie universelle qu’on prétend imposer à notre admiration.

CHEZ ARMOUR AND C°. — L'Avenue des Cochons.

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