LA MER ROUGE
PENDANT la journée du 29 janvier, l'ile de Ceylan disparut à l'horizon.
Nous avions fait alors seize mille deux cent vingt milles, ou sept mille cinq cents lieues depuis notre
s point de départ dans les mers du Japon.
Le lendemain, — 30 janvier, — lorsque le Nautilus remonta à la surface de l'Océan, il n'avait plus aucune terre en vue. Il faisait route au nord-nord-ouest, et se dirigeait vers cette mer d'Oman, creusée entre
10 l'Arabie et la péninsule indienne, qui sert de débouché au golfe Persique, et que pendant quatre jours, jus- ; qu'au 3 février, il visita, sous diverses vitesses et à LE diverses profondeurs. I] semblait marcher au hasard, L comme s’il eût hésité sur la route à suivre; mais il ne | 15 dépassa jamais le tropique du Cancer.
F Le 6 février, le Nautilus flottait en vue d’Aden, f perché sur un promontoire qu’un isthme étroit réunit l au continent, sorte de Gibraltar inaccessible,
Je croyais bien que le Capitaine Nemo, parvenu à ce ll 20 point, allait revenir en arrière; mais je me trompais, Dh et, à ma grande surprise, il n’en fut rien.
Le lendemain, 7 février, nous embouquions le détroit ! de Bab-el-Mandeb, dont le nom veut dire en langue
arabe: «la porte des Larmes» Sur vingt milles de
25 large, il ne compte que cinquante-deux kilomètres de long, et pour le Nautilus, lancé à toute vitesse, le fran. chir fut l'affaire d’une heure à peine.