CHAPITRE XX LE PÔLE SUD
JE me précipitai vers la plate-forme.
Oui! La mer libre. Le ihermomètre marquait trois degrés centigrades au-dessus de zéro. C'était comme un printemps relatif enfermé derrière cette banquise,
5 dont les masses éloignées se profilaient sur l'horizon du nord.
«Sommes-nous au pôle? demandai-je au capitaine, le cœur palpitant.
— Je l’ignore, me répondit-il. A midi nous ferons
10 le point.»
A dix milles du Nautilus, vers le sud, un ilot solitaire s'élevait à une hauteur de deux cents mètres. Nous marchions vers lui, mais prudemment, car cette mer pouvait être semée d’écueils.
15 Une heure après, nous avions atteint l'ilot. Deux heures plus tard, nous achevions d’en faire le tour.’ Il mesurait quatre à cinq milles de circonférence. Un étroit canal le séparait d'une terre considérable, un continent peut-être, dont nous ne pouvions apercevoir
20 les limites.
Cependant, le Nautilus, par crainte d’échouer, s'était arrêté à trois encäblures d’une grève que dominait un superbe amoncellement de roches. Le canot fut lancé à la mer. Le capitaine, deux de ses hommes portant
25 les instruments, Conseil et moi, nous nous y embar-
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