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UNE EXCURSION A PULLMAN CITY

Après Armour and C°, une des nécessaires excursions autour de Chicago, une de celles qu'il fant avoir faites pour juger de la puissance de l’industrie américaine, c’est la visite à Pullman City, où 8e trouvent établies les grandes usines de l'inventeur des wagons de luxe, M. George-M. Pallman. Cette cité ouvrière occupe une superficie de 270 hectares.

Au Pullmar Building de Chicago, on rencontre généralement un aimable guide disposé à vous accompagner ; je fis cette partie d’agrément en compagnie de plus : compatriotes, sous la conduite d’un baron allemand, oficieux d'ordonnance du natron absent.

Pullman City se trouve situé au bord du lac Calumet, à quelques milles de la Worid's fair, à quarante minutes environ de trajet du centre de la ville. Au sortir des fumées de Chicago, il semble, lorsqu’on met le pied sur les vertes pelouses de la cité ouvrière, qu'on pénètre dans un éden champêtre, tant l’air semble pur et vivifiant, tant le silence de la pluine est calnant, enveloppant et exquis.

Tout près de la gare, une délicieuse auberge, #lorence Hôtel, construite dans le style norvégien, où nous déjeunerons gaiement après notre visite; à notre gauche, au milieu des gazons, une agglomération de coquettes bâtisses de briques rouges avec clochetons, tourelles, hautes cheminées ; c’est l'immense usine où se fabriquent ces merveilleux et si artistiques wagons roulants, s/eepings, dinings et parlors cars qui circulent aujourd’hui dans toute l’Amérique du Nord.

Nous pénétrons parune vaste porte grillée dans la cour circulaire de la manufacture ; là sont rangés

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une cinquantaine de ces longs cars de 21",35 de longueur, du dernier modèle, tout en bois de vermillon ou en bois de satin, d’un confortable extravagant.

J'aimerais à pouvoir décrire ces voitures toutes tendues de peluches aux tons fins, de tapisseries

pi de soie encastrées dans des boiseries sculptées où les glaces à biseau habilement disposées ajoutent à la Hi clarté et à lu gaieté de l’intérieur, Ce serait faire de la peinture que de parler de ces salons havane, LE rose mourant, bleu turquoise, jaune soufre; de ces sleepings de style Empire, de ces dining-rooms en | 1 brocard vieux vert tissé d’or, de ces chambres de jeunes mariées tendues de satin clair de June, Nons | JE h n'avons aucune idée d’un luxe, d'un goût, d’un art décoratif semblables, et les voitures de M. Pullman in

feraient la confusion de nos plus ingénieux tapissiers, car tout y est moderne

dans l'ordonnance, d'un adorable modernisme ; tout à été conçu, dessiné, exécuté | spécialement pour chacun de ces cars fécriques dont le prix de revient dépasse parfois 25,000 dollars (125,000 francs). Les boudoirs de nos plus

grandes coquettes ne sauraient rivaliser avec ces cars d'un goût éblouissant et discret à la fois.

Nous traversons les divers ateliers ; dans les premiers, l'on construit les coffres de ces énormes wagons montés sur un plancher cintré en forme de pont qui pèse plus de trente tonnes; plus loin, nous voyons le hall où se confectionnent les voitures de marchandises brillantes et vernissées comme des laqnes du Japon. Notre guide nous explique, avec cet

La gare de Pullman City.

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amour de la statistique auquel on ne saurait échapper, que l’on fabrique un de ces wagons de bagages par douze minutes, trois cents par semaine, tandis que les sestibuled cars, plus lents à établir, ne se nombrent guère par une fabrication de plus de trois cents par année, soit une sortie de 40 millions de francs. Nous voici dans la scierie des bois précieux, dont l'usine Pullman possède toujours en magasin une réserve de 25 millions de francs; c’est une pièce géante dont on ne voit point la fin et où l’on fait travailler près de cinq cents ouvriers penchés sur des machines à raboter, à découper, à sculpter et à gaufrer le bois, mécanisme du plus grand

A Ciry intérêt à voir fonctionner,

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