BOSTON
De Montréal à Boston, par le chemin des Montagnes Blanches, le voyage est déliciensement pittoresque et les douze heures de locomotion sont largement égayées par des horizons dans le style de la Suisse française qui se renouvellent avec une agréable variété. Mais, sans nous attarder aux beautés de la route, lacérons les paysages tour à tour crayonnés au passage sur mon carnet, arrivons à la grande ville libérale de l’Amériqne, à la jolie et sympathique cité des poètes du Nouveau Monde.
banquet officiel, e toast :
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ieusement pittoas le style de la r aux beautés de à la grande ville
| Enfin, voilà la mer, à notre portée, l'Atlantique, américain ici, mais français là-bas! On a beau être un voyageur endurci, se plaire aux
aux variations des mœurs, aux changements
diversités des paysages et des climats,
imprévus et à l’étrangeté des coutumes,
BosTon. — Vue prise au jardin public.
ce n’est pas sans une émotion ressemblant plus où moins à du plaisir, qu'après une course kaléidoscopique à travers la Foire du monde et les États nord-américains, on songe au retour, aux occupations interrom-
pues, à tous ces vieux plis de Français et de FE RTS
Parisien qu'on avait un instant défripés et dans lesquels il va, de nouveau, falloir ajuster sa vie. Boston s’avance, comme nn môle gigantesque, entre Charles River, Mystic River et les pro-
fondes dentelures de la baie de Massachusetts, entouré d’annexes qui s'appellent East Boston, Char-
lestown, Cambridge, Roxbury, Dorchester, Sonth Boston, et relié à elles, partout où l’eau baigne la presqu’ile, par des pouts gigantesques, dont l’un, sur Île fleuve Charles, a plus de 3,400 pieds de long.
Cambridge, que ce pont, le West Boston Bridge, unit à la cité au sud, tandis que le Craigie's Bridge (2,156 pieds seulement) les unit an nord, a gardé son autonomie municipale, et ne compte pas moins de 70,000 habitants. Elle possède la plus vieille et la plus riche des Universités américaines, fondée en 1636 par John Harvard, dont l'institution porte le nom. En outre des facultés ordinaires dont une Université se compose, celle-ci comprend des écoles de droit, de médecine, d’art dentaire, des mines, de sciences appliquées, des beaux-arts et de théologie : elle compte plus de 250 professeurs et près de 2,700 étudiants. Sa bibliothèque, dont la plus grande partie est installée dans Gore Hall, se compose de près de 400,000 volumes reliés, d'environ 300,000 brochures et de la plus vaste collection de cartes qui soit en Amérique. C’est aussi à Cambridge que MM. Hougton, Mifflin et C° ont lenr grand établissement typographique, d’où sortent souvent des livres d’un goût remarquable et d’une irréprochable exécution. On voit, à Cambridge, l'église (Christ Church) que Washington fréquentait, et l’ormeau, qui a bien aujourd’hui trois cents ans, sous lequel Washington prit le commandement de l’armée des Insurgents, en 1775. On y voit aussi la maison de Washington, Craigie House, qu'habita naguère le poète Longfellow.
Arrivé le matin à Boston, j'en devais partir le lendemain dans l’après-midi. Je fus donc contraint de limiter mes plans. Je consacrai ma matinée au quartier commerçant, car le meilleur moment pour bien voir, c’est-à-dire pour comprendre une localité quelconque, c'est celui où l’activité y est à son apogée,
où l’eau baigne de 3,400 pieds
que le Craigie's t ne compte pas tés américaines, ordinaires dont taire, des mines, seurs et près de all, se compose lection de cartes leur grand étane irréprochable et l’ormeau, qui de l’armée des abita naguère le
s donc contraint ur moment pour est à son apogée,
où la vie y bat son plein. e me fis conduire tout droit au centre même des affaires, dans Dock Square, devant Æneuil Hall, qui le dispnte en gloire, dans les traditions américaines, à l’Zndependunce Hall, de Philadelphie. Ce « berceau de la liberté », comme les patriotes aiment à :
l'appeler, date de 1742 et appartenait à un marchand huguenot, c’est-à-dire francais, Pierre Fanenil, qui en fit don à la ville. Il est vrai qu’un incendie l’a
détruit en 1761, qu’il a été rebâti en 1768, et qu’on l’a fortement modifié et agrandi en 1805. Mais le conteau de ma grand’mère avait changé cinq fois de lame et trois fois de manche, et c’était toujours le même couteau. Pourquoi Faneuil Hall ne serait-il pas encore et toujours le « berceau de la liberté » ?
Tel qu'il est, le rez-de-chaussée du vénérable édifice est agencé en marché, et la grande salle du premier étage, ornée d’un bon choix de portraits de héros du cru (y compris le portrait en pied de Pierre Faneuil), sert aux réunions politiques on d'intérêt public.
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