CHAPITRE VIII
La prorogation de l'Assemblée. — M. Thiers à Trouville. — Agitation religieuse et royaliste. — Les pèlerinages. — M. Gambetta en Savoie. — Discours de Grenoble. — La circulaire du ministre de l'Instruction publique sur l'enseignement secondaire.
Le 4 août , les divers groupes parlementaires se séparant pour trois mois, laissaient la France trèsnettement instruite du rôle que chacun d'eux avait tenu pendant la session qui venait de prendre fin. La droite et le centre droit n'avaient pas assez dissimulé leurs aspirations pour que tout le monde n'eût pas la clef des intrigues sans cesse renaissantes de la majorité. De son côté, cette majorité avait conscience de l'impopularité qu'elle s'était attirée ; son attitude encore plus hostile des derniers temps n'avait eu d'autre but que d'obtenir de M. Thiers la déclaration explicite qu'il ne ferait rien pour provoquer la dissolution de l'Assemblée. Rassurés sur ce point, les royalistes partirent presque satisfaits, mais non sans avoir pris soin de régler l'ordre du jour de la séance de rentrée, précaution puérile, comme pour affirmer,
par un fait palpable, qu'ils ne partaient pas sans espoir de retour.
La gauche, au contraire, dans un manifeste qui eut un grand retentissement, affirmait que l'heure de remettre la République entre les mains d'une Assemblée nouvelle lui semblait proche, et qu'après avoir assuré les ressources financières du futur exercice, complété les lois organiques de l'armée, achevé la réorganisation matérielle delà France, dans la mesure possible, l'Assemblée du pacte de Bordeaux n'avait plus sa raison d'être. Le pays n'ignorait pas que le parti républicain était l'auteur principal de sa libération et de sa reconstitution ; qu'au lieu d'avoir, à l'exemple des partis dynastiques, contracté une ligue pour tout enrayer, tout empêcher, les républicains de toutes nuances avaient fait une association pour fonder quelque chose de stable ; qu'ils avaient maintenu leur union avec le chef de l'Etat au prix de sacrifices d'opinions et de principes , et qu'ils avaient, en agissant ainsi, placé l'intérêt de la Fiance au-dessus de la République.
Quant à M. Thiers, il quittait Versailles, illuminé par une auréole de milliards -, l'emprunt lui faisait comme un piédestal. On pourrait dire que cet instant fut l'apogée de la présidence, si dans un avenir prochain la libération totale du territoire ne promettait à M. Thiers une heure de popularité plus grande encore.
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C'est à Trouville que le Président de la Republique résolut d'aller passer les premiers temps des vacances parlementaires, non dans un palais de l'Etat, mais dans un simple chalet, noyé dans la verdure d'un parc, au-dessus d'une colline, d'où l'on respire l'air salé à pleins poumons. Ce fut un grand étonnement en France, de voir le chef de l'Etat assez attaché aux habitudes de sa vie privée, pour n'en pas changer en changeant de condition. Nous avons grand'peine à comprendre le pouvoir sans le faste et la solennité monarchiques ; il nous faut la draperie, l'apparat pour croire à la réalité de la puissance. C'est un héritage du vieux monde dont nous gardons, malgré nous, les traditions et les préjugés. M. Thiers, Président de la République, continuant sa vie d'autrefois, préoccupé d'art, de philosophie, de littérature, entouré d'amis dans les rares instants que lui laisse le souci des affaires publiques, nous étonne profondément.
C'est pourtant ainsi que vivent, en Angleterre., les hommes d'Etat, qui sont à la fois de grands seigneurs et de grands ministres.
A Trouville, où M. Thiers était plus accessible, où l'on pouvait l'observer de plus près, il était plus facile que partout ailleurs de prendre la mesure de sa prodigieuse activité. Debout à cinq heures, il était à sa table de travail à six heures du matin. La
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journée laborieuse, coupée par le déjeuner et une promenade d'une heure dans le parc ou sur la plage, se prolongeait jusqu'au dîner. La soirée était consacrée aux réceptions, et, la plupart du temps, c'était encore la politique qui faisait les frais de ces heures de détente. Après avoir, avec le ministre de la guerre, examiné tel ou tel point de la question militaire, en vue de la réorganisation de l'armée, après avoir conversé avec les chefs de service venus de Paris, passé de la police aux finances, du commerce aux affaires étrangères, il se reposait le soir en développant, selon les incidents de la conversation ou la nature des visiteurs, tel sujet politique ou militaire. Ce genre de vie, insoutenable pour tout autre, est celui qui convient à ce tempérament que l'activité dévore. L'effort n'est pour rien dan? cet incessant labeur. En passant de l'hôtel de la place Saint-Georges au palais présidentiel de Versailles, au chalet de Trouville ou à l'Elysée, M.Thiers n'a eu à s'imposer aucune habitude nouvelle. La vie de l'homme privé était aussi occupée que celle de l'homme d'Etat.
Une compagnie de ligne avait été dirigée sur Trouville pour faire le service d'honneur. Quelques feuilles hostiles partirent de là pour insinuer que M. Thiers jouait au souverain. Pour qui connaît, si peu que ce soit, le Président de la République, l'insinuation était risible. Quelque chose préservera toujours M. Thiers de l'infatuation et de l'éblouissement. Ce quelque chose, c'est le bon sens et la bonhomie; où d'autres glisseraient, il a le pied marin.
Un homme d'Etat qui veut tout voir par ses yeux, tout faire par soi-même, qui ne s'en rapporte qu'à lui seul et se condamne, par conséquent , à un travail persistant, n'a guère le temps de soager à la mise en scène. Quand on est M. Thiers et qu'on a l'honneur d'être Président de la Képublique française, on n'a pas besoin de se grimer en prince. On ne se met pas à la queue, fût-ce à la queue de l'almanach de Gotha.
Le séjour du Président à Trouville fut marqué par un incident considérable. Les acclamations qui avaient accompagné son passage à travers la Normandie n'étaient que la manifestation prévue du sentiment général. Mais à propos de la visite qu'il fit à la ville du Havre, où il reçut l'accueil le plus chaleureux, le Président de la République fut l'objet d'une démonstration significative de la part de l'étranger. La flotte anglaise quitta son mouillage de l'île de Wight et vint, en compagnie de navires américains, saluer au passage le yacht présidentiel.
C'était une façon de répondre à l'inquiétude que causait en France l'entrevue récente des deux empereurs d'Autriche et de Russie chez l'empereur d'Allemagne à Berlin. Cette visite avait été le sujet de bien des commentaires. On y avait vu un danger pour la paix de l'Europe, et surtout une menace pour la France. La Prusse, disait-on, pour assurer la sécurité des entreprises nouvelles qu'elle médite du côté de l'Occident, a besoin de s'entendre avec la Russie, et elle s'engage à laisser faire au tzar tout ce qu'il voudra du côté de Constantinople. Quant à l'empereur d'Au-
triche, il paraissait n'assister à l'entrevue que pour sanctionner les résolutions de ses redoutables voisins.
En réalité, l'entrevue de Berlin ne changera pas le cours des événements : trois souverains qui se reçoivent en gala pendant huit jours ne tranchent aucune question, ne résolvent aucun problème. Les conférences de ministres, qui se font sans fracas et sans publicité, sont bien autrement décisives ! L'entrevue du roi de Prusse et de Napoléon aux Tuileries en 1867 a-t-elle empêché la guerre d'éclater entre la Prusse et l'Allemagne? Quoi qu'il en soit, les Gouvernements anglais et américain, en ordonnant à leur flotte de venir croiser devant le Havre et de saluer au passage le Président de la République française, protestaient publiquement contre ce que pouvaient avoir de fondé les rumeurs qui circulaient à propos de l'entrevue de Berlin, en même temps qu'ils offraient à M. Thiers l'hommage de leur sympathie pour sa personne.
Les premières brumes de l'automne ramenèrent à l'Elysée le Président de la République, qui cette fois habita résolument Paris, en dépit de l'interpellation qui le menace sans doute de la part de quelque Versaillais endurci.
Tandis que ce qui se passait à Trou ville était l'objet de l'attention sympathique de la France, le
parti légitimiste se servait du clergé pour provequer une diversion. Sous ombre de religion, on vit naître alors un mode nouveau de manifestation politique, le pèlerinage ; le pèlerinage en trains de plaisir et à prix réduits.
Depuis un certain nombre d'années, les sanctuaires nouveaux de Lourdes et de la Salette réunissaient un nombre plus ou moins grand de fidèles ; dans le courant du mois d'août de cette année, on vit tout à coup des comités se former dans toute la France sous le patronage des évêques, et les journaux religieux prêcher le voyage à l'un ou à l'autre sanctuaire, comme une nouvelle croisade. Les organisateurs s'entendirent avec les compagnies de chemins de fer pour transporter par des trains spéciaux les croyants convoqués tel jour, à telle heure, dans telle ville. On annonçait longtemps à l'avance que, le matin du jour du départ, les pèlerins se réuniraient solennellement dans une église désignée, où ils entendraient la messe et l'allocution de tel prédicateur. Tant de mise en scène et de publicité semblaient indiquer qu'on voulait donner à ces pèlerinages une importance considérable et faire d'un acte de foi une manifestation dont il était difficile de nier le caractère politique ; des scènes regrettables eurent lieu à l'arrivée d'un train à Grenoble, d'où les pèlerins devaient le lendemain se diriger vers la Salette. Dans la foule accourue à la gare, il y eut d'abord des rires, des quolibets, puis des horions distribués de part et d'autre ; le même fait se renouvela à Nantes à l'arrivée de trois trains échelonnés à une heure de distance et qui ra~
menaient de Lourdes quinze cents personnes portant à la main des bouteilles d'eau miraculeuse et des chapelets en sautoir. Le Gouvernement fut accusé par ceux-ci de ne pas protéger les voyageurs catholiques, et par ceux-là de tolérer des manifestations qui, sous le prétexte de piété, étaient une protestation préméditée contre la République. Il prit le seul parti raisonnable ; il ne voulut pas mettre des entraves à la liberté des croyants au surnaturel, mais il défendit aux pèlerins les signes extérieurs, les chants dans les gares, tout ce qui pouvait être une provocation à de nouvelles scènes de désordre.
Durant les processions tumultueuses de ces pèlerins d'une espèce nouvelle, les meneurs du parti légitimiste qui s'abstenaient de mêler la religion à la politique ne restèrent pas inactifs. Dans des lettres ou des manifestes adressés, soit à leurs électeurs, soit même au Président de la République, quelques-uns d'entre eux allèrent jusqu'à nier l'amélioration morale et matérielle survenue dans nos affaires, et ne dissimulèrent pas leur espoir de restaurer prochainement et à tout prix la monarchie légitime. MM. de Dampieire et de Carayon-Latour furent les principaux artisans de cette campagne révolutionnaire. Celui-ci, s'adressant directemi'iit à M. Thiers, acousail le Président de la République d'avoir violé, dès le piv-
mier jour, le pacte de Bordeaux, tandis qu'il est bien évident que les royalistes seuls ont assidûment travaillé à le rompre. Malheureusement pour eux, cette tactique des représentants du droit divin était connue par avance, ayant été pratiquée depuis longtemps. Le pays resta froid devant ces affirmations démenties parles faits, et les écrits dont je parle, qni réussirent à peine à distraire un instant la presse, demeurèrent sans portée.
Il n'en fut pas de même du voyage politique entrepris en Savoie et dans l'Isère par M. Gambetta. Sans insister sur les détails de cette pérégrination dans les lieux même où peu de jours avant s'étaient comptés et réunis les pèlerins de la Salette, ni sur l'accueil fait à l'orateur républicain par un certain nombre de personnages officiels, il convient de réduire à leur juste valeur les appréhensions que ses discours, et principalement celui de Grenoble, ont fait naître en France. D'abord, M. Gambetta a été victime d'un procédé qu'il est assez difficile de qualifier : ses paroles, dénaturées, exagérées à plaisir, par le fait d'un journal étranger dont la version fut partout reproduite, furent présentées comme une déclaration de guerre au Gouvernement. Aussitôt les journaux de la droite entonnèrent un chant de triomphe, leur principal souci paraissant être de brouiller M. Thiers et M. Gambetta, c'est-à-dire la République conservatrice et la République radicale. Tout compte fait, le discours de M. Gambetta ne contenait pas un mot qui justifiât cette allégation. L'orateur, au contraire, recommandait la patience et la modération ; il avait
même écarté le mot de République radicale, y substituant l'appellation beaucoup plus heureuse de République progressive. M.Gambetta ne fit que rééditer, à Grenoble, dans un langage éloquent, ce qui se dit tous les jours dans les journaux les moins suspects de radicalisme : qu'il est fâcheux de voir un grand nombre de places occupées par des fonctionnaires notoirement hostiles à la République ; qu'il faut prendre garde à la manœuvre de ceux qui se disent républicains, mettent la cocarde républicaine à leur chapeau, et n'attendent que l'instant favorable pour renverser la République. En parlant ainsi, M. Gambetta ne faisait qu'opposer une idée rationnelle, équitable, à la formule: « La République sans républicain <.»
L'exclusion systématique des républicains de la République proposée par les politiques convertis de fraîche date à la forme républicaine, comme une condition nécessaire de leur adhésion, entraîna malheureusement M. Gambetta à prononcer à son tour l'excommunication, non contre l'armée, mais contre les anciens chefs des partis dynastiques. Voilà la faute. M. Gambetta ne s'aperçut pas qu'en fermant la porte, ne fût-ce qu'à quelques-uns, il obéissait au même esprit d'exclusivisme qu'il reprochait à ses adversaires.
Lorsqu'il s'agit d'élections, tout parti politique a le droit d'indiquer un programme électoral aussi étroit qu'il lui semble bon ; mais il ne s'agissait pas d'élections à Grenoble. Qu'il le voulût ou non, le discours de M, Gambetta avait la portée d'un manifeste au pays.
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Lorsqu'on se demande pourquoi la République n'a réussi en France, ni en 1792 ni en 1848,on peut se dire que cela vient de ce qu'elle a été jusqu'ici l'œuvre d'un parti. Qu'au contraire, si elle a toutes les chances de se consolider en 1872, c'est que la République a été cette fois une nécessité de la situation, l'œuvre et la chose de tous. C'est sous ce jour que l'a présentée M. Thiers. C'est ainsi qu'il Ta pratiquée. Le mieux n'est pas de retenir les dissidents à la porte de Téglise pour qu'ils y fassent pénitence, il est plus efficace de les laisser entrer dans le temple, pour qu'ils apprennent à leur tour à voir dans la République, non une secte, mais la communion de tous les citoyens jaloux de servir la patrie commune..
Avant de clore ce chapitre relatif aux deux ou trois faits intéressants qui se sont produits depuis la clôture de la session parlementaire, il est impossible de ne pas constater l'excellent effet de la récente circulaire du ministre de l'Instruction publique sur l'enseignement dans les lycées. A l'égal de la question militaire, la question de l'instruction préoccupe les esprits. En attendant que l'Assemblée ait, par une loi sur l'enseignement primaire, consacré le principe: de l'obligation, M. Jules Simon eut le difficile courage de sortir de la vieille ornière pédagogique, et de condamner sans retour les traditions universitaires, que
les ministres les mieux disposés en apparence aux innovations n'ont jamais pu briser. M. J. Simon a compris l'importance de sa tâche au moment décisif où est la France. Les mesures qu'il ordonne, quoique incomplètes, constituent un progrès considérable. La plupart des réformes sollicitées par les écrivains éminents qui se sont préoccupés de la question depuis peu, sont indiquées et pour ainsi dire codifiées dans la circulaire de M. Jules Simon. 11 faut maintenant que l'Université tienne à honneur de marcher d'un pas ferme dans la voie ouverte par le ministre.
L'innovation principale introduite dans les lycées, à dater de ce jour, consiste dans la ferme intention de faire des hommes, et non des automates. Depuis longtemps on attendait une réforme. On aurait dit que tout le système de l'éducation universitaire avait été calculé de façon à soutirer aux muscles des enfants, à tous leurs organes, la vitalité et la force pour les porter exclusivement sur le cerveau. Le collège ou le lycée était une sorte de couvent d'où l'élève sortait le front pâle et les jarrets débiles. L'écolier ne sentait plus dans ses membres atrophiés cette sève surabondante qui répandait dans tout son corps le besoin de se mouvoir et la joie de vivre. M. Jules Simon eut le courage de rompre en visière avec ce système déplorable, et dans cette circulaire, qui restera comme le point de départ de la rénovation universitaire, il rendit à l'enfant le droit à l'enfance.
Les Grecs, nos maîtres, plaçaient le gymnase à la
porte du lycée : mens sana in corpore sano; M. Jules Simon veut que le lycée et le gymnase soient une seule et même chose ; les travaux intellectuels alterneront avec les exercices corporels. L'élève, réconforté par la gymnastique, par les manœuvres militaires, retournera à l1 étude d'un cœur plus libre et d'un esprit plus dispos ; l'instauration du corps marchera de pair avec celle de l'esprit ; le lycée, école et gymnase, formera des hommes, je veux dire des êtres vigoureux et intelligents.
L'ancien système universitaire, qui vient, espéronsie, de disparaître, s'adressait surtout à la mémoire de l'enfaut ; au bout de quelques années, le cerveau de l'élève était une sorte de magasin de bric-à-brac ; le ministre de l'Instruction publique veut qu'on s'adresse dorénavant à son intelligence. Moins de thèmes et pas de vers latins ; les lycéens n'auront plus à faire en dactyles et en spondées des amplifications inutiles ; on n'apprendra plus de mémoire ces formules abstraites et qui souvent ne sont pas justes qu'on ai pelle les règles de la grammaire ; mais le professeur ne perdra aucune occasion de rapprocher les tours de phrase des langues que les enfants apprennent simultanément, et il fera ainsi de la grammaire vivante, de la grammaire comparée.
M. Jules Simon fait aussi une distinction entre les langues qu'on apprend; pour les parler, les langues vivantes, et les langues qu'on apprend pour les comprendre, les langues mortes; il est absurde d'enseigner le grec et le latin, comme l'anglais et l'allemand. On apprend les deux premières langues pour jouir
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des beautés de Virgile, des merveilles d'Homère, et les deux autres pour s'en servir. C'est l'outil de tous les jours.
Cette circulaire, on le sait, a produit le meilleur effet sur l'opinion. Qu'elle soit rigoureusement appliquée, et elle peut être le point de départ des temps nouveaux.